Budget 2025 : les gagnants et les perdants des lettres plafonds
Coline Vazquez

Les lettres plafonds ont enfin été envoyées aux parlementaires.
LA Tribune
Coline Vazquez

Les lettres plafonds ont enfin été envoyées aux parlementaires.
LA Tribune
Il était temps. « Les documents budgétaires élaborés par le gouvernement démissionnaire », en vue du projet de loi de finances (PLF) pour 2025 ont enfin été remis aux commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat. C'est ce qu'a indiqué Matignon, ce jeudi.
La présidence de la commission des Finances de l'Assemblée a, en effet, confirmé avoir reçu un document de treize pages, selon une source proche du dossier, qui est est un « projet de rapport » sur « les plafonds de dépenses prévisionnels » des ministères, établi sur la base des lettres plafonds signées le 20 août par Gabriel Attal. Concrètement, ces plafonds « constituent une base technique pour préparer le budget issu des plafonds décidés par le gouvernement démissionnaire à la mi-août, mais ne préjugent pas des modifications et ajustements qui pourront être proposés » par le nouveau gouvernement, peut-on lire sur la page de garde.
S'il paraît donc certain que le PLF 2025 sera bien différent de ces premières données, elles permettent néanmoins d'avoir un aperçu des intentions, ou du moins des ambitions, de l'ancien exécutif. La Tribune fait le point sur les gagnants et les perdants de cette ébauche.

(La défense apparait comme la grande gagnante de ces premières données en vue du budget 2025).
Si les éléments contenus dans le document attestent d'une grande stabilité entre le PLF 2024 et celui, pour l'instant provisoire, de 2025, un des budgets a néanmoins été largement augmenté : celui de la Défense. Il a ainsi gagné 3 milliards d'euros passant de 47,2 milliards à 50,5. Une hausse qui peut s'expliquer par la volonté de la France de consacrer 2% de son Produit intérieur brut (PIB) en dépenses militaires selon ce qui est préconisé par l'OTAN. En février dernier, l'ancien ministre de la Défense avait, en effet, annoncé qu'il s'agissait désormais l'objectif à atteindre en 2024. En outre, la France a décidé de doubler son budget militaire d'ici à 2030 par rapport à 2019.
Autre grande gagnante : l'écologie avec +2,1 milliards d'euros (27,7 milliards en 2024 - 29,8 milliards en 2025). De quoi tenter de répondre aux ambitions climatiques de la France, mais pas seulement. Celle de l'Europe également. La loi européenne sur le climat prévoit ainsi que l'UE réduise ses émissions nettes de gaz à effet de serre d'au moins 55 % d'ici 2030 et rende la neutralité climatique d'ici 2050 juridiquement contraignante.
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Mais derrière cette hausse apparente des crédits, la lettre plafond envoyée au ministère de la Transition écologique prévoyait bel et bien des coupes. Dans la missive envoyée le 20 août par Gabriel Attal, Premier ministre démissionnaire, pour « assurer la continuité de l'Etat », les crédits de la Transition écologique étaient amputés de 1,5 milliard d'euros pour le fonds vert et de 1 milliard pour l'électrification des véhicules, selon les informations de Contexte. Le budget, destiné à financer des projets présentés par les collectivités territoriales, de ce fonds passerait ainsi de 2,5 milliards d'euros à 1 milliard en 2025.
Côté perdants : le travail et l'emploi qui perd 2,3 milliards d'euros, selon le document communiqué ce jeudi, passant ainsi de 33,1 milliards d'euros à 30,8 milliards. Et ce, alors que l'apprentissage notamment, pourrait, en effet, subir une cure d'austérité en 2025 au vue du coût astronomique qu'il a représenté en 2024. Dans une note consultée par La Tribune, l'économiste rattaché à l'OFCE, Bruno Coquet, a ainsi calculé que le coût pour les finances publiques a été multiplié par 3,5, entre 2018 et 2024.
Pour comprendre cette augmentation, il faut regarder du côté des coûts pédagogiques qui ont connu un véritable boom, passant de 1,4 milliard à près de 10 milliards d'euros sur cette période et les différentes exonérations fiscales et sociales. En résumé : le coût des aides à l'apprentissage est évalué entre 22 et 25 milliards d'euros par Bruno Coquet qui estime que, sur cette somme, « la France peut économiser 8 à 10 milliards d'euros en retrouvant de l'efficience ».
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