La ministre des Armées Florence Parly avait déjà fait ses cartons quand La Tribune l'a rencontrée lundi 9 mai lors d'une discussion de plus d'une heure et quart à bâtons rompus. Des cartons à la fois remplis durant ses cinq ans de présence à l'Hôtel de Brienne de souvenirs tragiques, avec les militaires morts en opérations extérieures, de satisfactions (exécution de la loi de programmation militaire, exportations, politique spatiale, innovations) et enfin de quelques frustrations et regrets (coopérations européennes, taxonomie, Barkhane).
Le bilan de Florence Parly, sur le départ, est positif ne serait-ce principalement parce que les trois premiers exercices budgétaires de la loi de programmation militaire (LPM) entre 2019 et 2021 ont été exécutés de façon conforme aux prévisions. Du jamais vu depuis plus de 20 ans. Elle a donc pu travailler dans un contexte où elle savait qu'elle aurait des moyens en croissance. Ce qui n'est pas négligeable. "La LPM nous a permis dès le départ de pouvoir construire notre feuille de route en nous appuyant sur des fondamentaux que mes prédécesseurs n'avaient pas eu", explique-t-elle.
Très clairement, Florence Parly a bénéficié d'un alignement des astres, ce qui n'a pas été le cas de ses prédécesseurs. La ministre a pu travailler sur une feuille de route plus ambitieuse en disposant de moyens budgétaires. "À peine arrivée, la feuille de route était claire. Il fallait tracer un chemin vers les 2 % de dépense de défense par rapport au PIB de 2025 et donc bâtir une loi de programmation militaire. Cela a été d'entrée de jeu le premier chantier, qui a structuré tout le reste", note-t-elle. Pour autant, elle s'est rapidement heurtée à deux freins au sein même de son ministère : le scepticisme sur une croissance durable des moyens et les tentatives habituelles de "bourrage" de la LPM pour caser le plus possible de programmes.