En cinq ans à l'Hôtel de Brienne, Florence Parly a su bénéficier d'un alignement des planètes pour effectuer un passage remarqué au ministère des Armées dans un contexte de crises et de tensions inédites. Exportations, budgets et préservation de la BITD ont été au cœur de la réussite de son bilan économique et financier. Mais elle a échoué à bâtir des coopérations solides avec la très versatile Allemagne. Enfin, en matière d'innovation, la ministre n'est pas allée aussi loin, aussi haut et aussi fort que les enjeux cruciaux l'exigeaient. Troisième volet de cette série, les exportations...En matière d'exportations d'armements, la ministre des Armées Florence Parly a fait le "job" - et plutôt très bien - pour faire gagner la France dans le monde, et notamment en Europe : 9,1 milliards en 2018, puis 8,3 milliards en 2019, et, enfin, 4,8 milliards en 2020, année de la Covid. Mais c'est surtout les exportations en 2021 et, plus encore en 2022, qui vont faire exploser les bilans et atteindre des sommets jamais atteints. Soit un total estimé à plus de 65 milliards d'euros sur la période du quinquennat. Florence Parly a même réussi à dépasser le bilan de Jean-Yves Le Drian, son prédécesseur qui avait pourtant multiplié les contrats à l'export. En 2021, la France a réussi à signer trois nouveaux contrats de vente du Rafale en Grèce (18 appareils, dont 12 d'occasion), en Croatie (12 d'occasion) et en Égypte (30 neufs). Cette année, Dassault Aviation a déjà engrangé deux mégacontrats (80 Rafale aux Émirats Arabes Unis et 42 en Indonésie) ainsi que six appareils supplémentaires en Grèce. Par ailleurs, Naval Group a vendu trois frégates FDI à la marine grecque.
Le ministère des Armées estime d'ores et déjà que les exportations vont s'élever pour les années 2021 et 2022 à un montant cumulé de plus de 30 milliards d'euros, dont 16 milliards pour les 80 Rafale F4 vendus début décembre aux Émirats Arabes Unis. Un contrat qui sera mis en vigueur cette année, certainement en avril ou mai. Au total, depuis son arrivée au ministère des Armées en 2017, Florence Parly a aidé la vente de 201 Rafale, sur les 285 vendus à l'export depuis 2015 (dont 261 neufs). Avec les six appareils supplémentaires acquis par la Grèce, son bilan dépasse la barre symbolique de 200 Rafale exportés dans six pays (Qatar, Égypte, Grèce, Croatie, Émirats Arabes Unis et Indonésie) lors de son passage à l'Hôtel de Brienne. Soit un très bon bilan.
L'Europe, une priorité pour Florence Parly
Au-delà de tous ces succès, Florence Parly a souhaité faire de l'Europe une priorité des exportations d'armement françaises. Elle a réussi son pari même si l'alignement des planètes lui a été très favorable. Ainsi, la part de la zone Europe a atteint en 2019 et 2020 un niveau significatif, respectivement 45% et 25 % des prises de commande. Des niveaux jamais atteints jusqu'ici. En 2019, la direction générale de l'armement (DGA) avait notifié à Nexter pour le compte de la Belgique un contrat portant sur le programme de Capacité Motorisée (CaMo) destiné à équiper de véhicules blindés l'armée de Terre belge. Soit 382 véhicules blindés multi-rôles (VBMR) Griffon et 60 engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) Jaguar destinés à la composante Terre de l'armée belge (1,5 milliard d'euros).