Sur 14 affaires d'espionnage traitées par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, neuf semblaient correspondre à des modes opératoires d'origine chinoise, a révélé le directeur général de l'ANSSI, Guillaume Poupard.Sur 17 opérations menées en 2021 par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), « 14 concernaient des affaires d'espionnage, dont neuf semblaient correspondre à des modes opératoires d'origine chinoise, a révélé mercredi dernier le directeur général de l'ANSSI, Guillaume Poupard, lors d'une audition au Sénat. Cela oriente les doutes que l'on a ». Très clairement, la montée en puissance de la Chine se traduit « par une activité cyber extrêmement importante, peut-être plus importante ces derniers mois que celle de la Russie. La Chine a essayé de pénétrer des réseaux pour faire de l'espionnage industriel à grande échelle », a précisé pour sa part le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) Stéphane Bouillon, lors de la même audition.
Les affaires d'espionnage « nous montrent qu'il n'y a pas qu'une seule origine en termes d'attaques mais il y a quand même une sorte d'épicentre, qui est en train de se dessiner au fil des années », a constaté Guillaume Poupard.
Les opérations d'espionnage informatique restent « la principale finalité des attaques opérées par les services de renseignements étrangers et leurs sous-traitants », explique le gouvernement. Ces opérations visent tout autant les institutions que des acteurs privés. Cette hausse des cyberattaques s'explique de deux façons. D'une part, les vulnérabilités sont de plus en plus exploitées et les nouveaux usages numériques, moins maitrisés, comme le Cloud sont également exploités par les cyber-attaquants. D'autre part, les capacités d'action des acteurs malveillants, dont les principales intentions demeurent le gain financier, l'espionnage, la déstabilisation et le sabotage, ne cessent de se renforcer.
Des opérations très complexes
Les opérations d'espionnage « sont des opérations très complexes faisant intervenir tout un écosystème obscur mêlant acteurs publics et privés, a expliqué Guillaume Poupard. On a affaire à des attaquants, qui ont un niveau très élevé, bien supérieur à celui des criminels. Démêler l'écheveau est parfois extrêmement complexe. En résumé, l'espionnage, c'est 80 % de l'activité de l'ANSS ». Pour l'Agence, logiquement une opération, « c'est quelque chose qui est très grave car cela implique une intervention massive de moyens de la part de l'Agence, de nos partenaires et de prestataires privés », a souligné le patron de l'ANSSI.