Le gouvernement veut mettre l’industrie militaire française au service du conflit en Ukraine et de la souveraineté. Ce jeudi, une rencontre entre grands donneurs et sous-traitants était organisée au premier régiment d’artillerie de Bourgogne.En mars 2025, Emmanuel Macron s'était rendu sur la base de Luxeuil (Haute-Saône) afin de réaffirmer sa volonté de renforcer l'économie de défense, annonçant un plan d'investissements massif pour soutenir la relance industrielle et assurer l'autonomie stratégique de la France.
Forte de la plus forte part d'emplois industriels en France (17,3 % de l'emploi total), la région Bourgogne-Franche-Comté, historiquement marquée par l'automobile, veut s'appuyer sur cet atout pour devenir un écosystème de référence dans la défense.
Marie-Guite Dufay, présidente de la région, a rappelé cette volonté en déclarant : « Notre territoire dispose d'un tissu industriel dense et compétent, capable d'apporter des solutions innovantes pour répondre aux besoins de la défense nationale. Nous voulons créer un véritable pôle d'excellence, en synergie avec les acteurs du secteur, pour accompagner cette relance. » Le sénateur du territoire de Belfort et président de la commission des Affaires étrangères de la défense et des forces armées au Sénat, Cédric Perrin, quant à lui, a insisté sur la nécessité de faire rayonner ces savoir-faire locaux : « Il faut que nos PME, souvent peu connues, puissent accéder à ces marchés stratégiques, en étant accompagnées dans leur montée en gamme et leur certification. La région doit jouer un rôle d'accélérateur pour que nos entreprises deviennent des fournisseurs de référence. »
Des stratégies dediversification
Les acteurs locaux, déjà engagés dans des secteurs civils comme l'automobile, l'énergie ou le ferroviaire, cherchent à se positionner sur le marché de la défense. AVL LMM, par exemple, spécialiste de l'ingénierie et de la simulation dont le siège est en région parsienne, veut capitaliser sur ses compétences pour répondre aux besoins de la filière militaire, notamment dans le développement de systèmes embarqués et de véhicules autonomes. Julie Poillot, responsable du développement commercial, basé à Montbéliard, précise : « De par notre expérience dans le secteur automobile [une cinquantaine de salariés travaillent sur le site de Stellantis à Sochaux ndlr], nous avons l'expertise en simulation, en mécatronique, et nous souhaitons accompagner la montée en gamme des équipements militaires, notamment pour les véhicules blindés ou les drones. »