«Une nouvelle page s'ouvre pour Latécoère, c'est une phase stratégique qui vise à améliorer et développer l'entreprise, et nous en avons les moyens ». C'est en ces termes que Pierre Gadonneix, le président du conseil d'administration de Latécoère, a résumé ce vendredi lors de la présentation des résultats semestriels, la situation de l'équipementier aéronautique français après sa restructuration financière cet été. Grâce à deux augmentations de capital réalisées les 21 août et le 7 septembre, Latécoère a levé 280 millions d'euros. Une somme qui change tout.
Englué dans un endettement structurel (la dette s'élevait à 310,8 millions d'euros le 30 juin dernier), Latécoère aurait affiché à l'issue du premier semestre une dette de seulement 31 millions d'euros si les levées de fonds avaient eu lieu au cours des six premiers mois de l'année, selon Olivier Regnard, le directeur général délégué de Latécoère. Du coup, libéré de ses contraintes financières, l'équipementier français dispose aujourd'hui de moyens pour se développer. Et voit grand. Jusqu'à s'imaginer comme un acteur majeur de la consolidation des équipementiers et lancer des opérations de croissance externe.
Ces opportunités de développement dans les différents métiers, les ressources qu'elles réclament, mais aussi « la réévaluation du portefeuille » du groupe sont autant de sujets de discussion entre la direction et les deux nouveaux actionnaires de référence, les fonds Appolo et Monarch.
Frédéric Michelland a l'intention de focaliser le développement de Latécoère sur ses points forts.
Latécoère bénéficie par ailleurs de 100 millions d'euros apportés par la deuxième levée de fonds pour améliorer sa performance.
« Une partie va servir à relancer le programme d'investissements », explique Frédéric Michelland. Notamment des investissements de productivité (des machines d'usinage plus rapides par exemple) qui, faute d'enveloppe suffisante (15 millions d'euros), ont été sacrifiés jusqu'ici au profit des investissements de maintenance et de capacité.
Par ailleurs cet apport de cash permettra, dans l'éventualité de nouveaux contrats, de financer les coûts de développement (les avionneurs demandent que les fournisseurs de rang 1 prennent à leur charge une partie des coûts). De fait, Latécoère a désormais la surface financière suffisante pour se positionner sur des appels d'offres. Enfin, cet apport en cash va permettre de financer la simplification de l'organisation du groupe.
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Pour améliorer sa compétitivité, Latécoère a décidé de réinternaliser certaines parties de la production en raison, notamment, des déboires rencontrés par certains fournisseurs (dans les portes notamment). Du coup, son usine tchèque devient le centre de compétences unique du groupe en matière de portes, à l'exception de celles du B787 construits au Mexique et en France.
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