A l’occasion des Assises de la Sécurité 2020, Thales lance la nouvelle édition de son "CyberThreat Handbook" (manuel de la cybermenace), qui est dédiée cette année aux cybercriminels de plus en plus organisés et performants.La cybercriminalité monte encore en puissance en se spécialisant de plus en plus dans la chasse aux gros gibiers. C'est le constat fait par le service de renseignement sur les cyberattaques de Thales dans l'édition 2020 de son "manuel de la cybermenace" publié ce lundi à l'occasion des Assises de la Sécurité 2020. Et pourtant, les activités de la cybercriminalité organisée sont déjà extrêmement lucratives avec des revenus estimés à 1.500 milliards de dollars par an par la société Bromium et le Dr Mike McGuire, chercheur en criminologie de l'Université de Surrey. Soit environ 1,5 fois les revenus de la contrefaçon et 2,8 fois ceux du trafic de drogue.
Cette montée en puissance pourrait se traduire par des revenus en très nette hausse. Selon l'Organisation des Nations Unies et Accenture, le coût de la cybercriminalité organisée devrait représenter 5.200 milliards de dollars pour l'économie mondiale entre 2020 et 2025. Cybersecurity Ventures avance le chiffre de 6.000 milliards par an. Soit quasiment la moitié du PIB de la Chine, qui disparaitrait chaque année. Selon Thales, "de façon étonnante, 60% de ces revenus colossaux proviennent des marchés illégaux en ligne, 30% du vol de propriété intellectuelle et des secrets commerciaux et seulement 0,07% des recettes de ransomware, qui sont pourtant les attaques qui font le plus dégâts".
La chasse aux gros gibiers
Toutefois, pour les entreprises et les institutions, la menace est permanente et la pression très forte. "Les demandes de rançons présentées se chiffrent, non plus en milliers, mais en millions voire en dizaines de millions d'euros et peuvent mettre en péril la survie d'une organisation stratégique. (...) Les attaquants présentent des caractéristiques se rapprochant des plus grands groupes d'espionnage, tout en conservant une vocation financière", constate Thales. Des demandes de rançon de 2 millions d'euros ont été observées et des gains cumulés allant jusqu'à 15 millions de dollars par exemple lors de campagnes lancées par le groupe de cybercriminels Maze. Ce groupe utilise le chantage à la divulgation des données de ses cibles depuis la fin 2019 pour contourner les sauvegardes réalisées de plus en plus par les entreprises en vue de se protéger d'un chiffrement de leur donnée.