Le climat, une affaire avant tout de satellites

Le rôle du spatial dans l'étude et la préservation du climat ainsi que l'observation de la Terre est crucial.
Michel Cabirol
Le satellite Merlin va mesurer précisément la quantité de méthane (CH4), un gaz à effet de serre présent dans l'atmosphère
Le satellite Merlin va mesurer précisément la quantité de méthane (CH4), un gaz à effet de serre présent dans l'atmosphère (Crédits : CNES/Ducros David, 2014)

"Sur les 50 variables climatiques essentielles établies par le GIEC (Groupe d'experts international sur l'étude du climat), 26 ne sont observables que depuis l'espace", a expliqué le 18 novembre le président du CNES, Jean-Yves Le Gall, lors d'une conférence de presse organisée par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE). Le rôle du spatial dans l'étude et la préservation du climat n'est donc plus à démontrer. Une flotte mondiale de 30 à 40 satellites dédiés au climat est actuellement en service pour mesurer le réchauffement de la planète, l'augmentation des océans et la hausse des concentrations de gaz à effet de serre.

En dépit de l'importance donnée à ces sujets dans le cadre de la COP21, durant laquelle  152 chefs d'État présents vont négocier, pour tenter d'aboutir à un accord historique en vue de limiter le réchauffement climatique à 2°, les crédits n'ont pas pour autant décollé ces dernières années pour l'ensemble des programmes d'observation de la Terre et de l'étude du climat. L'Europe y consacre entre 2 et 4 milliards d'euros par an en moyenne, la France entre 200 et 300 millions par an, selon une estimation de Jean-Yves Le Gall.

 Une industrie française et européenne à la pointe

C'est peu mais il y a néanmoins de très belles surprises programmatiques comme c'est le cas de Merlin (Methane Remote Sensing Lidar Mission). Confié à Airbus Defence and Space, qui avait également été choisi en avril 2014 pour construire la prochaine génération de satellites européens météo (Metop-Second Generation), ce programme est une nouvelle mission innovante dédiée à l'étude du climat. Il va mesurer précisément la quantité de méthane (CH4) présente dans l'atmosphère ainsi que ses variations spatiales et temporelles. "Grâce à ces observations, il sera possible de mieux localiser et quantifier les sources et les puits de ce puissant gaz à effet de serre, a expliqué le CNES. Autant de données précieuses au service des politiques environnementales".

Thales Alenia Space, qui a obtenu la construction du satellite océanographique SWOT (Surface Water and Ocean Topography), n'est pas en reste. Trois satellites dédiés au climat et à l'environnement et construits par TAS, devraient être lancés en 2015 : le satellite météo MSG-4 a été lancé le 2 juillet par Ariane 5 ; le satellite altimètre en orbite basse qui mesure la hauteur des océans avec la précision centimétrique, Jason 3, par le lanceur américain Falcon 9, qui n'est pas encore revenu en vol ; le satellite Sentinelle 3, qui transmettra des données sur la surface et l'atmosphère de la Terre, en fin d'année à Plessetsk par le lanceur russe Rockot.

Le CNES, chef d'orchestre

L'expertise de l'océanographie au CNES remonte aux années 80, avec la mission franco-américaine Topex-Poseidon, lancée en 1992, qui a ouvert une véritable voie dans ce domaine, dont l'héritage perdure aujourd'hui avec les satellites Jason. Depuis lors, les contributions du CNES à la flotte des satellites et missions étudiant le climat ont été très nombreuses, avec notamment les satellites Pléiades pour l'observation, la mission SMOS dédiée à la mesure de l'humidité des sols et de la salinité de l'océan, ou encore les instruments IASI pour l'étude de l'atmosphère.

Le CNES s'apprête désormais à lancer les missions MicroCarb et Merlin, en 2020. La première aura pour mission de mesurer les émissions régionales de gaz carbonique et la seconde scrutera celles de méthane, les deux principaux gaz à effet de serre responsables de la hausse de la température mondiale globale. D'une façon générale, Jean-Yves Le Gall estime qu'il y a une "prise de conscience de l'enjeu climatique partout dans le monde".

Michel Cabirol

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Commentaires 10
à écrit le 06/02/2016 à 16:30
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Aurez vous une confirmation que la société Eurockot va procéder au lancement d'une fusée Rokot-KM emportant le satellite Sentinel 3A décollant du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk au alentour du 16/02/2016?

à écrit le 02/01/2016 à 17:46
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Sauf erreur ou omission de ma part, il n'y aura pas de tir,en janvier 2016, de fusée Rokot-KM emportant le satellite Sentinel 3A décollant du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk en Russie. Il est maintenant prévus en février 2016. Avez vous une idée de...

à écrit le 05/12/2015 à 17:18
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Le lancement de Sentinel 3A est suspendu si cette source est fiable. http://tass.ru/en/science/841003 Croisons les doigts pour le Sentinel 2B http://tass.ru/en/non-political/794185

à écrit le 03/12/2015 à 18:26
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Sauf erreur ou omission de ma part, il n'y aura pas de tir en 2015 de fusée Rokot-KM emportant de satellite Sentinel 3A décollant du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk en Russie. Celui-ci serait reporté en janvier 2016 à une date indéterminé. A suivre.

à écrit le 03/12/2015 à 13:26
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La même question se pose pour les satellites Sentinel 5p prévu en avril 2016 et Sentinel 2B prévu en Juillet 2016. Ils utilsent la même fusée Rokot-KM décollant du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk en Russie.

à écrit le 02/12/2015 à 10:54
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/// CE N EST PAS DE L ARGENT GASPILLEZ///LES SATELLITES ONT LEUR ROLES A JOUE ? DES IMAGES DES MER ET DE GRAND LAC QUI DISPARESENT. DES FLUES DES MARREES OU DE LA POLLUTION DES MERS ET DE LA TERRE /INCENDIE INPORTANT? VOLCAN EN ERUPTION L HOMME CIVI...

à écrit le 01/12/2015 à 17:51
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En parlant de satellite, sommes nous sûr que Sentinel 3A sera bien lancé par une fusée Rokot-KM du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk en Russie? Ou le conflit entre la Russie et l'Ukraine retardera encore le tir?

à écrit le 01/12/2015 à 11:13
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à noter que les satellites permettent aussi de mesurer les températures du globe par deux réseaux, RSS et UAH, qui disposent d'une bien meilleure couverture que les stations au sol ou les bouées maritimes. Or ces deux réseaux ne mesurent pas d’augmen...

à écrit le 01/12/2015 à 10:35
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La science du climat comprend effectivement le recueil des données transmises par les satellites géostationnaires et héliosynchrones, mais ces seules informations ne suffisent pour faire tourner les modèles informatiques. Il faut tenir compte des in...

le 01/12/2015 à 18:55
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La question sous-jacente au réchauffement climatique est celle de la durabilité de l'espèce humaine et de son écosystème dans un espace fini, la Terre. A quelle vitesse l'espèce humaine veut-elle disparaître ? Rapidement et violemment en atteignant l...

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