Le climat, une affaire avant tout de satellites

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Le satellite Merlin va mesurer précisément la quantité de méthane (CH4), un gaz à effet de serre présent dans l'atmosphère
Le satellite Merlin va mesurer précisément la quantité de méthane (CH4), un gaz à effet de serre présent dans l'atmosphère (Crédits : CNES/Ducros David, 2014)
Le rôle du spatial dans l'étude et la préservation du climat ainsi que l'observation de la Terre est crucial.

"Sur les 50 variables climatiques essentielles établies par le GIEC (Groupe d'experts international sur l'étude du climat), 26 ne sont observables que depuis l'espace", a expliqué le 18 novembre le président du CNES, Jean-Yves Le Gall, lors d'une conférence de presse organisée par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE). Le rôle du spatial dans l'étude et la préservation du climat n'est donc plus à démontrer. Une flotte mondiale de 30 à 40 satellites dédiés au climat est actuellement en service pour mesurer le réchauffement de la planète, l'augmentation des océans et la hausse des concentrations de gaz à effet de serre.

En dépit de l'importance donnée à ces sujets dans le cadre de la COP21, durant laquelle  152 chefs d'État présents vont négocier, pour tenter d'aboutir à un accord historique en vue de limiter le réchauffement climatique à 2°, les crédits n'ont pas pour autant décollé ces dernières années pour l'ensemble des programmes d'observation de la Terre et de l'étude du climat. L'Europe y consacre entre 2 et 4 milliards d'euros par an en moyenne, la France entre 200 et 300 millions par an, selon une estimation de Jean-Yves Le Gall.

 Une industrie française et européenne à la pointe

C'est peu mais il y a néanmoins de très belles surprises programmatiques comme c'est le cas de Merlin (Methane Remote Sensing Lidar Mission). Confié à Airbus Defence and Space, qui avait également été choisi en avril 2014 pour construire la prochaine génération de satellites européens météo (Metop-Second Generation), ce programme est une nouvelle mission innovante dédiée à l'étude du climat. Il va mesurer précisément la quantité de méthane (CH4) présente dans l'atmosphère ainsi que ses variations spatiales et temporelles. "Grâce à ces observations, il sera possible de mieux localiser et quantifier les sources et les puits de ce puissant gaz à effet de serre, a expliqué le CNES. Autant de données précieuses au service des politiques environnementales".

Thales Alenia Space, qui a obtenu la construction du satellite océanographique SWOT (Surface Water and Ocean Topography), n'est pas en reste. Trois satellites dédiés au climat et à l'environnement et construits par TAS, devraient être lancés en 2015 : le satellite météo MSG-4 a été lancé le 2 juillet par Ariane 5 ; le satellite altimètre en orbite basse qui mesure la hauteur des océans avec la précision centimétrique, Jason 3, par le lanceur américain Falcon 9, qui n'est pas encore revenu en vol ; le satellite Sentinelle 3, qui transmettra des données sur la surface et l'atmosphère de la Terre, en fin d'année à Plessetsk par le lanceur russe Rockot.

Le CNES, chef d'orchestre

L'expertise de l'océanographie au CNES remonte aux années 80, avec la mission franco-américaine Topex-Poseidon, lancée en 1992, qui a ouvert une véritable voie dans ce domaine, dont l'héritage perdure aujourd'hui avec les satellites Jason. Depuis lors, les contributions du CNES à la flotte des satellites et missions étudiant le climat ont été très nombreuses, avec notamment les satellites Pléiades pour l'observation, la mission SMOS dédiée à la mesure de l'humidité des sols et de la salinité de l'océan, ou encore les instruments IASI pour l'étude de l'atmosphère.

Le CNES s'apprête désormais à lancer les missions MicroCarb et Merlin, en 2020. La première aura pour mission de mesurer les émissions régionales de gaz carbonique et la seconde scrutera celles de méthane, les deux principaux gaz à effet de serre responsables de la hausse de la température mondiale globale. D'une façon générale, Jean-Yves Le Gall estime qu'il y a une "prise de conscience de l'enjeu climatique partout dans le monde".

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Commentaires
a écrit le 06/02/2016 à 16:30 :
Aurez vous une confirmation que la société Eurockot va procéder au lancement d'une fusée Rokot-KM emportant le satellite Sentinel 3A décollant du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk au alentour du 16/02/2016?
a écrit le 02/01/2016 à 17:46 :
Sauf erreur ou omission de ma part, il n'y aura pas de tir,en janvier 2016, de fusée Rokot-KM emportant le satellite Sentinel 3A décollant du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk en Russie. Il est maintenant prévus en février 2016. Avez vous une idée des dates pour les autres satellites Sentinel?
a écrit le 05/12/2015 à 17:18 :
Le lancement de Sentinel 3A est suspendu si cette source est fiable.

http://tass.ru/en/science/841003

Croisons les doigts pour le Sentinel 2B

http://tass.ru/en/non-political/794185
a écrit le 03/12/2015 à 18:26 :
Sauf erreur ou omission de ma part, il n'y aura pas de tir en 2015 de fusée Rokot-KM emportant de satellite Sentinel 3A décollant du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk en Russie. Celui-ci serait reporté en janvier 2016 à une date indéterminé. A suivre.
a écrit le 03/12/2015 à 13:26 :
La même question se pose pour les satellites Sentinel 5p prévu en avril 2016 et Sentinel 2B prévu en Juillet 2016. Ils utilsent la même fusée Rokot-KM décollant du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk en Russie.
a écrit le 02/12/2015 à 10:54 :
/// CE N EST PAS DE L ARGENT GASPILLEZ///LES SATELLITES ONT LEUR ROLES A JOUE ? DES IMAGES DES MER ET DE GRAND LAC QUI DISPARESENT. DES FLUES DES MARREES OU DE LA POLLUTION DES MERS ET DE LA TERRE /INCENDIE INPORTANT? VOLCAN EN ERUPTION L HOMME CIVILISE DOIT UTILSSE CES NOUVELLES TECHNOLOGIE POUR PROTEGE LA TERRE ET LES HUMMAINS???
a écrit le 01/12/2015 à 17:51 :
En parlant de satellite, sommes nous sûr que Sentinel 3A sera bien lancé par une fusée Rokot-KM du pas de tir LC 133/3 de Plesetsk en Russie? Ou le conflit entre la Russie et l'Ukraine retardera encore le tir?
a écrit le 01/12/2015 à 11:13 :
à noter que les satellites permettent aussi de mesurer les températures du globe par deux réseaux, RSS et UAH, qui disposent d'une bien meilleure couverture que les stations au sol ou les bouées maritimes. Or ces deux réseaux ne mesurent pas d’augmentation significative de la température moyenne depuis environ 20 ans, alors qu'on nous annonce des records en 2014 et 2015 mais sur la seule foi de la NOAA qui a corrigé frauduleusement les données maritimes pour satisfaire des intérêts idéologiques (ce qui fait l'objet d'une enquête du Congrès)
a écrit le 01/12/2015 à 10:35 :
La science du climat comprend effectivement le recueil des données transmises par les satellites géostationnaires et héliosynchrones, mais ces seules informations ne suffisent pour faire tourner les modèles informatiques. Il faut tenir compte des informations envoyées par les ballons sondes et surtout par les stations sol et maritimes. Or les stations sol pour un fonctionnement optimum doivent être maintenues régulièrement, ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de contrées en guerre, et il y en a pas mal en ce moment. Quant aux stations maritimes, déposées sur une surface représentant les deux tiers de la surface terrestre, elles ont aussi beaucoup de problèmes d'entretien. La science du climat n'en est qu'à la préhistoire ( les premiers satellites météo ont été mis en orbite qu'´en 1959), beaucoup de scientifiques sont convaincu que l'influence magnétique du soleil ou que la position de notre système solaire dans la galaxie influence le climat de la terre. C'est une folie de vouloir investir des milliards de dollars dans des énergies renouvelables dont le rendement est très inférieure aux énergies actuelles en se basant sur de simples hypothèses. A moins que cette farce ne profite qu'a des lobby industriels
Réponse de le 01/12/2015 à 18:55 :
La question sous-jacente au réchauffement climatique est celle de la durabilité de l'espèce humaine et de son écosystème dans un espace fini, la Terre. A quelle vitesse l'espèce humaine veut-elle disparaître ? Rapidement et violemment en atteignant le point de rupture de son environnement, avec l'expression "aller droit dans le mur" qui l'accompagne ? Ou bien naturellement, en gérant de façon durable sa population, ses activités et ses ressources ? Le choix raisonnable est celui du développement durable, et les scientifiques nous pressent à mettre un coup d'accélération maintenant dans les mutations à engager. Au niveau économique, des industries disparaîtront, d'autres émergeront comme les filières industrielles liées aux énergies renouvelables. Il faut massivement investir aujourd'hui pour lancer la dynamique du changement vers un mode de vie durable. En cela la France est largement à la traîne, car nous privilégions les réunions, au détriment des démonstrations par l'exemple et des réalisations.

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