Climat : le CNES va confier le satellite Merlin à Airbus Defence & Space

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Grâce aux observation du satellite de Merlin, il sera possible de mieux localiser et quantifier les sources et les puits de ce puissant gaz à effet de serre
Grâce aux observation du satellite de Merlin, il sera possible de mieux localiser et quantifier les sources et les puits de ce puissant gaz à effet de serre (Crédits : CNES/Ducros David, 2014)
Le CNES et l’agence spatiale allemande vont confier le programme Merlin à Airbus Defence & Space destiné à étudier les gaz à effet de serre. Un nouveau contrat confirmant que le climat est placé en 2015 au centre de la politique spatiale française et européenne.

Après Thales Alenia Space (TAS) qui a reçu la maîtrise d'oeuvre de SWOT, c'est au tour d'Airbus Defence & Space de se voir confier par le CNES et l'agence spatiale allemande, le DLR, le programme Merlin (Methane Remote Sensing Lidar Mission). Un contrat pour un satellite devrait être très prochainement signé, selon nos informations. Tout comme SWOT, le projet Merlin est une nouvelle mission innovante dédiée à l'étude du climat. Il vise à mesurer précisément la quantité de méthane (CH4) présente dans l'atmosphère ainsi que ses variations spatiales et temporelles. "Grâce à ces observations, il sera possible de mieux localiser et quantifier les sources et les puits de ce puissant gaz à effet de serre, a expliqué le CNES dans son programme de travail de 2015. Autant de données précieuses au service des politiques environnementales".

L'Allemagne fournit un instrument innovant, le Lidar à absorption différentielle, qui permettra des observations de jour comme de nuit et en toutes saisons. Une nécessité pour évaluer notamment les rejets de méthane par le permafrost dans les régions arctiques. La France apporte la plateforme Myriade Evolutions, adaptée aux missions utilisant de petits satellites. La phase de définition en cours s'achèvera fin 2015. Puis le projet Merlin va passer en phase de développement pour un lancement en 2017. Le DLR et le CNES en attendent des avancées significatives dans l'étude du climat.

SWOT mesurera les hauteurs d'eau des océans, des fleuves et des lacs

Il y a une semaine, le CNES a confié à Thales Alenia Space (TAS) la construction du satellite franco-américain d'observation de la Terre SWOT, qui sera chargé de mesurer les hauteurs d'eau des océans et des fleuves et lacs. Le contrat a été signé mardi dernier au siège du CNES à Paris en présence de la secrétaire d'Etat à la Recherche Geneviève Fioraso. La livraison de SWOT à la NASA est prévue en 2020, pour un lancement en fin d'année. Le programme SWOT répond à "une préoccupation vitale pour la planète", a déclaré Geneviève Fioraso, rappelant que 2015 était "l'année du climat", avec en particulier la conférence de Paris en décembre.

SWOT, qui embarquera un instrument radar interféromètre conçu par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) américain, comprend à la fois une mission d'océanographie et d'hydrologie. Au niveau des surfaces continentales, il sera chargé d'évaluer les évolutions du stockage d'eau des zones humides, lacs et réservoirs, et de mesurer le débit des cours d'eau. Il déterminera également le niveau des océans, "de façon à la fois très fine et très précise", selon le CNES. Il doit couvrir tous les lacs, rivières, réservoirs et océans de la Terre au moins deux fois tous les 21 jours.

2015 sous le signe du climat

"En 2015, le CNES va placer le climat au centre de notre politique spatiale", a expliqué la semaine dernière le président du CNES, Jean-Yves le Gall, lors des voeux à la presse. Avec en ligne de mire la conférence COP 21. Les missions liées à l'observation de la Terre seront ainsi à l'honneur, avec Jason 3, IASI-NG, SWOT et Merlin. Ainsi, "le démarrage de SWOT témoigne de l'engagement du CNES pour qu'il y ait en 2015 un espace pour le climat", a-t-il estimé lors de la signature du contrat SWOT.  L'intérêt des données spatiales pour la climatologie est d'ailleurs formalisé par le programme international GCOS (Global Climate Observing System) et les futures missions d'Eumetsat ou le programme Earth Explorer qui contribueront à mieux apprécier le réchauffement global de la planète.

"Pour l'industrie spatiale, 2015 sera placée sous le signe de l'environnement et plus particulièrement de sa surveillance", a renchéri le président de Thales Alenia Space (TAS), Jean-Loïc Galle, citant notamment le lancement prévu cette année  du satellite d'altimétrie Jason-3 et de deux nouveaux satellites de la famille des Sentinelles. Il a souligné le "rôle extrêmement important" des satellites dans le contrôle des engagements pris en faveur de la réduction des gaz à effet de serre. Le développement de la plate-forme et l'intégration du satellite SWOT font l'objet d'un financement du Programme d'investissement d'avenir, pour un montant de 78 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 13/01/2015 à 10:52 :
BONNE INISSIATIVES ?MEME SI EN MEME TEMPT ELLES SERVIRONS A SURVEILLER TOUS ET N INPORTE QUOI???
a écrit le 13/01/2015 à 8:21 :
le méthane et pas le co2 ?
on s’intéresse donc surtout aux pets des ruminants ?

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