"Le NH90 présente des défauts de corrosion" (chef d’état-major de la marine)

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Le quinzième NFH, sur les 27 commandés par la France, a été récemment livré à la marine nationale dans sa dernière version (FRC-Final Radar Configuration)
Le quinzième NFH, sur les 27 commandés par la France, a été récemment livré à la marine nationale dans sa dernière version (FRC-Final Radar Configuration)
Pour le chef d’état-major de la marine, l’amiral Bernard Rogel, la version navale de l’hélicoptère de transport NH90, le NFH (Nato Frigate Helicopter) "pèche par sa jeunesse". La conception de cette version est assurée par l’hélicoptériste italo-britannique AgustaWestland.

Le chef d'état-major de la marine, l'amiral Bernard Rogel, n'a pas réellement pris des pincettes pour évoquer les problèmes de la version navale multi-missions du NH90, le NFH (Nato Frigate Helicopter). "Le NH90 présente des défauts de corrosion", a-t-il expliqué aux députés de la commission de la défense de l'Assemblée nationale. Pour lui, il "pèche" encore "par sa jeunesse" même si, a-t-il nuancé, cet appareil est "un aéronef exceptionnel", qui "va bouleverser la lutte anti-sous-marine". Et de préciser que "les capacités de l'hélicoptère et de son sonar FLASH, développé par Thales, sont tout à fait exceptionnelles". La version anti-sous-marine du NFH est entrée en service dans la marine nationale depuis décembre 2014.

"Je puis vous dire que même les nations dont les budgets militaires sont beaucoup plus importants que les nôtres nous envient le tandem FREMM-NH90", a-t-il souligné devant les députés. Selon nos informations, cette version du NH90 intéresse d'ailleurs fortement la marine égyptienne. La version navale du NH90 permet de remplir plusieurs missions, notamment de lutte anti-sous-marine et anti-surface, recherche et sauvetage, surveillance et contrôle maritime ou opérations spéciales. Au total, 250 NH90 dans ses deux versions (TTH et NFH) ont été livrés à treize pays.

Pourquoi de tels défauts ?

Pour expliquer ces défauts de jeunesse, l'amiral Bernard Rogel a estimé que cela provenait "d'une perte de compétence de l'industriel, qui du reste l'a reconnu". Alors que la version navale du NH90 est sous la responsabilité industrielle du constructeur italo-britannique AgustaWestland, les NFH destinés à la marine française sont fabriqués à Marignane. Le NH90 est développé et fabriqué au sein du consortium européen NHIndustries, composé d'Airbus Helicopters (62,5%), de l'italo-britannique AgustaWestland (32%) et du néerlandais Fokker (5,5%), racheté par le britannique GKN.

Pour autant, a-t-il précisé, "nous avons élaboré un plan pour remédier" à ces problèmes de jeunesse et "prévu, avec Airbus Helicopters, d'embarquer des ingénieurs sur les bateaux dans le cadre de leur formation". Pour autant, le quinzième NFH, sur les 27 commandés par la France, a été récemment livré à la marine nationale dans sa dernière version (FRC-Final Radar Configuration).

Autre problème pour le chef d'état-major de la marine, le maintien en condition opérationnelle (MCO) de cet appareil. "Ces machines sont également souvent immobilisées pour des opérations de soutien, de sorte que nous avons élaboré un autre plan afin d'adapter le soutien aux besoins opérationnels". Sur ces deux défauts de jeunesse, l'amiral Rogel estime que "les plans d'urgence devraient nous apporter des réponses assez rapidement".

Des NH90 sur les frégates de taille intermédiaire

Le futur programme de frégate de taille intermédiaire (FTI), qui sera un bâtiment de 4.000 à 5.000 tonnes, "doit être d'abord anti-sous-marin, avec une capacité d'emport NH90". "Selon nous, la principale menace est sous-marine : aujourd'hui - et c'est inédit, me semble-t-il -, plus de 49 nations disposent de sous-marins modernes. La FTI doit donc être dotée de capacités anti-sous-marines", a précisé l'amiral Rogel.

"L'une de nos difficultés actuelles est liée au nombre des frégates anti-sous-marines (ASM) car, en raison de l'effet de biseau et de l'arrivée des FREMM, nous n'en avons aujourd'hui que six au lieu de huit prévues", a-t-il regretté.

Les FTI devront disposer ensuite d'une  "capacité anti-aérienne significative", a fait valoir le chef d'état-major de la marine. Des capacités anti-aériennes qui devraient lui permettre de "s'approcher des zones de crise car, et c'est la deuxième caractéristique des opérations navales actuelles, dès lors que l'on s'approche de la terre, on s'expose notamment à la menace aérienne et aux missiles sol-mer".

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Commentaires
a écrit le 24/10/2015 à 11:07 :
C'est biodégradable, donc c'est écologique ! L'Europe est leader dans les technologies de lutte contre la pollution... :)
a écrit le 23/10/2015 à 16:55 :
Faut acheter du frameto, et vite !
a écrit le 23/10/2015 à 16:52 :
Le problème n'est pas nouveau malheureusement.

En juillet 2014 Les Pays Bas avait déjà des soucis de corrosion sur ces NH 90.

http://www.defens-aero.com/2014/07/les-pays-bas-ne-veulent-pas-receptionner-leurs-futurs-nh-90.html

L'Allemagne aussi.

https://www.flightglobal.com/news/articles/corrosion-issue-halts-dutch-nh90-deliveries-400944/

Qu'a fait la société pour répondre à ce problème? La marine a dû prendre de multiples précautions pour protéger ses équipages et materiels

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