MBDA réalise une nouvelle année canon en 2016

Porté par des commandes en France et en Grande-Bretagne, le missilier européen a réalisé une bonne année 2016. Tous les fondamentaux économiques de MBDA restent au vert.
Michel Cabirol
Avec des commandes à nouveau supérieures au chiffre d'affaires (3 milliards d'euros en 2016), MBDA s'inscrit durablement dans une période de croissance, propulsé par un carnet de commandes record à 15,9 milliards d'euros.
Avec des commandes à nouveau supérieures au chiffre d'affaires (3 milliards d'euros en 2016), MBDA s'inscrit durablement dans une période de croissance, propulsé par un carnet de commandes record à 15,9 milliards d'euros.

En dépit d'une baisse des prises de commandes en 2016, l'année dernière restera pour MBDA une année très "canon". Ainsi, le missilier européen a engrangé 4,7 milliards d'euros de commandes (contre 5,2 milliards en 2015), dont 3,2 milliards dans ses quatre pays dits domestiques (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie). L'an dernier, il a compensé la forte baisse des commandes du grand export (1,5 milliard contre 3,6 milliards en 2015) par de nombreux contrats signés principalement en Grande-Bretagne et France (2,9 milliards à eux deux). Une satisfaction pour le PDG de MBDA, Antoine Bouvier, soucieux de préserver les capacités industrielles de son groupe dans les pays domestiques.

Période de croissance

Avec des commandes à nouveau supérieures au chiffre d'affaires (3 milliards d'euros en 2016), MBDA s'inscrit durablement dans une période de croissance, propulsé par un carnet de commandes record à 15,9 milliards d'euros (contre 15,1 milliards en 2015). Il lui assure une visibilité sur les cinq années à venir. "Notre objectif à l'horizon 2020, c'est d'atteindre un chiffre d'affaires d'au moins 4 milliards d'euros", a annoncé Antoine Bouvier en soulignant que le groupe profitait de "perspectives solides de chiffre d'affaires et de croissance sur les prochaines années". En termes de parts de marché, MBDA vise le même niveau que ses grands rivaux  américains, Raytheon et Lockheed Martin.

"L'objectif de MBDA est de s'assurer que sa part de marché soit entre 20 et 25% pour être au même niveau que nos deux grands concurrents américains", a précisé Antoine Bouvier.

C'est pour cela que le missilier poursuit un plan d'embauches ambitieux. "Les recrutements, qui sont repartis à la hausse en 2013, se sont établis à environ 600 embauches par an sur 2013, 2014 et 2015, pour passer à 1.000 personnes en 2016 et 1.100 prévues cette année, réparties à présent dans tous nos pays domestiques", a précisé dans un communiqué publié mercredi MBDA.

Des prises de commandes tirées par Londres et Paris

"Les commandes domestiques viennent renforcer significativement le portefeuille de produits MBDA", a ainsi souligné le groupe. Le Royaume-Uni a notifié au missilier quatre grands contrats en 2016. Le ministère de la Défense britannique a signé un contrat de 411 millions de livres (470 millions d'euros) pour le développement du missile air-sol Spear, qui offrira au F-35 une capacité de frappe de précision à distance de sécurité. La famille des missiles anti-aériens Asraam/Camm au Royaume-Uni est sécurisée sur les plates-formes F-35 (184 millions de livres, 210 millions d'euros) et frégates Type 26 (100 millions de livres, 114 millions d'euros).

En outre, le MoD britannique a fait un chèque de 146 millions de livres (167 millions d'euros) dans le cadre de la coopération avec la France pour la rénovation à mi-vie du missile de croisière Storm Shadow/Scalp EG. Enfin, il a alloué 35 millions d'euros à MBDA UK pour le développement d'un démonstrateur d'arme laser à haute intensité. Soit un total de 996 millions d'euros sans compter le maintien en condition opérationnelle (MCO) des missiles de Sa Majesté.

De son côté, la France a également notifié fin décembre un contrat pour la rénovation du missile de croisière Scalp EG pour environ 320 millions d'euros (270 millions hors TVA). Surtout, elle a confié à MBDA la rénovation à mi-vie du missile ASMPA (air sol moyenne portée amélioré). Pour cette opération, la France a d'ores et déjà prévu d'inscrire plus de 560 millions d'euros d'engagements. Par ailleurs, l'Italie a rejoint la France sur le programme de modernisation du système sol-air Aster 30 block 1 NT, lancé à l'initiative de la France. Un accord de coopération pour le développement du système a été signé en juin 2016 avec l'Italie, qui a notifié en décembre un contrat d'environ 200 millions d'euros à MBDA. Par ailleurs, la France a commandé 48 Aster 30 supplémentaires au profit des frégates multimissions en charge de la défense aérienne.

Une année 2016 en demi-teinte à l'export

Sur un montant de 1,5 milliard d'euros réalisés à l'exportation, MBDA a profité de la vente du Rafale en Inde. Les commandes à l'export prennent en compte l'équipement et les missiles des 36 Rafale acquis en septembre dernier par l'armée de l'air indienne pour un montant de 710 millions d'euros environ pour les missiles Meteor et Scalp. A ce montant, il faut également rajouter le contrat pour l'autoprotection des appareils fournie par MBDA. Le missilier a également engrangé l'année dernière un contrat de 90 millions d'euros environ pour la fourniture de missiles anti-navires Marte.

Toutefois, les commandes 2016 n'incluent pas les contrats de systèmes de défense côtière MCDS et d'armement des navires de Fincantieri pour le Qatar qui ont été signés en 2016 mais pas encore mis en vigueur.

Une année 2017 déjà très, très prometteuse

En 2017, MBDA devrait à nouveau cartonner à l'exportation. Le missilier européen a signé en septembre 2016 un contrat d'une valeur de 640 millions d'euros avec la marine qatarie en vue de fournir des batteries côtières équipées de missiles mer-mer Exocet MM40 Block 3 et Marte ER. Il sera mis en vigueur cette année. Tout comme celui pour l'armement des navires fournis par Fincantieri à la marine qatarie. MBDA fournira des missiles anti-navires Exocet MM40 Block 3, des missiles de défense aérienne  Aster 30 Block 1 et VL MICA pour un montant de 1 milliard d'euros.

En outre, MBDA devrait finaliser cette année plusieurs campagnes comme l'armement des 28 Eurofighter vendus en 2016 par l'Italie au Koweït (Meteor et Storm Shadow) ou encore des quatre corvettes égyptiennes gagnées par DCNS (missiles surface-air VL Mica et mer-mer Exocet pour un montant estimé entre 300 et 400 millions d'euros). Enfin, MBDA va participer à la modernisation des frégates chiliennes T 23 en plaçant le missile surface-air Sea Ceptor.

Enfin, MBDA parviendra-t-il à boucler avec le ministère allemand de la Défense un contrat de plus de quatre milliards d'euros pour le système de défense antiaérienne MEADS pendant la législature actuelle? A voir. Lockheed Martin et MBDA vont créer une nouvelle coentreprise pour gérer le projet de missiles anti-aériens MEADS en Allemagne et rassurer ainsi le gouvernement allemand sur la capacité de MDBA à mener ce projet à bien.

Michel Cabirol

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Commentaires 4
à écrit le 16/03/2017 à 14:12
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Le plus important s'est les baisse de commande à l'exportation.... Cela pose clairement probleme sur l'offre de ses produits.... Il y a des efforts à faire pour remédier à ce gros probleme... Car les commande "domestique " ne durerons pas éternellem...

à écrit le 16/03/2017 à 9:18
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Une année "canon" : ces gens-là font des missiles, scrogneugneu ! Les pigistes, renseignez vous avant d'écrire !

à écrit le 15/03/2017 à 12:08
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On est presque sauvé avec nos missiles dans ce cas. Parce qu'il parait qu'en mai 2017, on risque d'avoir à affronter un ovni qui arrive sur terre !

à écrit le 15/03/2017 à 10:55
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C'est curieux, nul évocation du Brexit dans ces affaires d'armements, idem pour le partenariat avec Airbus, etc.

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