La découverte de glace en grande quantité aux pôles lunaires stimule le projet d'une nouvelle économie autour de notre satellite. Et attise les convoitises dans le monde entier, publiques... et privées.Pour la première fois depuis près de cinquante ans, un appareil américain prévoit d'atterrir sur la Lune. Et il ne sera pas opéré par la Nasa, comme lors de la mission Apollo, mais par une entreprise privée. Le 19 août dernier, Astrobotic, une jeune pousse basée à Pittsburgh, a annoncé à la presse qu'elle entendait faire atterrir un vaisseau chargé de débarquer une astromobile sur notre satellite en 2021. Le lancement sera effectué via une fusée Vulcan, fabriquée par l'United Launch Alliance (ULA), coentreprise de Lockheed Martin et Boeing, spécialisée dans la fabrication de fusées.
La mission vise à réaliser diverses expériences scientifiques sur place, dans le cadre d'un programme de recherche de la Nasa dont l'objectif est d'établir une colonie humaine sur notre satellite. À l'heure où l'on célèbre les cinquante ans de la mission Apollo, la Lune fait de nouveau rêver l'humanité. La Nasa s'est fixé l'ambitieux objectif d'y renvoyer des hommes d'ici à 2024, tandis que l'agence spatiale chinoise souhaite faire alunir ses taïkonautes pour 2030. Et comme le prouve l'exemple d'Astrobotic, les entreprises sont également prêtes à viser la Lune.
On croyait les ambitions lunaires reléguées au placard, reliques d'un lointain passé où la course à l'espace tenait lieu de compétition entre les États-Unis et le bloc soviétique. Il ne s'est écoulé que quelques années entre le célèbre «
Nous choisissons d'aller sur la Lune
», lancé par le président Kennedy lors de son discours de Houston, le 12 septembre 1962, et le «
C'est un petit pas pour un homme, mais un grand pas pour l'humanité
» lâché par un Neil Amstrong ému, foulant pour la première fois la poussière grise de notre satellite. Mais depuis, plus rien. Ou du moins pas grand-chose. Depuis 1972, l'homme n'a plus posé le pied sur la Lune, et les États-Unis demeurent le seul pays à y avoir expédié des astronautes. Si nous avons continué de l'observer à l'aide de satellites et de robots envoyés à la surface, la Lune est peu à peu tombée en désuétude, les rêves de l'humanité se tournant plutôt vers l'objectif, nourri par les ambitions gargantuesques d'entrepreneurs comme Elon Musk, d'une colonisation de la planète rouge.
Guillaume Renouard, à San Francisco