Safran s'offre Preligens, une PME spécialisée dans l'intelligence artificielle
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GONZALO FUENTES
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En signant un chèque d'environ 220 millions d'euros, Safran a remporté les enchères pour s'offrir Preligens, une entreprise spécialisée dans l'intelligence artificielle (IA), selon nos informations. C'était le souhait du directeur général de Safran, Olivier Andriès, qui en avait fait un de ses objectifs de croissance externe. Preligens ira renforcer les activités de souveraineté de Safran (défense et espace), qui sont logées au sein de Safran Electronics & Defense (SED). Mise en vente depuis plusieurs mois, cette PME, créée en 2016 par Renaud Allioux et Arnaud Guérin, intéressait également le suédois Hexagon AB et l'italien Telespazio, filiale de Leonardo et Thales.
En revanche, ce dernier n'a jamais été intéressé par cette PME, qui a pour principal client l'armée française. En octobre 2022, Preligens avait décroché un contrat de 240 millions d'euros maximum sur une durée de sept ans auprès du ministère de la Défense pour le traitement en masse de données (marché Tornade). Elle réalise une vingtaine de millions d'euros de chiffre d'affaires par an avec le ministère des Armées.
Le montant de l'opération est loin des espérances initiales des actionnaires de Preligens (les deux fondateurs, 360 Capital Partners, Tikehau, Definvest, Octave Klaba), qui espéraient obtenir autour de 350 millions d'euros. Pourtant, dans une interview accordée en avril à l'Usine Nouvelle, le président de Preligens, Jean-Yves Courtois, avait affirmé que la société serait rentable en 2024 « pour la première fois » : 3 ou 4 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 35 millions cette année (contre 28 millions en 2023). « Cette année et dans les années à venir, on s'attend à une croissance de l'ordre de 30 % à 35 % », a-t-il indiqué.
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Mais alors pour quelles raisons la société a-t-elle engagé ce processus ? « C'est une décision des actionnaires », avait-il expliqué. Et d'expliquer que certains d'entre eux souhaitaient sortir tandis que les fondateurs quant à eux voulaient récupérer une partie de la valeur générée. D'autant que Preligens a dû réduire la voilure en lançant en 2023 un plan social (PSE ou plan de sauvegarde de l'emploi), qui fait baisser les effectifs de 250 à 220 salariés.
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