Depuis son arrivée à la tête de Safran en janvier 2021, Olivier Andriès, tel un général en campagne, fait feu de tout bois pour remodeler et fortifier l'équipementier aéronautique et de défense pour lui permettre d'affronter les enjeux d'un monde nouveau encore balbutiant. Celui de l'après Covid, de la guerre en Ukraine mais aussi des futures crises internationales, et, enfin, de la décarbonation à marche forcée de l'aviation. Un monde où la résilience est un enjeu clé pour Olivier Andriès, qui compte, via de nombreuses opérations de croissance externe, réduire les dépendances et in fine renforcer l'autonomie stratégique de Safran. Ce qui lui permettra de mieux affronter toutes les crises à venir. Cette prise de conscience brutale a été provoquée par la guerre en Ukraine, qui a vraiment changé les logiciels des États et des industriels en général et de Safran, en particulier.
« Nous avons développé une stratégie de résilience de notre chaine de fournisseurs, en prenant en compte la montée des tensions géopolitiques dans le monde. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation difficile parce que, tout d'un coup, il y a une crise qui s'ouvre comme celle qui a pu arrivé le 24 février 2022. Nous avons décidé de mettre en place un programme de résilience de notre chaine d'approvisionnement, notamment de limiter notre dépendance à certains pays de manière à être résilient et résistant à ces crises », avait expliqué le directeur général de Safran en juin au Paris Air Forum organisé par La Tribune.
Si Safran avait déjà entamé sa mue avant l'invasion de la Russie en Ukraine en ayant une gestion de son portefeuille d'activités « active » comme l'a souligné vendredi Olivier Andriès lors de l'annonce officielle du projet d'acquisition de l'activité d'actionnement et de commandes de vol de Collins Aerospace, ce conflit en Europe l'a conforté dans son choix de réduire les dépendances de Safran. Et d'ailleurs, il a décidé depuis la guerre en Ukraine d'accélérer la transformation de son groupe. Clairement, Safran s'est mué ces deux dernières années en « serial buyer » en saisissant beaucoup plus les opportunités d'acquisitions qui s'offraient à lui. Par ailleurs, la réinternalisation de certaines activités, l'accès mieux garanti aux matières premières et la robustesse de sa « supply chain », font également partie des leviers cruciaux pour Safran pour atteindre un certain niveau d'autonomie stratégique.