Satellites télécoms : Airbus et Thales encore dans le match en 2016

Comme en 2015, les deux constructeurs de satellites français ont gagné un tiers des compétitions civiles ouvertes. Mais le marché des satellites de télécoms s'est très nettement contracté comme le constatera jeudi le séminaire Euroconsult, qui réunit toute la filière spatiale européenne.
Michel Cabirol
15% des satellites commandés en 2016 seront propulsés de façon électrique.
15% des satellites commandés en 2016 seront propulsés de façon électrique. (Crédits : Airbus Space Systems)

En 2016, la compétition entre les constructeurs pour fabriquer des satellites de télécoms civils a été rude, très rude sur le marché accessible. Car ce dernier s'est très nettement contracté, passant de 17 unités en 2015 à 13 seulement l'année dernière. Soit un recul d'un peu plus de 30% par rapport à 2015. En valeur, le marché est estimé à plus de 3 milliards d'euros. Les six grands mondiaux du secteur (Airbus, Boeing, Lockheed Martin, Loral, Orbital et Thales) ont dû se battre comme des "morts de faim" pour ne pas finir l'année avec un zéro pointé. Au final, chacun a eu sa part du gâteau, voire quelques miettes.

Les opérateurs de satellites restent encore prudent sur la propulsion électrique. Environ 70% des satellites commandés en 2016 auront une propulsion hybride tandis que 15% seront propulsés de façon électrique.

Les Américains raflent les deux tiers du marché

Comme en 2015, le canadien Space Systems Loral (SSL) a fini premier de la classe en remportant quatre compétitions (trois en 2015) : deux satellites pour SiriusXM (SXM-7 et SXM-8), un pour Eutelsat et un autre pour Intelsat. Faut-il rappeler que le constructeur de Palo Alto considéré comme le fabricant le moins cher, a basé son modèle économique sur l'obtention de sept contrats par an. Il en est encore loin. En 2016, Loral a également dû partager la première place avec Boeing (31% de parts de marché chacun).

Car Boeing Satellite Systems a lui aussi obtenu l'an dernier quatre commandes, dont deux pour l'opérateur américain ViaSat, une par l'agence spatiale indienne ISRO (GiSat-1) et une par l'opérateur israélien Spacecom (Amos 17, qui va remplacer Amos 6 détruit en raison de l'explosion du lanceur Falcon 9 le 1er septembre 2016). Pour sa part, Lockheed Martin a été sélectionné par le japonais SKY Perfect JSAT Corporation pour fabriquer JCSAT-17. Enfin, Orbital ATK est le sous-traitant d'Airbus Defence & Space (ADS) en lui fournissant la plateforme pour le satellite Eutelsat 5WB.

Airbus et Thales gagnent deux satellites chacun

Outre la charge utile d'Eutelsat 5WB, ADS a signé en 2016 un contrat pour la fabrication de DirecTV 16 pour le compte de l'entreprise américaine de services de télévision par satellite basée à Los Angeles (31% du marché). Pour sa part, Thales Alenia Space (TAS) a gagné l'année dernière SES-17. Par ailleurs, l'opérateur Gazprom Space Systems a confirmé, selon des sources russes, Yamal 601, qui avait été signé en 2014 avec TAS. Par ailleurs, les deux constructeurs tricolores ont remporté un contrat avec l'Égypte portant sur la vente d'un satellite de télécoms militaires estimé à environ 600 millions d'euros. Un contrat que La Tribune n'a pas pris en compte dans le bilan 2016. Tout comme les deux satellites de télécoms gouvernementaux indonésien SatKomHan et coréen gagnés 2016 par Airbus. Il sera lancé en 2019.

En outre, trois autres satellites de télécoms auraient été attribués en 2016 à deux constructeurs sans appel d'offres. Il s'agit du chinois China Great Wall Industry Corporation (CGWIC), qui va fabriquer Apstar 6D pour le compte de APT Satellite Company basée à Hong-Kong. Enfin, ISS Reshetnev a été choisi l'opérateur russe RSCC (Russian Satellite Communication Company) pour construire Express 80 et Express 103. TAS fournira les deux charges utiles des deux satellites de télécoms russes.

Michel Cabirol

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Commentaire 1
à écrit le 18/01/2017 à 7:39
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Airbus mais également Thales par ses alliances montrent s'il en était encore besoin que l'Europe est une force industrielle et innovante, face aux autres puissances industrielles. Un bémol l'avenir la guerre entre les deux européens qui est toujours...

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