Lancement de satellites : et c'est toujours Arianespace qui gagne à la fin

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En 2017, Arianespace prévoit de maintenir une cadence de lancement soutenue avec 12 vols prévus.
En 2017, Arianespace prévoit de maintenir une cadence de lancement soutenue avec 12 vols prévus. (Crédits : CNES)
Sur 13 satellites de télécoms à lancer sur le marché ouvert en 2016, les équipes commerciales de Stéphane Israël ont remporté 7 contrats. Soit plus de 50% de parts de marché (53,8%). Sur le plan opérationnel, Arianespace a lancé 10 satellites commerciaux sur les 19 tirés (soit 52,6% de parts de marché).

Le Pdg d'Arianespace, Stéphane Israël, peut être un patron heureux. Car chaque année, les observateurs s'inquiètent sur une éventuelle perte du leadership de la société européenne de service de lancements. Et à la fin de l'année, c'est toujours Arianespace, qui gagne le match face à la concurrence sur le marché ouvert. L'année 2016 n'a pas dérogé à cette fameuse règle, selon Stéphane Israël, qui a dressé mercredi le bilan de 2016 et les perspectives à venir.

Ainsi sur treize satellites de télécoms à lancer sur le marché ouvert en 2016, les équipes commerciales de Stéphane Israël ont remporté sept contrats. Soit plus plus de 50% de parts de marché (53,8%). Sur le plan opérationnel, Arianespace a lancé 10 satellites commerciaux sur les 19 tirés (soit 52,6% de parts de marché). Au total, la société, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 1,4 milliards d'euros en 2016 (contre 1,433 milliard en 2015), a procédé à onze lancements en 2016.

13 nouveaux contrats signés en 2016

Au total, Arianespace a signé l'année dernière 13 contrats supplémentaires, a révélé mercredi Stéphane Israël. Le montant total des commandes engrangées a  représenté environ 1,1 milliard d'euros. Le lanceur lourd Ariane 5 a engrangé neuf contrats supplémentaires : Comsat NG 1 et 2 (Direction générale de l'armement), ViaSat-2 (Viasat), GSAT 11 (agence spatiale indienne, ISRO), Inmarsat S-band/Hellas-Sat 3 (Inmarsat/Hellassat), JCSAT-17 (Sky Perfect JSAT), Intelsat 39 et deux contrats dont les opérateurs ont tenu à rester anonyme. En outre, le lanceur italien Vega a gagné deux contrats (Ceres pour la DGA et le CNES et ADM-Aeolus pour l'Agence spatiale européenne) tandis que Soyouz a engrangé deux nouveaux contrats.

Du coup, la société européenne détient dans son carnet de commandes 55 lancements à réaliser pour le compte de 32 clients (20 Ariane 5, 27 Soyuz et 8 lancements Vega). Des lancements qui concernent à 70% les applications télécoms, 23% l'observation de la Terre et 7% la navigation et la science. Fin 2016, le montant du carnet atteignait 5,2 milliards d'euros (5,3 milliards fin 2015). "Ce succès confirme la pertinence de l'offre d'Arianespace, qui vise le meilleur équilibre possible entre la fiabilité, la disponibilité et le prix, tout en s'adaptant en permanence aux évolutions du marché", a expliqué Stéphane Israël.

12 lancements prévus en 2017

En 2017, Arianespace prévoit de maintenir une cadence de lancement soutenue avec 12 vols prévus. Sept Ariane 5, dont six Ariane 5 ECA et une Ariane 5 ES qui placera en orbite, au second semestre, quatre satellites Galileo supplémentaires, pour la Commission européenne, sont programmées. Trois Vega emporteront quatre satellites d'observation de la Terre vers l'orbite héliosynchrone. Enfin, deux Soyuz effectueront les premières missions vers l'orbite de transfert géostationnaire de ce lanceur depuis le CSG pour les satellites HAG-1/H36W-1 d'Hispasat et SES-15 de SES.

En outre, Arianespace et sa filiale Starsem (qui opère Soyuz) préparent activement le déploiement de la constellation OneWeb, avec un lancement pilote prévu dès le premier trimestre 2018 et un premier déploiement avant la fin de 2018. Arianespace compte par ailleurs proposer une capacité supplémentaire de 300 kg disponible pour les charges utiles d'ici à 2019 et d'augmenter le volume de la coiffe de 1,5 mètre. A plus long terme, Ariane 6, qui doit succéder à Ariane 5 à partir de 2020, et Vega C, prévu pour 2019, devront faire face à la concurrence du futur lanceur H3 de l'agence spatiale japonaise JAXA, de New Glenn préparé par la société de Jeff Bezos, le patron d'Amazon, de l'Angara russe destinée à succéder au lanceur Proton et du GSLV indien.

La connectivité va offrir des relais de croissance

Sur le plan commercial, l'année 2016 a été compliquée. Stéphane Israël a confirmé avoir observé "un certain attentisme du marché" l'année dernière, qui s'est traduit par un nombre moindre de contrats au profit des constructeurs de satellites, 13 contre 22 en 2015, et une concurrence "très agressive" sur les prix de lancements. Notamment SpaceX, la société du milliardaire américain Elon Musk qui propose des tarifs plus attractifs. Son lanceur Falcon 9 va reprendre ses vols le 9 janvier depuis la suspension de ses tirs consécutive à l'explosion d'un lanceur le 1er septembre dernier.

Pour la prochaine décennie, le PDG d'Arianespace table sur les énormes besoins de connectivité, à savoir accéder à internet dans des zones reculées, à bord des avions et des bateaux ou encore pour l'internet des objets, pour soutenir la croissance du secteur. "Nous sommes absolument persuadés que la connectivité va fournir un nouveau moteur pour notre business (...) et être un énorme relais de croissance", a-t-il expliqué.

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Commentaires
a écrit le 05/01/2017 à 15:41 :
Et on a fait cadeau de ce fleuron qui fait des bénéfices et reste une vitrine technologique, à Safran et Airbus.
Népotisme ? Allez savoir. En tout cas la décision n'est pas logique et à mon avis la justice va probablement avoir à y redire dans quelques années.
Surtout si la réussite n'est pas au rendez-vous avec ces nouveaux acteurs ... .
Réponse de le 09/01/2017 à 7:28 :
Bof, je vois pas où est le problème. Arianespace est avant tout une entité commerciale, pas vraiment une vitrine technologique... La vitrine serait justement plutôt Airbus et Safran.
a écrit le 05/01/2017 à 11:43 :
"la connectivité va fournir un nouveau moteur pour notre business "...Peut-être...ou pas.

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