C'est un accord qui risque d'interpeller au moment où le débat sur la souveraineté en France monte en puissance. Thales et l'américain Google Cloud ont annoncé mercredi un partenariat stratégique pour développer conjointement un "Cloud de Confiance" en France. Selon Thales et Google, cette offre, développée par les deux groupes en commun, répondra "aux critères du label français de Cloud de Confiance et permettra aux institutions publiques et entreprises françaises d'innover et de tirer pleinement parti du cloud hyperscale et d'innover, en garantissant la confidentialité, la sécurité et la souveraineté de leurs données". Soit un cloud computing qui bénéficiera de la puissance de Google et qui passera par une architecture informatique optimisée en termes de stockage, de puissance, de consommation énergétique et d'évolutivité.
Ce cloud de confiance s'appuiera sur une nouvelle société dédiée et de droit français, majoritairement détenue par Thales. Elle sera lancée début 2022. Ce label "Cloud de confiance" doit en principe offrir un double niveau de sécurisation - juridique et technique - et permettre aux entreprises et administrations françaises de bénéficier des meilleurs services Cloud. Institutions publiques et entreprises françaises bénéficieront de toute la puissance, la sécurité, la flexibilité, l'agilité et la souveraineté proposées par les technologies des deux groupes, qui sont experts en leurs domaines, selon le communiqué publié mercredi.
Est-ce que les utilisateurs seront à l'abri du "Cloud Act" américain, une réglementation extraterritoriale très évolutive qui permet aux Etats-Unis de lancer des poursuites contre des personnes ou des sociétés ayant utilisé des services de sociétés américaines, y compris en dehors des Etats-Unis ? "Certains des services cloud les plus performants au monde sont édités par des entreprises extra-européenne : ces services pourront également être labellisés sous certaines conditions portant notamment sur l'entité opérant ces services et sur la localisation des données", ont expliqué les deux groupes, qui devront expliquer pourquoi cette offre échappe aux griffes de la justice américaine parfois instrumentalisée par des considérations de guerre économique.