Spatial : Avec Naval Group, la startup Prométhée poursuit sa montée en puissance

Naval Group et Prométhée nouent un partenariat avec l'objectif d’élaborer une offre commerciale de services et de systèmes de traitement des données d’origine satellitaires pouvant être intégrées au sein des solutions du groupe naval.
Michel Cabirol
Les données spatiales deviennent de plus en plus indispensables à la Marine nationale
Les données spatiales deviennent de plus en plus indispensables à la Marine nationale (Crédits : ministère des Armées)

L'été a été riche et intense pour Prométhée, qui bouscule le paysage de la filière de l'observation spatiale française et européenne. C'est d'ailleurs tout le sens du protocole d'accord que la startup, présidée à toute allure par Olivier Piepsz, a signé jeudi avec Naval Group. Les deux sociétés vont réaliser une étude commune visant à intégrer des données d'origine satellitaire dans la situation tactique navale des navires de guerre en vue d'anticiper toutes les menaces encourues par les navires de la Marine nationale et ceux vendus à l'export par Naval Group. "Il est fondamental pour un porte-avions ou une frégate de voir au-delà de sa ligne d'horizon, de disposer d'informations beaucoup plus précises et d'avoir enfin une permanence des observations au profit de la surveillance des navires", explique à la Tribune Olivier Piepsz.

"L'objectif de cette étude est de valider la faisabilité ainsi que la valeur ajoutée de l'intégration dans les systèmes d'informations de données satellitaires en temps réel sur les plateformes militaires de Naval Group, puis éventuellement d'étudier le marché pour ce type de service", précise le président de Prométhée.

Le spatial, nouvelle plus-value pour le naval

Le spatial devient de plus en plus indispensable au monde naval qu'il soit militaire et civil. C'est là où intervient les compétences de la startup : sa constellation Japetus, dotée de 20 satellites avec une résolution métrique (voire en dessous), qui sera déployée à partir de 2025, apportera une couverture géographique mondiale avec un taux de revisite journalière important (toutes les 45 minutes sous certaines latitudes). Cette constellation pourrait être un atout pour la surveillance de la zone économique exclusive (ZEE) française, l'un des plus importantes au monde (11 millions de km2).

Ces images satellites viendront non pas remplacer mais compléter les données issues de capteurs traditionnels à bord des bâtiments (radars, drones et avions déployés). Au-delà de la surveillance, la Marine nationale devrait pouvoir également s'en servir pour la poursuite de navires suspects. Les images satellites pourraient même aider à la détection de sous-marins. Ces services vont naturellement trouver des débouchés commerciaux dans le naval militaire mais aussi dans le domaine civil en lien avec la sécurité maritime (pollution, pêche et immigration illégale, trafics en toute genre, surveillance des côtes et des ports...).

Dans ce cadre, Prométhée fournira les données satellitaires à Naval Group, qui les proposera quant à lui à ses clients. Mais Prométhée vise beaucoup plus. Ce que la startup propose d'ores et déjà au monde naval, elle souhaite adapter ce service de données spatiales aux mondes terrestre et aérien.

Japetus sur la rampe de lancement

L'été a également apporté une très belle nouvelle à Prométhée. Si la startup a réussi le décollage de sa constellation de nanosatellites d'observation de la Terre Japetus, équipée de caméras multispectrales à haute résolution (Simera) développées par Safran Reosc, elle le doit notamment au plan de relance français. Ainsi, le CNES a décidé d'allouer 3,5 millions d'euros au démonstrateur Japetus dans le cadre du plan France Relance qu'il cogère avec la Direction générale des entreprises (DGE). "Avec les 20 satellites de la future constellation Japetus, les zones à surveiller seront observées toutes les 2 heures en moyenne et jusqu'à toutes les 45 minutes, soit une amélioration d'un facteur 10 par rapport aux systèmes spatiaux traditionnels", estime Prométhée.

Le premier satellite de Prométhée, "ProtoMéthée-1", est actuellement en fabrication chez le constructeur lituanien NanoAvionics pour une mise en orbite LEO en octobre 2023. Ce démonstrateur reposera sur une constellation à fort taux de revisite (20 fois plus de passages par jour). Les 20 satellites de la future constellation Japetus de Prométhée proposeront "une permanence dans l'espace et dans le temps sans précédent en Europe", souligne Prométhée. Des technologies d'intelligence artificielle embarquée et de la connectivité intraconstellation (notamment avec la constellation kineis) produiront des cycles d'information en quasi-temps réel.

Tous ces succès obligent Olivier Piepsz à accélérer la montée en puissance de Prométhée, qui après avoir levé près de 7 millions d'euros et obtenu une aide de 3,5 millions, a besoin d'une nouvelle levée de fonds de 11 millions d'euros d'ici à la fin de l'année. Une levée de fonds qui devrait être facilitée par le dynamisme commercial et technologique de Prométhée...

Michel Cabirol
En direct - Transition Forum 2022

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.