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La viande de cheval frappée par un nouveau scandale sanitaire

Photo de Giulietta Gamberini

latribune.fr

Publié le 16 décembre 2013 à 09:54 - Mis à jour le 16 décembre 2013 à 12:07

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Une vingtaine de personnes ont été interpellées ce matin dans le Sud de la France. Elles sont suspectées d'avoir fabriqué de faux papiers pour des chevaux impropres à la consommation, afin de revendre leur viande dans des boucheries.

Moins d'un an après la mise en cause du producteur de plats cuisinés Spanghero, la viande de cheval se retrouve au centre d'un nouveau scandale. Une opération de gendarmerie a été déclenchée ce lundi dans onze départements français afin de démanteler un réseau de trafiquants de ce produit, soupçonnés d'avoir réintroduit dans le circuit agro-alimentaire des centaines de chevaux ayant servi à la recherche médicale.

Une vingtaine de personnes ont été interpellées par les gendarmes, dont quatre membres d'une même famille à Narbonne (Aude), suspectées d'être les cerveaux du trafic, un informaticien présumé faussaire habitant à Reillanne (Alpes-de-Haute-Provence) et trois vétérinaires de Vauvert (Gard), Peyrins (Drôme) et Maurs (Cantal). Des personnels d'abattoir, notamment à Gérone en Catalogne, ainsi que des maquignons sont aussi accusés d'avoir participé à ce commerce.

La viande aurait bien été vendue comme du cheval

Les enquêteurs soupçonnent ce réseau d'avoir falsifié les documents obligatoires de traçabilité qui accompagnent normalement ces animaux afin de revendre la viande de chevaux impropres à la consommation dans des boucheries du Sud de la France, d'Espagne et peut-être d'Italie. Il n'y aurait néanmoins pas eu de tromperie sur la marchandise: la viande aurat bien été vendue comme du cheval.

Selon France 3 Languedoc-Roussillon, les chevaux en question était exclus du circuit agro-alimentaire car ils avaient participé à des programmes scientifiques de laboratoires de recherche ou d'entreprises pharmaceutiques comme Sanofi entre 2010 et 2012. Le trafic aurait également porté sur d'autres chevaux issus de centres équestres ou de particuliers et interdits à la consommation car traités avec des anti-inflammatoires et des antibiotiques.

Sanofi semble ne pas avoir été au courant du trafic

Selon France 3, néanmoins, à ce stade de l'enquête le groupe Sanofi semble avoir été abusé. Après avoir utilisé le sang des animaux pour la fabrication et la recherche de sérums ou de vaccins, le laboratoire pharmaceutique revendait les bêtes à un marchand de chevaux à 10 euros le cheval, somme bien inférieure aux frais d'équarissage (estimés à près de 250 euros l'animal).

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Les reventes étaient toutefois transparentes et légales selon le laboratoire, puisque les fiches médicales accompagnant les animaux précisaient "abattage interdit pour la consommation humaine". Mais, au lieu d'être transportés à l'équarrissage, les chevaux étaient revendus par les maquignons entre 500 et 800 euros chacun, selon France 3.

L'existence d'un risque sanitaire n'a pas encore été établie

La nature exacte des traitements effectués sur ces chevaux n'a pas encore été révélée par Sanofi, qui a précisé à France 3 "ne pas être en mesure de se prononcer sur la dangerosité de la consommation de viande de cheval provenant de leur laboratoire". Les vaccins expérimentés sur ces animaux auraient néanmoins été testés et homologués par l'Agence nationale de santé.

"A ce stade, rien ne permet de dire qu'il y a un  problème sanitaire", a également déclaré à l'AFP le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot.

Si la commercialisation à des fins de consommation humaine des animaux ayant servi à des programmes scientifiques est interdite, cela n'implique en effet pas toujours de risque réel pour le consommateur.

Dans l'attente des résultats de l'enquête, le ministre a également refusé d'établir toute corrélation entre ce trafic et un précédent révélé fin août en Europe (concernant 3000 chevaux impropres à la consommation). Mais, selon lui, la stratégie mise en place après le scandale Spanghero révèle ses fruits:

"Nous avons agi pour mettre sous pression ces filières afin de mettre à jour les pratiques frauduleuses (...). Nous avons créé un nouvel état d'esprit qui est de dire: stop aux fraudes", s'est-il félicité.
"Nous avons depuis le début de l'année mis sous surveillance la filière viande et la filière poisson en France. La France est le premier pays en Europe à avoir inscrit dans sa loi l'étiquettage de l'origine de la viande dans les plats préparés. Nous attendons maintenant de Bruxelles qu'elle nous donne le feu vert, je l'espère en janvier prochain", a aussi déclaré le ministre de la Consommation Benoît Hamon, tout en soulignant la différence entre cette affaire et celle Spanghero.

Un signalement anonyme a été à l'origine de l'enquête

L'opération, réalisée dans le cadre d'une information judiciaire conduite à Marseille et menée principalement dans le Sud de la France (Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Midi-Pyrénées) et en Espagne, mobilise une centaine de gendarmes français. L'enquête a été lancée par le parquet de Narbonne après la réception par la direction départementale de la protection des populations de l'Aude, en octobre 2012, d'une lettre anonyme accusant une société, la Narbonnaise des viandes, d'agissements frauduleux.

Les hommes de la section de recherche de la gendarmerie nationale de Montpellier ont ainsi découvert que, entre 2010 et 2012, au moins 200 chevaux ont été rachetés à Sanofi-Pasteur sur son site d'Alba-la-Romaine, en Ardèche, par un marchand de chevaux de Saint-Jean-de-Maruéjols (Gard). Ce dernier revendait les animaux à un négociant de Narbonne qui est suspecté d'être l'organisateur du trafic, explique France 3.

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Les interpellations déjà effectuées doivent s'accompagner de perquisitions au siège de négociants en viande et dans des abattoirs, avec la participation de la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires. Des recherches ont également été diligentées dans des locaux de Sanofi ainsi que dans un abattoir de Gérone (Espagne), de l'autre côté de la frontière, a indiqué l'une des sources à l'AFP.

latribune.fr

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