Accusé de contribuer à la déforestation, le boeuf brésilien délaissé par des distributeurs européens
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... ce française de l'UE.
Alors que la Commission européenne a présenté en novembre une nouvelle réglementation pour interdire dans l'Union européenne l'importation de soja, boeuf, huile de palme, bois, cacao, café, ainsi que certains produits dérivés (cuir, ameublement...), quand ils contribuent à la déforestation dans leurs pays de production, plusieurs groupes de grande distribution, dont Auchan ou Carrefour, se sont engagés à retirer de leurs rayons certains produits à base de boeuf soupçonnés d'être liés à la déforestation de l'Amazonie, même si les industriels brésiliens assurent qu'ils préservent l'environnement. C'est ce qu'a annoncé jeudi l'ONG Mighty Earth, après la publication d'une enquête du collectif de journalistes Reporter Brasil mettant en cause des groupes comme JBS, Marfrig et Minerva, tous spécialisés dans la viande.
Cette ONG les accuse de participer à la déforestation dans certaines régions du pays et soutient que certains produits liés à la déforestation se retrouvent dans les supermarchés européens, sous la forme de bœuf séché, de corned-beef ou de viande fraîche. Dans un communiqué, l'organisation américaine indique que "le partage par Mighty Earth des résultats de l'enquête, en amont de sa publication, avec les entreprises directement concernées, ont donné lieu aux déclarations d'aujourd'hui" de la part des distributeurs. Après le signalement de Mighty Earth, le groupe français Carrefour a retiré de ses magasins en Belgique une référence de la marque Jack Link's, qui fabrique une partie de son bœuf séché au Brésil avec JBS.
De son côté, Auchan a également dit à l'AFP avoir engagé une procédure de retrait d'un produit Jack Link's en France et être en train d'enquêter sur son origine. Le groupe rappelle par ailleurs qu'il ne s'approvisionne pas en bœuf brésilien pour ses marques distributeurs.
D'après Mighty Earth, la chaîne de supermarchés belge Delhaize s'est quant à elle engagée "à retirer tous les produits Jack Link's de ses rayons". L'ONG relève aussi les initiatives de plusieurs autres chaînes de grande distribution comme Lidl et Albert Heijn aux Pays-Bas ainsi que Sainsbury's et Princes au Royaume-Uni pour éviter de vendre du bœuf brésilien dont les producteurs seraient liés à des actions de déforestation.
Mais les groupes brésiliens rejettent les accusations comme quoi ils contribuent à la déforestation. JBS, numéro un mondial de la viande, a assuré dans un communiqué qu'il pratiquait une politique de tolérance zéro "pour la déforestation illégale".
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L'industriel a expliqué avoir mis en place il y a dix ans un système de "contrôle par satellite de ses fournisseurs" et avoir ainsi déjà exclu "plus de 14.000 fermes" qui ne respectaient pas son cahier des charges. Selon JBS, il n'est pas possible à ce jour de "contrôler de la même façon les fournisseurs des fournisseurs", mais le groupe dit avoir investi dans une nouvelle "plateforme verte" pour obtenir d'ici 2025 "une chaîne d'approvisionnement sans la moindre trace de déforestation illégale".
Marfrig a pour sa part affirmé dans un communiqué "être engagé dans le combat de la déforestation illégale depuis 2009 (...), suivant un protocole strict" que ses fournisseurs sont tenus de suivre.
Plusieurs grands groupes brésiliens ont été accusés récemment de "blanchiment de bétail". Cette pratique consiste à transférer des bovins d'une ferme dont la viande ne peut être exportée en raison de la déforestation illégale sur ses terres, vers une autre "propre", non frappée par ces interdits.
En tout cas, la déforestation a fortement augmenté depuis l'arrivée au pouvoir en janvier 2019 du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, favorable à l'exploitation minière ou agricole de zones protégées et de territoires réservés aux indigènes.
Jeudi, Emmanuel Macron a déclaré jeudi vouloir faire "avancer les négociations sur la mise en place d'un instrument européen de lutte contre la déforestation importée" durant la présidence française de l'Union européenne au premier semestre 2022.
La France veut faire de la déforestation importée une priorité lors de sa présidence de l'UE et a mis au point des outils qui permettent aux entreprises de ne pas acheter de matières premières contribuant à ce phénomène. En 2018, la France s'est engagée à mettre fin d'ici 2030 à la déforestation liée à l'importation de produits y contribuant dans les filières cacao, hévéa, soja, huile de palme, bois et ses produits dérivés, bœuf et produits tirés du bœuf.
"Nous en faisons la promotion à tous les niveaux des collectivités", avec un guide de bonnes pratiques des achats publics dans les domaines de la restauration, des transports, du bâtiment et de l'immobilier qui sera remis à jour prochainement. La démarche concerne aussi les entreprises, sur la base du volontariat.
La France est un "des premiers pays à avoir mis en œuvre des outils pour définir les produits et les zones à risque", avait ajouté Bérangère Abba.
"Cela nécessitait des outils satellitaires, nous les avons et nous pouvons à présent les croiser avec les données douanières" anonymisées pour respecter le secret commercial.
Un outil a notamment été mis au point concernant la filière soja, en coopération avec des ONG. Des distributeurs, comme Carrefour, Auchan, Lidl, des industriels comme Herta ou LDC ont signé un manifeste "pour lutter contre la déforestation importée liée au soja".
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Le but de cet outil est "d'amener de la transparence à l'utilisateur final de soja, la distribution ou les industriels, pour garantir au consommateur que ce qu'il achète comme produit ne contribue pas à la déforestation", a complété Thomas Sembres de l'Institut européen des forêts.
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