Après la signature à Glasgow, lors de la COP 26, d'un accord international inédit visant à arrêter la déforestation en 2030, la lutte pour la préservation des "poumons de la planète" s'apprête à franchir une autre importante étape.
Dans le cadre de son Pacte vert pour l'Europe, la Commission européenne doit présenter, mercredi, un projet de législation s'attaquant à un volet méconnu de ce fléau: la "déforestation importée". Car, en consommant des produits contenant de l'huile de palme, des animaux nourris au soja, mais aussi du bois, du café, du chocolat, etc., sans regarder ni provenance ni méthodes de fabrication, les Européens contribuent indirectement, et souvent sans en être conscients, à la déforestation à travers le monde.
Selon une étude publiée par le WWF en avril, l'Union européenne, avec des importations qui représentent 16% de la déforestation liée au commerce mondial, est même le deuxième plus grand importateur de matières premières liées à la déforestation, après la Chine (24%), loin devant l'Inde (9%) et les États-Unis (7%). Ces importations européennes ont causé la destruction de 3,5 millions d'hectares de forêts entre 2005 et 2017: autant que si la ville de Lyon avait été rasée chaque semaine pendant douze ans, souligne le WWF. "Ces importations ont représenté 1.807 millions de tonnes de CO2, ce qui équivaut à 40% des émissions annuelles globales de l'Union européenne", ajoute l'ONG, en insistant aussi sur leur impact dévastateur en termes de biodiversité.
La Commission européenne espère donc mettre le Marché unique, principal outil d'intégration de l'UE, au service de cette cause.
L'enjeu est de conditionner désormais l'accès à ce grand marché au respect de règles garantissant que les produits importés et leurs matières premières n'ont pas contribué à la déforestation ailleurs dans la planète.