Une matinée avec la ministre Annie Genevard, des rencontres avec les syndicats agricoles, les Chambres d'agriculture, les représentants des différentes filières... Le commissaire européen à l'Agriculture et à l'Alimentation, Christophe Hansen, s'est rendu hier et aujourd'hui au Salon international de l'Agriculture, à Paris, où il a multiplié les rendez-vous.
Une semaine après la présentation de sa « vision » pour la prochaine mandature, il y était très attendu par des agriculteurs aussi dépendants de la Politique agricole commune (PAC) de l'Union européenne que de plus en plus méfiants vis-à-vis de ses règles et ses contraintes.
Comme Emmanuel Macron lors de son inauguration samedi, le commissaire s'est employé à prouver que, depuis les manifestations agricoles de l'hiver dernier, le vent a changé aussi à Bruxelles. « La vision sur le futur de l'agriculture et de l'Alimentation i marque un changement de cap », notamment par rapport à l'ancienne stratégie « De la fourche à la fourchette » décriée par les partisans d'une agriculture productiviste, a-t-il martelé.
« On mise beaucoup sur la compétitivité, qui pendant ces cinq dernières années était passée au second plan. La souveraineté alimentaire est à nouveau au premier plan », a-t-il précisé lors d'une rencontre avec quelques journalistes, à laquelle La Tribune a participé.
Malgré l'intention exprimée par la Commission européenne de réorganiser et assouplir la répartition du prochain cadre financier pluriannuel, qui inquiète les milieux agricoles, les moyens pour la PAC seront là, a assuré Christophe Hansen. « Ma lettre de mission dit clairement que défendre les paiements directs pour les agriculteurs est l'une des priorités politiques de la présidente de la Commission européenne [Ursula von der Leyen]. Et le Dialogue stratégique sur l'agriculture et l'alimentation (organisé au printemps dernier par la Commission) réaffirme clairement la nécessité d'un budget spécifique et à la hauteur du défi » pour l'agriculture, a-t-il observé.