AgTech : M2i, expert français du biocontrôle, lève 60 millions d'euros

 |   |  530  mots
Dans le seul Hexagone, où l'attente sociétale pour une alimentation plus saine et durable croît, mais où les exigences réglementaires sont strictes et les procédures d'homologation longues, le marché du biocontrôle a crû de 24% en 2018, en s'établissant à 170 millions d'euros, selon le tout dernier baromètre de l'association des professionnels du secteur, IBMA.
Dans le seul Hexagone, où l'attente sociétale pour une alimentation plus saine et durable croît, mais où les exigences réglementaires sont strictes et les procédures d'homologation longues, le marché du biocontrôle a crû de 24% en 2018, en s'établissant à 170 millions d'euros, selon le tout dernier baromètre de l'association des professionnels du secteur, IBMA. (Crédits : Reuters)
En six ans l'entreprise a développé 19 familles de brevets, et lancé plus de 60 produits alternatifs aux insecticides de synthèse dans 25 pays.

Surfer sur la vague de la transition agricole et alimentaire, et consolider sa place parmi les leaders mondiaux de la protection biologique des plantes. Tel est l'objectif de M2i Life Sciences, AgTech française qui vient de réaliser une levée de fonds de 60 millions d'euros. Créée en 2012 par deux entrepreneurs, Philippe Guerret et Bruno Geny, la startup reproduit en laboratoire, par biomimétisme, des phéromones : des odeurs naturelles des insectes permettant d'éloigner les ravageurs des plantes, et donc d'éviter l'utilisation d'insecticides.

En 6 ans, M2i, qui compte désormais 170 salariés dont un quart en recherche et développement, et quatre sites en France (à Arles, Cahors, Pau et en Île-de-France), a développé 19 familles de brevets, couvrant les technologies de synthèse, formulation et application. Elle commercialise déjà plus de 60 produits dans 25 pays, destinés tant aux jardins privés et aux espaces verts qu'aux exploitations agricoles, auxquels s'ajoutent une vingtaine de produits en attente d'homologation.

Un marché en croissance

C'est justement à l'homologation des produits destinés aux grandes cultures non encore commercialisés, et à la structuration de leur distribution, que doivent surtout servir les fonds frais levés avec, en ligne de mire, l'enjeu d'imposer les alternatives aux insecticides de synthèse au-delà de l'agriculture bio, explique Philippe Guerret, PDG de M2i.

"Dans un marché mondial des insecticides de biocontrôle estimé à trois milliards de dollars, il y a de la place à prendre par les entreprises françaises, qui bénéficient d'un contexte productif, industriel, académique et politique favorable", estime l'entrepreneur.

Dans le seul Hexagone, où l'attente sociétale pour une alimentation plus saine et durable croît, mais où les exigences réglementaires sont strictes et les procédures d'homologation longues, le marché du biocontrôle a crû de 24% en 2018, en s'établissant à 170 millions d'euros, selon le tout dernier baromètre de l'association des professionnels du secteur, IBMA. Si aujourd'hui il représente plus de 8% du marché de la protection des plantes, il pourrait atteindre 15% dès 2021, et 30% en 2030, selon la même source. Or, la courbe est encore plus penchée hors Europe, notamment en Afrique, "où l'on est en train de basculer directement d'une agriculture traditionnelle à une agriculture respectueuse de l'environnement", mais aussi en Amérique latine et en Asie, qui rejoint la transition écologique à grands pas, explique M2i Life Sciences.

Cinq investisseurs

La levée de fonds a eu lieu via une augmentation de capital auprès de cinq investisseurs de référence : le gestionnaire de fonds anglo-saxon ADM Capital; les holdings d'investissement des familles Bettencourt-Meyers (Téthys Invest) et Mulliez (Creadev); le fonds de la Fondation de France géré par Raise Impact, France 2i; et l'actionnaire historique de M2i, Idinvest Partners, notamment son équipe capital croissance qui désormais porte le nom d'Eurazeo Growth.

Des "partenaires engagés sur le long terme, combinant connaissance des mécanismes du marché de l'agriculture, expertise dans le domaine des activités à fort impact environnemental et savoir-faire dans le domaine de la distribution", se réjouit dans son communiqué l'entreprise.

En 2015, elle avait déjà levé 5 millions d'euros, suivis d'une autre vingtaine en 2017.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/09/2019 à 19:27 :
Entreprise de toutes façons hautement performante si on la compare aux 60 milliards de dettes de BAYER.
a écrit le 09/09/2019 à 17:42 :
Levée très rare pour la France à mettre à côté de celle de Ynsect de 110 millions dans le premier semestre. La France n'excelle pas du tout dans le biotech (et dans l'industrie) et les levées se concentrent historiquement plus dans les services. C'est donc un symptome que quelque chose est peut-être en train de changer pour le mieux, ce qui en France est suffisamment rare pour être souligné.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :