consolider sa place parmi les leaders mondiaux
de la protection biologique des plantes. Tel est l'objectif de M2i Life Sciences, AgTech française qui vient de réaliser une levée de fonds de 60 millions d'euros. Créée en 2012 par deux entrepreneurs, Philippe Guerret et Bruno Geny, la startup reproduit en laboratoire, par biomimétisme, des phéromones : des odeurs naturelles des insectespermettant d'éloigner les ravageurs des plantes, et donc d'éviter l'utilisation d'insecticides.
En 6 ans, M2i, qui compte désormais 170 salariés dont un quart en recherche et développement, et quatre sites en France (à Arles, Cahors, Pau et en Île-de-France), a développé 19 familles de brevets, couvrant les technologies de synthèse, formulation et application. Elle commercialise déjà plus de 60 produits dans 25 pays, destinés tant aux jardins privés et aux espaces verts qu'aux exploitations agricoles, auxquels s'ajoutent une vingtaine de produits en attente d'homologation.
C'est justement à l'homologation des produits destinés aux grandes cultures non encore commercialisés, et à la structuration de leur distribution, que doivent surtout servir les fonds frais levés avec, en ligne de mire, l'enjeu d'imposer les alternatives aux insecticides de synthèse au-delà de l'agriculture bio, explique Philippe Guerret, PDG de M2i.
Dans le seul Hexagone, où l'attente sociétale pour une alimentation plus saine et durable croît, mais où les exigences réglementaires sont strictes et les procédures d'homologation longues, le marché du biocontrôle a crû de 24% en 2018, en s'établissant à 170 millions d'euros, selon le tout dernier baromètre de l'association des professionnels du secteur, IBMA. Si aujourd'hui il représente plus de 8% du marché de la protection des plantes, il pourrait atteindre 15% dès 2021, et 30% en 2030, selon la même source. Or, la courbe est encore plus penchée hors Europe, notamment en Afrique, "où l'on est en train de basculer directement d'une agriculture traditionnelle à une agriculture respectueuse de l'environnement", mais aussi en Amérique latine et en Asie, qui rejoint la transition écologique à grands pas, explique M2i Life Sciences.
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La levée de fonds a eu lieu via une augmentation de capital auprès de cinq investisseurs de référence : le gestionnaire de fonds anglo-saxon ADM Capital; les holdings d'investissement des familles Bettencourt-Meyers (Téthys Invest) et Mulliez (Creadev); le fonds de la Fondation de France géré par Raise Impact, France 2i; et l'actionnaire historique de M2i, Idinvest Partners, notamment son équipe capital croissance qui désormais porte le nom d'Eurazeo Growth.
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En 2015, elle avait déjà levé 5 millions d'euros, suivis d'une autre vingtaine en 2017.
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