Alimentaire : Il faudra "passer par des hausses des prix" pour éviter les "rayons vides", prévient le groupe Agrial
Nathalie Jourdan
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Peu connu du grand public sous son nom, le groupe coopératif Agrial, dont le siège est installé à Caen, détient 59 marques dont Florette : numéro 1 européen de la salade fraiche en sachet pour lequel il vient d'inaugurer une nouvelle usine en Catalogne.
A la tête d’un portefeuille d’une soixantaine de marques dont Florette, Soignon, Primeal, et Loïc Raison, le Normand Agrial, prépare les esprits à une forte augmentation des prix des produits alimentaires. « Pour nous, c’est une question de survie », expliquent les dirigeants du premier groupe coopératif français multi-spécialisé dans l’agricole et l’agro-alimentaire.
Une poussée inflationniste comparable à celle qui a suivi le premier choc pétrolier des années 70. C'est, à l'instar de Bruno Le Maire, ce que s'attendent à vivre les dirigeants de la coopérative normande Agrial. La prédiction mérite d'être prise au sérieux. Plus connu sous ses marques telles que Crealine ou Danao, le groupe caennais est un poids lourd français de l'agriculture et de l'agro-alimentaire (6,2 milliards de chiffre d'affaires - 22.000 salariés).
Omniprésent dans les rayons des supermarchés, il est actif dans quasiment tous les compartiments : le lait, la viande, les céréales, les boissons et les légumes. Son modèle très diversifié et son expansion internationale lui avaient permis jusqu'ici de bien résister à la pandémie mais l'instabilité mondiale qui se prolonge invite ses responsables à la prudence. « La superposition des crises est anxiogène », résume son directeur général Arnaud Rigoulet.
Déjà en butte à la flambée du prix des emballages qu'il chiffre à + 30% et à des variations climatiques de plus en plus fréquentes, le groupe s'attend à être percuté de plein fouet par la hausse galopante des prix de l'énergie et de ceux des engrais azotés qu'il fournit à ses adhérents à raison de milliers de tonnes par an.
Réputé pour sa gestion prudente, Agrial a eu beau se couvrir en décembre en stockant pour 200 millions d'euros de matières premières et d'équipements - un niveau inédit -, son président anticipe des lendemains qui déchantent. « Quand on voit les propositions de couverture qui nous sont faites pour 2023 et 2024, il y a de quoi tomber à la renverse », s'alarme Ludovic Spiers. Pour l'intéressé, les consommateurs doivent donc se préparer à une forte augmentation des prix de l'alimentaire.
Bras de fer en perspective
A la veille d'un nouveau round de négociations avec la grande distribution, la coopérative normande n'entend manifestement pas céder un pouce de terrain aux grandes centrales d'achat. « Il nous faut retourner à la bataille, il n'y a pas d'autre solution, insiste Arnaud Rigoulet. C'est une question de survie ». Si les dirigeants d'Agrial savent gré au ministre de l'Agriculture de ses efforts pour arrondir les angles entre les parties, ils semblent se préparer à un bras de fer. «
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