Appellation "champagne" en Russie : la France "ne lâchera rien", affirme Julien Denormandie

Les pourparlers entre les diplomates russes et français n'ont pas encore abouti à un compromis pour les marques de champagne françaises, soumises à de nouvelles règles d'étiquetage sur le sol russe. "On multiplie les discussions avec détermination", a encore assuré Julien Denormandie, le ministre de l'Agriculture.

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L'un des plus illustres producteurs, Moët Hennessy (groupe LVMH), a cédé au changement d'étiquetage réglementaire
L'un des plus illustres producteurs, Moët Hennessy (groupe LVMH), a cédé au changement d'étiquetage réglementaire (Crédits : SHAMIL ZHUMATOV)

Les bouteilles de champagne produit en France vont-elles revenir au pays des Tsars sous l'étiquette "Shampanskoe" ? Depuis le 2 juillet - et la nouvelle loi viti-vinicole russe qui oblige les distributeurs de champagne à troquer le titre prestigieux de "champagne" contre celui de "vin pétillant"-, le gouvernement français bataille. Suite à cette loi, pour le moment, les exportations vers la Russie sont suspendues. Si le manque à gagner est limité pour la filière, la Russie étant le 15e marché d'exportation, avec environ 2 millions de bouteilles sur les 150 millions vendues en moyenne chaque année hors de l'Hexagone, la France veut défendre son actif.

"Le seul champagne est français", a réaffirmé vendredi le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie au cours d'une visite à la Foire de Châlons.

"Je rencontre les professionnels de la filière cet après-midi. Nous avons sollicité les autorités russes", a indiqué le ministre. "On multiplie les discussions avec détermination. On ne lâchera rien", a assuré le ministre.

Selon le maire d'Epernay, Franck Leroy, "on se dirige vers une solution diplomatique entre la France et la Russie".

Une marque du groupe LVMH a joué cavalier seul

La direction du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) a toutefois fait part vendredi matin d'une absence de réponse à ce stade à la lettre commune envoyée par les ministres Bruno Le Maire, Julien Denormandie et Franck Riester à leurs homologues russes.

Le Comité interprofessionnel du vin de Champagne a conseillé aux producteurs de ne pas se plier à la nouvelle loi russe et de suspendre temporairement les exportations.

Mais l'union derrière l'image de marque s'était en plus un peu fissurée. L'un des plus illustres producteurs, Moët Hennessy (groupe LVMH, propriétaire des marques Ruinart, Moët et Chandon, Veuve Cliquot, Krug, Mercier, ou encore Dom Perignon), a cédé au changement d'étiquetage réglementaire et choisi de reprendre au plus vite les livraisons de ses différents champagnes.

De son côté, le président du conseil régional des Hauts-de-France Jean Rottner a indiqué qu'il devait s'entretenir de ce sujet avec le ministre en fin de journée.

La reconnaissance de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Champagne remonte à 1936, aboutissement de la mobilisation des vignerons du terroir champenois, soit 34.000 hectares de vignes aujourd'hui, à 150 km à l'est de Paris.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 04/09/2021 à 9:53
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Non c'est le lobby du vin qui le dit mais que faire contre une puissance souveraine telle que la Russie ? Ben on va encore sacrifier les citoyens français.

à écrit le 03/09/2021 à 19:38
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En fait c'est la contre étiquette qui doit être mise à jour, celle qui porte les infos légales, pas l'étiquette... beaucoup de bruit pour rien. L'intention était de recadrer les champagnes russes qui n'en sont pas, bad side effect.

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