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Les champagnes ne peuvent plus s'appeler "Shampanskoe" en Russie : les producteurs interpellent la France et l'UE

latribune.fr

Publié le 05 juillet 2021 à 15:57 - Mis à jour le 06 juillet 2021 à 05:14

Le contexte du marche du champagne pour 2016 pousse laurent-perrier a la prudence

Le marché russe ne représente que 35 millions d'euros de revenus à l'export pour les producteurs de champagne.

© ERIC THAYER / Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La fronde des producteurs de champagne se poursuit, en réaction à une loi votée par la Russie, qui oblige l'inscription "vin pétillant" à la place de "champagne" sur les étiquettes de cette boisson de luxe. Une levée de bouclier davantage culturelle qu'économique, dans la mesure où le pays de Vladimir Poutine représente seulement le 15e du marché mondial pour les exportations françaises.

L'affaire de l'appellation "champagne" en Russie pourrait prendre un tournant politique, culturel et diplomatique. Dans le sillage des prestigieuses maisons de champagne du groupe LVMH, - qui ont décidé de suspendre les exportations avant de se raviser en fin de week-end - le comité champagne s'est lui aussi dit "scandalisé" par la nouvelle législation russe et appelle à suspendre le commerce du champagne avec ce pays. Ce collectif, qui regroupe l'essentiel des vignerons et maisons de champagne, appelle également les diplomates français et européens à intervenir dans ce dossier. Miriam Garcia Ferrer, porte-parole de la Commission européenne, a dit être informée du changement législatif en Russie. "Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger nos droits et prendrons les mesures nécessaires si cette loi entre en vigueur", a-t-elle déclaré.

Cette escalade d'indignation fait suite à une nouvelle loi votée par la Russie de Vladimir Poutine. Cette législation, signée par le président vendredi dernier, oblige les distributeurs de marques de champagne à inscrire sur la contre-étiquette, placée au dos de la bouteille, la mention "vin pétillant". Ils ne peuvent donc plus utiliser exclusivement l'appellation champagne, laquelle est désormais uniquement réservée aux vins effervescents russe, ce qui provoque l'ire des producteurs français attachés à l'appellation d'origine contrôlée, garantie également par le droit européen.

Lire aussi 4 mnUne loi russe qualifie les champagnes de "vins pétillants" : LVMH stoppe les livraisons vers la Russie

Selon le Comité Champagne, "si les vins de Champagne conservent le droit exclusif d'utiliser le nom « Champagne » en caractères latins sur l'étiquette principale", cette nouvelle loi les oblige à renoncer au terme « Shampanskoe » - traduction du nom Champagne en russe - et à se présenter sous le terme vin pétillant en caractères cyrilliques sur la contre-étiquette.

"Cette réglementation n'assure pas aux consommateurs russes une information claire et transparente sur l'origine et les caractéristiques des vins", assure le comité, regrettant que cette loi "remette en cause plus de vingt ans de discussions bilatérales entre l'Union européenne et la Russie sur la protection des appellations d'origine".

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Appellation d'origine contrôlée, le terme "champagne" est jalousement défendu par la France, qui rappelle que le vin doit provenir d'un périmètre précis dans la région du même nom pour avoir droit de s'en prévaloir.

Un marché pas très important pour les producteurs français

Toutefois, cette levée de bouclier semble être davantage justifiée par des considérations politiques ou culturelles plutôt qu'économiques, au regard de la faible part de marché que représente la Russie pour les producteurs français. "C'est notre patrimoine commun et la prunelle de nos yeux", expliquent Maxime Toubart et Jean-Marie Barillère, au sujet de l'appellation, coprésidents du Comité Champagne, invitant les entreprises champenoises à cesser leurs livraisons vers la Russie jusqu'à nouvel ordre.

En 2020, les exportations françaises dans le monde ont généré 4,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Au total, ce sont 244 millions de millions de bouteilles qui ont été exportées, selon le Comité champagne. Avec 1,9 million de bouteilles de champagne exportées en Russie, ce marché n'est pas dans le top 10 des marchés mondiaux les plus porteurs, selon les autres données fournies par une autre organisation, l'"Union des Maisons de champagne".

Le Royaume-Uni (21,3 millions de bouteilles soit 16,3% du total), les Etats-Unis (20,8 millions de bouteilles soit 15,9%) et l'Allemagne (10,1 millions de bouteilles soit 7,7%) sont les pays trois pays qui reçoivent le plus de champagne en provenance de la France, selon les chiffres de l'Union des maisons de Champagne. Selon les autres données fournies par le comité de Champagne, les USA seraient le premier marché avec pas moins de 500 millions d'euros de chiffre d'affaires, le Royaume-Uni le deuxième (338,23 millions d'euros) et le Japon, troisième (270 millions d'euros). La Russie, quant à elle, pointe au 15e rang des marchés d'exportation, pour un volume d'affaires d'environ 35 milliards d'euros.

Le marché russe est toutefois en progression. Entre 2015 et 2020, le nombre de bouteilles exportées a augmenté de 72%, passant de 1,1 million d'unités à 1,9 million. Signe de son dynamisme, malgré une demande mondiale en baisse en 2020 à cause du Covid-19, le marché russe a bien résisté, affichant le même volume que l'année précédente.

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Globalement, 13 % des 50 millions de litres de mousseux et de champagne importés chaque année par la Russie viennent de France. Quant à Moët-Hennessy du groupe LVMH, il ne capte que 2 % de ce marché.

latribune.fr

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