Alors que l'examen par l'Assemblée nationale de la proposition de loi Duplomb vient de rallumer le débat sur les pesticides, le gouvernement a réuni ce matin le premier comité d'orientation stratégique et de suivi (COS) du plan Écophyto depuis la crise agricole de 2024, en présence des ministres de l'Agriculture, de la Transition écologique, de la Santé et de la Recherche. Dans ce cadre, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) rend public un rapport attendu depuis un an, intitulé « Vers un indicateur harmonisé pour quantifier l'utilisation des produits phytopharmaceutiques et les risques associés ». Commandé par le gouvernement en juin 2024, il est censé « établir un bilan des avantages et limites de l'indicateur HRI1 », c'est-à-dire celui qui est désormais utilisé en France pour suivre la réduction de l'usage et des risques de pesticides.
Dans la stratégie Écophyto 2030, publiée le 6 mai 2024, qui a confirmé l'objectif français de réduction de 50 % (par rapport à la moyenne triennale 2011-2013) de cet usage et de ces risques d'ici à 2030, l'HRI1 (l'« indicateur de risque harmonisé 1 »), calculé par la Commission européenne, est effet venu remplacer le Nodu (nombre de doses unités). Ce dernier était âprement critiqué par les agriculteurs car il ne rendait suffisamment compte, à leurs yeux, de leurs efforts pour réduire leur dépendance des produits phytopharmaceutiques. Mais sa substitution a déplu à de nombreux chercheurs et ONG, en raison de plusieurs biais entachant le HRI1.
Le gouvernement avait donc demandé à l'Inrae de « proposer des évolutions de sa méthodologie de calcul ». Jean-Noël Aubertot, premier auteur du rapport et président du conseil scientifique et technique Écophyto explique à La Tribune ses conclusions.
LA TRIBUNE — Le gouvernement vous a demandé d'établir un bilan de l'HRI1. Quel est-il?