Réuni en congrès annuel, le syndicat agricole majoritaire espérait obtenir une date pour l'examen par l'Assemblée nationale d'une loi sur les pesticides plusieurs fois repoussée. Déçus par la ministre de l'Agriculture, ils promettent de se mobiliser.Les agriculteurs du syndicat professionnel majoritaire, la FNSEA sortent de leur 79e congrès déçus. Jeudi, à Grenoble, lors de la séance de clôture de leurs trois jours de réunion, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, ne s'est pas engagée sur une nouvelle date pour l'examen à l'Assemblée nationale de la « proposition de loi visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur » - dite « Duplomb-Menonville » du nom des sénateurs à l'origine du texte.
Pourtant, peu avant, le président du réseau agricole, Arnaud Rousseau, l'avait publiquement interpellée : « Depuis plusieurs semaines nous naviguons à vue sur les dates d'examen. (...) Osez-vous, en dehors de la caisse de résonance médiatique du Salon de l'Agriculture, nous donner une date et enfin vous y tenir ? »
Réintroduction des néocotinoïdes
Adoptée par le Sénat fin janvier, cette proposition de loi réintroduit notamment, à titre dérogatoire et exceptionnel, l'acétamipride : un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France depuis 2018, mais autorisé ailleurs en Europe jusqu'en 2033. Elle modifie aussi le fonctionnement de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), chargée de prononcer les autorisations de mise sur le marché des produits phytosanitaires, et qui serait désormais encouragée à « prioriser » les dossiers liés aux filières les plus menacées. Elle assouplit encore la séparation entre la vente et le conseil pour ces intrants, la réglementation sur les élevages industriels, et facilite la construction d'ouvrages de stockage d'eau.
Des mesures soutenues par la FNSEA et la droite sénatoriale, mais rejetées par les défenseurs de l'environnement et les partis de gauche. Et par la ministre de la Transition écologique. Agnès Pannier-Runacher, s'est, en effet, elle aussi dite opposée à la réintroduction des néocotinoïdes et aux dispositions sur l'Anses. De son côté, Annie Genevard qui avait émis un « avis de sagesse », ni favorable ni défavorable, sur l'acétamipride au Sénat.