Relever Kering et Gucci : Luca de Meo défend une méthode musclée
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Luca de Meo va prendre officiellement la direction générale de Kering le 15 septembre.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Luca de Meo va prendre officiellement la direction générale de Kering le 15 septembre.
Reuters
[Article publié le mardi 9 septembre 2025 à 13 h 05, mis à jour à 17 h 22]
Luca de Meo veut « agir sans délai ». Alors qu'il ne prendra son poste de directeur général de Kering que le 15 septembre, l'ancien patron de Renault a fixé son cap en prenant la parole ce mardi, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'entreprise.
Et son message a été clair. Relever le groupe de luxe « exigera des choix clairs et forts » a-t-il affirmé, avant de reconnaître que « ces décisions ne seront pas toujours faciles ». Un alarmisme a la hauteur de l'inquiétante situation dans laquelle est embourbée l'entreprise fondée par François Pinault.
Alors qu'elle enchaîne les mauvais résultats depuis 2023, le premier semestre 2025 a été l'un des pires exercices. Les ventes du groupe ont baissé de 15 % (en comparable) et son résultat opérationnel a dégringolé de 39 % sur un an pour le premier semestre, à 969 millions d'euros. Il avait déjà dévissé de 42 % l'année dernière. L'ancien patron de Renault va donc devoir se transformer en chirurgien durant quelque temps pour arrêter l'hémorragie. Ce qui passera par deux étapes cruciales.
« Le premier défi de Luca de Meo, c'est de faire retrouver à Kering le chemin de la croissance. Et cela passera avant tout par le redressement de la trajectoire de croissance de Gucci », explique à La Tribune Charles Louis Scotti, analyste spécialiste du luxe chez Kepler Cheuvreux.
À lire également
Les ventes de la maison iconique ont fondu de 25 % au premier semestre. Pire encore, son résultat opérationnel a été divisé par deux. Un (gros) cailloux dans la chaussure du groupe de luxe, puisque Gucci représente à lui seul 40 % de ses ventes et 60 % de ses marges. La faute à une stratégie qui s'est retournée contre la marque. Entre 2015 et 2023, celle-ci avait beaucoup misé sur les clients « aspirationnels » plus nombreux, mais au portefeuille plus fragile. Une décision qui s'est retournée contre la marque italienne avec la flambée inflationniste de ces deux dernières années. Gucci est aujourd'hui coincé entre des clients « aspirationnels », qui se serrent la ceinture, et des clients haut de gamme, qui se détournent des produits de la marque, les jugeant trop « abordables ».
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

GravitHy : derrière l’investissement de l’américain Ecolab, la problématique de l’enjeu hydrique
Farine d'insectes : Innovafeed lève 51 millions d'euros mais supprime 60 postes
Nucléaire : une nouvelle chaire industrielle pour mieux estimer la durée de vie des centrales
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France