L’accord des 15 % de droits de douane passé entre les États-Unis et l’Europe touche le luxe français. Pilier de l’industrie française, il n’est pas exempté de taxe comme l’aéronautique. Et ce, alors que le secteur traverse une crise structurelle.Le nouvel accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis, signé le 27 juillet 2025 par Donald Trump et Ursula von der Leyen, impose un droit de douane uniforme de 15 % sur la majorité des produits européens exportés vers les États-Unis. Le secteur du luxe, un des piliers des exportations françaises, n'échappe pas à cette mesure : contrairement à l'aéronautique, il n'a pas bénéficié d'exemptions.
Tous les produits sont concernés : maroquinerie, joaillerie, parfums, spiritueux, cosmétiques. Mais « l'ensemble des marques ne sont pas toutes logées à la même enseigne », explique Gilles Auguste, spécialiste du luxe au sein du cabinet de conseil Kea.
Des groupes inégalement exposés selon leur positionnement
De son côté, LVMH, leader français et mondial du secteur, se dit prêt à absorber cette hausse. Le groupe avait anticipé ce scénario et indique que les 15 % représentent « un bon résultat ». Il prévoit de compenser en augmentant ses prix et en déployant davantage sa production aux États-Unis, où il réalise un quart de ses ventes. LVMH vient d'ailleurs d'annoncer l'ouverture d'un quatrième atelier Louis Vuitton au Texas. Mais la marque au célèbre monogramme en possède 15 en France : la production américaine reste donc marginale. D'autant plus que certaines usines LVMH aux États-Unis rencontrent des difficultés, comme l'a révélé Reuters début avril. Le site de Rochambeau, confectionnant des sacs Vuitton, semble particulièrement concerné, limitant ainsi la production.
L'ouverture d'usines outre-Atlantique, un ersatz de solution qui n'est d'ailleurs pas toujours envisageable, comme le précise Gilles Auguste : « Parfois, le système de production est attaché au produit d'origine. » C'est le cas de Kering. En mai, son PDG François-Henri Pinault déclarait qu'« il n'y aurait pas de sens d'avoir des sacs Gucci italiens fabriqués au Texas », prenant ainsi ses distances avec une stratégie de délocalisation.