Natimpact lutte contre la mondialisation de l'alimentation

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(Crédits : Reuters)
Avec le confinement, le rituel des repas faits maison a pris un nouveau relief. Didier Suberbielle, le président de Natimpact, espère que cette expérience se traduira à l'avenir par des pratiques plus respectueuses des producteurs, plus locales et bio, bien sûr.

Et si les Français avaient retrouvé, à la faveur du confinement, le goût du bien manger ? Les repas faits maison - quiches, gâteaux et autres - qui ont même engendré un temps une pénurie de farine, viennent pour l'heure rythmer la vie quotidienne, repliée sur le noyau familial.

« L'alimentation est essentielle à notre bien être et la crise actuelle nous redit à quel point, dans ce domaine comme dans d'autres, la 'localité' est importante », déclare Didier Suberbielle, président de Natimpact. Le confinement pourrait  également être l'occasion pour chacun de se pencher sur ses pratiques de consommation alimentaire. Alors que l'alimentation représentait 29 % du total du budget de consommation des ménages dans les années 1960, cette part n'a cessé de baisser, pour atteindre environ 17% aujourd'hui. Avant la crise, en tout cas... « La part du budget alimentaire a augmenté avec le confinement, et j'espère qu'avec cette expérience, davantage de ménages consentiront à dépenser plus à l'avenir », avance-t-il. Dépenser plus, mais surtout, dépenser mieux.

Un état d'esprit

Car Didier Suberbielle, après une belle carrière au sein d'un groupe de luxe, où il présidait une société de champagne, a décidé de rejoindre Toulouse, sa ville natale, afin d'investir dans le secteur alimentaire et militer pour le bio, le local, le respect des producteurs, et contre la mondialisation de l'alimentation, les produits ultra-transformés, le rouleau compresseur de la grande distribution qui écrase les petits producteurs. Pour le bien de tous et celui de la planète. « Et cela vaut pour ceux qui entrent depuis quelques années dans le secteur bio, avec des chips, des boissons gazeuses et autres monstruosités ! Le bio doit être un état d'esprit ! », s'exclame l'investisseur.

Les valeurs qu'il porte sont incarnées par les sociétés composant le groupe Natimpact, qu'il a créé en février 2019 avec Frédéric Grunblatt et Marlène Castan, partenaires au sein de MCFG Invest, associés au fonds d'investissement Triodos Organic Growth Fund. L'ambition de Natimpact est de fédérer des PME autonomes de l'agroalimentaire bio et d'accompagner leur croissance, en renforçant notamment leur outil commercial et en mutualisant certaines activités administratives et numériques, tandis que la production, la R & D et le marketing restent au sein de chaque PME.

Accroître l'impact

Après une première acquisition, en 2019, celle de la société Naturgie, spécialiste de confiture bio à Villeneuve-sur-Lot, la deuxième étape de constitution du groupe Natimpact est venue en janvier 2020, avec l'achat, au groupe St Michel, du chocolatier Bovetti. Basé à Terrasson-Lavilledieu, en Dordogne, Bovetti, réputé pour ses créations innovantes, haut de gamme et bio, s'appuie ainsi sur une matière première impossible à produire localement, bien sûr, mais certifiée : les fèves de cacao proviennent de l'agriculture bio, en Equateur, au Pérou, à Sao Tomé et Saint Domingue, et les producteurs sont rémunérés correctement, sans avoir recours à des enfants pour le travail dans les plantations...

Et pas question d'en rester là. « Notre chiffre d'affaires est de 20 millions d'euros aujourd'hui, et nous espérons pouvoir le multiplier par 2,5 dans les années à venir, grâce notamment à de la croissance externe », indique le président de Natimpact. La société est à l'affût de nouvelles acquisitions possibles, dans l'épicerie sèche mais « ne s'interdit pas le frais », précise-t-il, pour ajouter : « Nous faisons notre part pour faire évoluer les habitudes de consommation, mais nous aurions un impact bien plus grand si nos activités étaient plus développées ». La société ne s'appelle pas Natimpact pour rien...

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Commentaires
a écrit le 12/04/2020 à 15:25 :
"qui ont même engendré un temps une pénurie de farine" relative, quand on vide un rayon, ça fait "pénurie" le temps de recevoir de quoi mettre à la place puis voir les gens dévaliser avant qu'il n'y en ait plus, et que le rayon soit encore approvisionné. Stock discontinu, taille de la réserve puis du camion qui livre, à quand un tuyau qui apporte la farine en GS, en vrac mais de façon continue ?
Je cherche du chocolat 90% local, ai pas encore trouvé, le réchauffement climatique n'est pas suffisant ? :-)
Mes yaourts au lait de Savoie fabriqués dans ma ville sont chers (2,15€/6, quatre fois plus cher que ceux de Lecl* mais d'origine "vague"), il faut choisir ce qu'on veut acheter, et assumer les prix. Local, peu de CO2 ne veut pas dire "pas cher", les producteurs locaux qui louent un local pour vendre, ça fait des frais (!), et le prix final est voisin ou plus élevée qu'en GS, même en ayant aucun intermédiaire (le commerce c'est un métier, une activité, ça prend du temps sur la production des fruits ou légumes, presque un poste à part donc des frais spécifiques. Y a des producteurs qui vendent sur place (ferme) le vendredi soir, ça évite de trop y passer de temps et les gens se déplacent)
a écrit le 12/04/2020 à 14:05 :
Nous allons être sauvés de la mondialisation de l'alimentation en mangeant du chocolat, de la confiture, des truffes et du caviar.
C'est l'article du 1er avril que vous aviez oublié de publier?
Réponse de le 13/04/2020 à 15:27 :
Non c'est du journalisme j'habite à Paris et je ne sais pas ce qu'est la vie.

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