Petit Bateau, Le Coq Sportif : deux destins opposés en pleine tempête
Esther Attias
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Cet été, les destinées de deux icônes françaises, Petit Bateau et Le Coq Sportif, se sont scellées différemment : l’une a trouvé un repreneur américain promettant de préserver sa production, l’autre a sombré dans la délocalisation et le redressement...
REUTERS/Charles Platiau
Feuilletons de l’été, Petit Bateau et Le Coq Sportif, marques à l’ADN français revendiqué, ont toutes les deux été vendues cet été. Deux marques cousines aux destins différents.
Même problématique, autre destin. Petit Bateau et Le Coq Sportif sont toutes deux centenaires — respectivement nées en 1893 et 1882. Elles détiennent chacune un site de fabrication dans l'Aube. Et surtout, elles sont toutes les deux « so French ».
Cet été, le destin des deux marques a été scellé, avec des issues bien différentes. La première a été vendue par son propriétaire, le Groupe Yves Rocher, au fonds d'investissement américain Regent, qui promet de garder la production et de préserver son usine de Troyes. La seconde est tombée dans l'escarcelle de l'homme d'affaires franco-suisse Dan Mamane, qui assume de délocaliser une partie de la production en Asie.
Maux classiques de la mode française
Petit Bateau, qui a enregistré un chiffre d'affaires de 178,5 millions d'euros en 2024 pour un déficit de 9,4 millions d'euros, avec 2 400 employés en France et à l'international, a été confronté aux problèmes qui accablent la mode française. Compétition accrue des enseignes à petit prix et des plateformes de vente en ligne comme Shein, essor des plateformes de seconde main, hausse des prix des matières premières.
A cela s'ajoute que l'enseigne, qui a délocalisé la majorité de sa production au Maroc et en Tunisie exploite toujours son usine de confection à Troyes. C'est cette composante industrielle qui a rendu le dossier plus compliqué, et a échaudé beaucoup de repreneurs potentiels.
« Irredressable »pour certains
Pour certains spécialistes du retournement, que Petit Bateau ait trouvé un repreneur relève du miracle. « Pour moi, c'est irredressable », observait encore un professionnel du secteur qui ne s'est pas positionné sur le deal, cet été. D'abord, l'usine de Troyes, faiblesse financière du dossier.
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Ensuite, note-t-il, « le groupe Yves Rocher a laissé Petit Bateau vivoter dans son coin. En conséquence, la marque a souffert d'un manque d'attention de ses propriétaires, et elle accuse un retard d'investissements et de réflexion sur son marketing. »