L’abattoir de dindes de Blancafort, dans le Cher, fermera au printemps 2025, condamnant une centaine d’emplois. À moins qu’un repreneur ne se manifeste d’ici là. En cause, la baisse drastique de la consommation française de dindes au profit du poulet.
Pressenti depuis plusieurs mois, notamment après le départ du dernier directeur en août, l'arrêt de l'abattoir Les Volailles de Blancafort, au nord du Cher, a été officialisé le 24 octobre lors du comité social et économique (CSE). Il se traduira par la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), prévoyant la suppression des 119 postes de l'entreprise.
En cause, le géant de l'agroalimentaire LDC, basé à Sablé-sur-Sarthe (Le Gaulois, Loué, Maître coq, etc.), compte stopper d'ici le 31 mars 2025, cette unité spécialisée dans l'abattage de dindes. L'arrêt des Volailles de Blancafort impactera aussi fortement l'écosystème en lien direct avec l'abattoir, soit une quarantaine d'éleveurs.
« La consommation de dindes en France a reculé de 42% en 20 ans, justifie un porte-parole du groupe LDC. En dépit d'un investissement de 14,5 millions d'euros depuis 2015, l'activité a entraîné des pertes de 31 millions d'euros dont neuf millions sur la seule année dernière. Malgré la recherche de solutions alternatives, la poursuite du travail est économiquement impossible ».
Deux raisons majeures expliquent la désaffection croissante des clients français vis-à-vis de la dinde au profit du poulet. Son prix est nettement plus élevé, tandis que sa chair, plus sèche, correspond de moins en moins aux habitudes de consommation dans l'Hexagone. En 2023, les poulets ont ainsi représenté 80% de la demande de volailles.
Si le constat de la baisse des volumes de dindes est évidemment admis par le secrétaire général de la FNSEA du Cher, Alexandre Cerveau, il estime que les solutions de poursuite de l'activité à Blancafort n'ont pas été suffisamment explorées. « Depuis 2022, l'unité Les Volailles de Blancafort a vu sa cadence d'abattage divisée par trois, passant de 60 000 dindes à seulement 20 000 depuis le début 2024, précise le syndicaliste agricole. Dans ce contexte, nous avons appelé LDC à se rabattre sur le poulet, qui a argué du montant trop important de l'investissement pour transformer et agrandir les installations actuelles ». La capacité de production des éleveurs de volailles situés dans un rayon de 100 kilomètres autour du site berrichon est également trop réduite. Il leur est impossible de livrer par semaine les 700 000 poulets (400 000 selon la FNSEA) nécessaires à une exploitation compétitive, selon LDC.
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