Les producteurs de volaille Label Rouge misent désormais sur les exportations. L'objectif: atteindre des nouveaux consommateurs là où la demande d'une volaille de qualité supérieure existe, mais où l'offre reste insuffisante.
La filière vise notamment les pays du Bénélux et la Scandinavie. D'une part, les consommateurs y sont sensibles au respect du bien-être animal comme aux qualités gustatives. D'autre part, les prix du foncier y rendent la production de volaille respectant le cahier des charges du Label rouge trop coûteuse, explique Marc Saulnier, président de la Commission économique et communication du Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf). Il voit dans les régions nordiques donc une énorme opportunité:
Avec 106 millions de volailles labellisées, aujourd'hui la filière Label Rouge représente 15% de la production française de volaille de chair. Mais alors qu'elle est la plus importante d'Europe, elle n'est exportée qu'à 3%, regrette le Synalaf. Or, conquérir de nouveaux marchés européens signifie produire davantage dans l'Hexagone, souligne le syndicat. Le Synalaf espère notamment augmenter le rythme des ventes dans les enseignes de la grande distribution belges, suédoises et allemandes où le Label Rouge est déjà présent, explique Marc Saulnier.
Le contexte inflationniste ne devrait pas affecter le projet. Certes, la hausse inédite des coûts de production, notamment ceux liés à l'alimentation animale, a déjà engendré une augmentation des prix en rayons, admet Marc Saulner. Cette inflation est destinée à continuer en raison de la grippe aviaire, qui a impliqué une baisse de la production française de 8-10% en volumes entre 2021 et 2022. Un retour à la normale n'est pas prévu avant le printemps 2023. C'est d'ailleurs grâce à la hausse des prix et à une demande constante que la filière a pu maintenir son chiffre d'affaires de plus d'un milliard d'euros, précise le Synalaf.