Tereos : la fermeture d'Escaudœuvres provoque la colère des salariés, des élus réclament des explications
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L'usine sucriere de tereos est visible derriere un champ de betteraves a escaudoeuvres
Pascal Rossignol
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L'usine sucriere de tereos est visible derriere un champ de betteraves a escaudoeuvres
Pascal Rossignol
Au lendemain de l'annonce du géant sucrier français Tereos de la fermeture d'une sucrerie et d'une distillerie, les salariés ont manifesté leur mécontentement ce jeudi 9 mars. « Non à la fermeture », pouvait-on lire sur un drap accroché aux grilles de l'usine concernée située à Escaudœuvres, dans le Nord, où 123 postes sont en jeu.
Un tracteur a par ailleurs été installé dans la matinée en travers de l'entrée du site par les employés, qui ont fait brûler une montagne de pneus et de planches en bois, a constaté une journaliste de l'AFP. « On bloque les sorties du sucre, des 40.000 tonnes qui se trouvent dans le silo et des graines pour la prochaine campagne », a déclaré Adrien Fené, 36 ans, chaudronnier et secrétaire CGT du CSE. Pour lui, l'usine ferme afin de « maximiser les profits » de Tereos. Il en veut pour preuve que « le site d'Escaudœuvres n'a jamais fait perdre d'argent au groupe ».
Au total, 149 postes pourraient être supprimés par le propriétaire de la marque Beghin-Say. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'un projet de « réorganisation de l'activité industrielle en France ». La distillerie concernée, sur les six que compte Tereos, est celle de Morains, dans la Marne, où 26 postes sont menacés.
Deuxième producteur mondial de sucre à base de betterave, Tereos justifie sa décision de fermer ces deux sites par « une réduction durable » de la production de ces racines en 2023-2024. Escaudœuvres, devrait ainsi fermer dans trois mois. La direction dit vouloir privilégier un reclassement des salariés en proposant « différents postes au sein des autres sites » dans la région. Trente postes seront maintenus au centre logistique du site, qui compte notamment des silos de stockage.
Le président du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand (LR), et des élus locaux ont réclamé dans un courrier l'organisation d'une réunion sous l'autorité du préfet « afin d'évoquer les vraies motivations de la fermeture de ce site ».
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Des explications que souhaite également le ministre de l'Agriculture. « Tereos doit assumer ses choix économiques en transparence, et les expliquer, alors que des engagements ont été pris en 2020 et 2021 sur la pérennité des outils industriels », a souligné Marc Fesneau sur Twitter.
Le ministre de l'Agriculture a indiqué avoir « demandé aux préfets concernés de réunir les acteurs locaux pour examiner la situation ».
Pour la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), le « principal facteur » de cette « réduction durable » de la production de betteraves évoquée par Tereos est due à l'interdiction des néonicotinoïdes. Ces insecticides nocifs pour les abeilles étaient utilisés par dérogation en France pour enrober les semences de betterave et les prémunir contre la jaunisse, transmise par un puceron vert. En 2020, la production de betteraves sucrières avait été amputée d'un tiers du fait de cette maladie virale, selon la CGB.
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En 2023, la France a dû renoncer à une nouvelle dérogation pour ces semences enrobées à la suite d'un avis de la justice européenne le 21 janvier dernier, à quelques semaines du début des semis. Résultat, pour 2022-2023, les surfaces cultivées ont déjà « diminué d'environ 7% » en moyenne, selon la CGB.
(Avec AFP)
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