Continental n'exclut pas de fermer d'autres sites en Europe

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Karl-Thomas Neumann, le patron de l'équipementier allemand continental, a réaffirmé mercredi dans un entretien à l'Agence France Presse (AFP) que la fermeture de l'usine française de Clairoix était "nécessaire" et n'a pas exclu de fermer d'autres sites en Europe. Continental table sur une amélioration notable au deuxième trimestre.

Karl-Thomas Neumann, le patron de l'équipementier allemand continental , a réaffirmé mercredi dans un entretien à l'AFP (Agence France Presse) que la fermeture de l'usine française de Clairoix était "nécessaire" et n'a pas exclu de fermer d'autres sites en Europe.

"Nous avons malheureusement des surcapacités si importantes dans les pneus que les mesures auxquelles nous travaillons actuellement sont nécessaires. Nous devons le faire, sinon nous menaçons toute la division de pneus. En France, nous sommes engagés dans des discussions constructives avec les salariés et au niveau politique. Je suis content que cela soit ainsi; quand on parle, on avance. Quoiqu'il en soit, notre projet est le même qu'il y a quatre semaines. C'est difficile, mais nous pouvons peut-être trouver des points d'accord, des solutions conciliant tout le monde" indique-t-il.

S'agissant du projet d'une reprise par le groupe MAG, basé à Dubaï, le patron de Continental estime que "les discussions viennent de commencer. Je ne veux pas les perturber en donnant trop vite mon avis. C'est important de laisser les partenaires se rapprocher et voir si c'est possible. Pour nous, ce serait aussi une alternative fantastique. La situation est socialement très difficile et la fermeture va nous coûter beaucoup d'argent. Alors si quelque chose est possible, nous le soutiendrons".

Mais le groupe pourrait devoir fermer d'autres sites et supprimer encore des emplois : "c'est malheureusement pensable. la reprise a lieu mais à un niveau très faible. Nous espérons que le premier trimestre était le plus difficile de l'année et que le plus dur est donc derrière nous. Cela va durer encore jusqu'à cinq ans avant que le marché soit totalement remis. Or nous avons actuellement des surcapacités, et pas seulement pour les pneus mais dans tous les domaines. Nous avons déjà fermé des sites électroniques en Europe et en Amérique du Nord ces derniers mois et je crains que cela continue. La maison Continental est trop grande. Nous allons tout faire pour éviter les plans sociaux mais cela dépend aussi de quelle flexibilité nous avons avec les salariés".

Du mieux attendu au deuxième trimestre dans les comptes

Continental a fait état mercredi d'une perte d'exploitation nettement plus importante qu'attendu pour les trois premiers mois de l'année, à 46,6 millions d'euros, alors que les analystes s'attendaient à un résultat à peu près à l'équilibre, contre un excédent de 582 millions un an plus tôt.

Continental a précisé qu'il continuait à prévoir un cash flow libre "substantiel" sur l'exercice et a promis une "nette reprise" du chiffre d'affaires et de l'opérationnel au deuxième trimestre après ce faible début d'année.

Des charges exceptionnelles liées à la restructuration du groupe et des amortissements de survaleur devraient cependant aboutir à des chiffres assez différents de ceux réalisés précédemment. Le groupe de Hanovre a annoncé d'importantes suppressions d'emplois, dont la fermeture de son usine de pneumatiques de Clairoix, dans l'Oise. Le groupe Mag des Emirats arabes unis s'est dit intéressé par la reprise de ce site et a entamé à ce sujet des discussions avec Continental.

Le président du directoire Karl-Thomas Neumann s'est engagé à présenter dans les 100 jours un plan stratégique pour régler les problèmes de la division pneumatiques et la question d'une possible intégration des activités d'équipementier avec celles de son actionnaire majoritaire Schaeffler.

Le français Michelin qui dispute au japonais Bridgestone la place de numéro un mondial des pneumatiques, a publié mardi soir un chiffre d'affaires trimestriel en recul de 14,2% au premier trimestre, mais légèrement supérieur aux attentes. Michelin a dit viser un free cash flow positif cette année.

Le chiffre d'affaires de Continental a chuté de 35% au premier trimestre, à 4,30 milliards d'euros. La dette a enflé de 500 millions d'euros à 11 milliards et le groupe a consommé encore 567 millions de cash flow libre. L'allemand a néanmoins précisé qu'à fin mars, il avait accès à des réserves pour un montant équivalent à 1,21 milliard d'euros et à des lignes de crédit inutilisées pour 1,69 milliard.

Dans une interview à Reuters, le président Neumann a déclaré que Continental tablait pour 2009 sur un excédent d'exploitation notable avant impact de restructuration et amortissement de survaleur. L'objectif principal du groupe reste de réduire sa dette. 

 

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
continental n'est pas le seul fabricant de pneus, il serait bon de s'en souvenir lorsque un échange de pneumatiques s'impose.

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