Le plan de licenciement de Goodyear Amiens suspendu par la justice

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
La justice française reproche au fabricant de pneus un manque de communication avec ses salariés sur les détails du plan de restructuration. Elle attend plus d'informations sur la production de pneus agricoles avant de relancer les discussions.

Pour les syndicats, c'est une réelle victoire. La justice vient de suspendre le plan de restructuration de l'usine de pneumatiques Goodyear à Amiens Nord (Somme). Sur les 1.400 employés du site, 817 étaient concernés par des supressions d'emploi. La justice estime "qu'il y avait de la part de Goodyear une violation de l'obligation de porter à la connaissance du comité d'entreprise l'ensemble de l'opération de restructuration".

Pour relancer la procédure d'information et de consultation, le tribunal attend du fabricant qu'il présente un projet abouti pour son activité de production de pneumatique agricoles.

"Aujourd'hui, on est dans l'incapacité de présenter un projet sur l'agricole abouti comme on a été en capacité d'en présenter un sur le tourisme", déplore Sophie Durand, porte-parole de Goodyear. La division tourisme a trouvé un repreneur. Mais impossible d'en dire autant pour la division agricole, qui regroupe 550 employés. Des repreneurs potentiels se sont "montrés intéressés", mais rien n'a été décidé.

D'après la porte-parole, le groupe n'exclut pas de faire appel. "On a pris note de la décision du tribunal. On se réserve le droit de faire appel parce que, pour l'heure, il n'y a aucun projet de reprise qui a été clairement défini, aucun repreneur qui soit confirmé".

Le tribunal de grande instance de Nanterre a toutefois rejeté une partie du recours introduit par le comité central d'entreprise (CCE) et la CGT en estimant que le comité de groupe européen avait été consulté valablement.

Le plus grand manufacturier américain de pneumatiques avait annoncé le 26 mai dernier un plan de restructuration en invoquant une surcapacité de production liée à la crise. Une procédure d'information avait été lancée. Dans un premier temps, 402 supressions de postes ont été annoncées. Finalement, ce seront 817 emplois qui pourraient disparaître. Un chiffre revu à la hausse compte tenu de la dégradation de la situation économique.

Pour les salariés, cette première victoire ne doit pas faire baisser la garde. "C'est une victoire qui en appelle d'autres car nous allons continuer à mener d'autres batailles sur le plan juridique", explique ainsi Mickaël Wamen, secrétaire de la CGT de l'usine.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
La prochaine fois Goodyear réfléchira à deux fois avant d'installer une nouvelle usine en France et ce d'autant plus que la direction du groupe n'était pas sans savoir de l'absurdité du Droit du Travail en France !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Nous aurons des ouvriers en surplus, mais pas d'employeurs.
Que feront les juges pour donner suite à leur décision de
refus de plan sociaux ? Ce n'est pas fait pour favoriser l'investissement
étranger en France. Mais plus un encouragement à la délocalisation
des entreprises, mêmes celles à capitaux Français.
Les syndicats surtout les plus extrèmistes veulent créer un désert industriel
ils y parviennent avec l'aide d'une justice tatillonne et partisane.


a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il y a des contraintes réglementaires, elles doivent être respectées, un point c'est tout ! Lorsque l'administration outrepasse ses prérogatives ou ne respecte pas la loi, ses actes sont annulés. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour des sociétés privées, y compris dans le cas d'un plan de restructuration ? Les industriels savent très bien ce qu'ils font et n'ont pas d'excuses - ils prépareront mieux leurs plans la prochaine fois.
Quand à ce que feront les juges : demander à Goodyear de mener leur plan, dans les formes cette fois.
D'autre part, écrire que les syndicats souhaitent créer un désert industriel en France est une provocation. Certains syndicats se doivent certes de devenir plus responsables, mais dans un pareil cas, il serait idiot de leur part de ne pas tout tenter pour sauvegarder ce qui peut encore l'être ! Tout le monde sait très bien que leur pouvoir effectif se limitera in fine à obtenir des indemnités plus substantielles pour ceux qui partiront.

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