Le secteur automobile se maintient en pôle position boursière en Europe

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L'indice sectoriel européen progresse de 8% depuis le début de l'année. La prudence reste néanmoins de mise pour le second semestre.

Depuis le début de l'année, le secteur automobile connaît une embellie en Bourse. L'indice Stoxx 600 du compartiment a progressé sur la période de 8,2%, la plus forte hausse sectorielle en Europe. Cette progression est d'autant plus remarquable qu'en 2010, l'industrie automobile avait déjà affiché la plus belle performance de l'indice européen Stoxx 600 (+ 44%). Cette performance était soutenue par des fondamentaux économiques solides, due notamment à la forte demande des marchés émergents. Certains gérants pariaient d'ailleurs, début 2011, sur une correction des valeurs automobiles en Bourse en raison d'un contexte économique moins favorable avec l'arrêt des mesures de soutien aux constructeurs automobiles, prime à la casse en France ou aides fiscales en Chine.

Et pourtant, la dynamique haussière en Bourse se poursuit. "Les craintes d'un ralentissement du marché automobile chinois ne se sont pas vérifiées", explique Claire Chaves d'Oliveira, responsable de la gestion actions chez Groupama AM. "La fin des incitations fiscales mises en place par Pékin a pénalisé davantage les constructeurs chinois que les européens. Du coup, les analystes revoient à la hausse depuis le début de l'année, leurs prévisions sur les bénéfices 2011 du secteur automobile en Europe", ajoute-t-elle. Les constructeurs allemands, mieux positionnés sur le marché asiatique que leurs concurrents français, continuent de bénéficier de l'engouement chinois pour les voitures haut de gamme. Depuis le début de l'année, Volkswagen a progressé de 23%, BMW de 17% et Daimler de 5%. Côté français, seul Peugeot a tiré son épingle du jeu, avec une hausse de 12%.

Pour autant, le virage boursier pourrait être plus difficile à négocier au second semestre. "Contrairement à 2010, les investisseurs doivent faire face à une plus grande volatilité sur les valeurs automobiles, liée aux incertitudes qui pèsent sur ce secteur très cyclique", souligne Pierre Sabatier, stratégiste chez PrimeView. Pour Philippe Houchois, analyste chez UBS, si le marché automobile n'est pas appelé à s'effondrer, "les beaux jours sont derrière nous. En Europe, on peut s'attendre à une croissance modérée du secteur, et aux Etats-Unis, à une reprise lente mais certaine. En revanche, la performance des marchés émergents est plus difficile à prévoir", note-t-il. Dès lors, plus question pour les investisseurs de miser les yeux fermés sur le secteur automobile en Bourse. Pierre Sabatier estime ainsi que "les valeurs automobiles ne devraient pas être les grandes gagnantes du second semestre". De son côté, Franck Le Franc, gérant chez Somangest, s'attend à une dynamique boursière "similaire" à celle du premier semestre pour le secteur. Mais appelle néanmoins à plus de prudence. "Dans les mois à venir, la sélection de valeurs sera essentielle", estime le gérant. "Les acteurs bien positionnés, comme BMW, devraient mieux s'en sortir que leurs concurrents", conclut-il.

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