PSA : très fortes inquiétudes sur les usines d'Aulnay et de Madrid

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Copyright Reuters (Crédits : PSA PEUGEOT CITROËN)
Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën, a déclaré mercredi que les nouvelles économies représenteront probablement une baisse de 10% des effectifs en Europe. Un plan d'économies de 800 millions d'euros est prévu par le constructeur. Un comité de groupe européen se réunit en session extraordinaire chez PSA ce matin.

Ce matin, PSA tient un comité de groupe européen. À l'ordre du jour : le contexte général économique et ses incidences sur le groupe. « Nous craignons des annonces de réduction d'effectifs ou de nouvelles mesures de chômage technique », affirme à « La Tribune » le délégué central CGT, Jean-Pierre Mercier. Le président du groupe, Philippe Varin, avait lâché, à la mi-septembre : « Il n'y a pas de réduction de coûts sans réduction d'effectifs. » Le patron avait aussi précisé qu'un plan serait validé au second semestre pour... une application début 2012. Des mesures de suspension temporaire de production ont déjà été mises en oeuvre, notamment à Aulnay, en région parisienne, qui chôme toute la semaine.

Plan méthodique

L'avenir de ce site ne devrait pas être officiellement évoqué ce mercredi. « Mais nous allons soulever la question », précise le responsable syndical. La CGT avait révélé en juin dernier un projet de fermeture d'Aulnay d'ici à 2014, ainsi que de Madrid et plus tard de Sevelnord (Nord). « Un plan est appliqué méthodiquement à Aulnay, pour vider l'usine. On est à moins de 3.000 salariés en CDI aujourd'hui [Ndlr : 3.600 fin 2010]. La direction veut mettre fin à la mission de 300 intérimaires d'ici à la fin de l'année. Et elle a décidé de réduire de 50 % d'ici à quelques mois les effectifs des services de méthodes », indique Jean-Pierre Mercier.

Ce mercredi, la CGT « compte aussi évoquer l'avenir de Madrid et de Sevelnord, et demander des précisions ». Philippe Varin avait assuré le mois dernier qu'il y avait « un projet de production d'un petit véhicule » dans l'usine espagnole. Mais « on est extrêmement sceptiques », réplique Jean-Pierre Mercier, qui souligne : « On doit passer de deux à une équipe, réduire de moitié les cadences quotidiennes. Les salariés chôment à tour de rôle. Et un plan de départs volontaires est en cours. » Quant à Sevelnord, le site est menacé par la fin programmée des accords avec Fiat. Interrogé, PSA n'a pas voulu répondre à nos questions. Un comité central d'entreprise extraordinaire du groupe doit se tenir à la mi-novembre.

Réductions de coûts d'un montant de 800 millions d'euros en 2012

En raison d'une concurrence accrue, PSA Peugeot Citroën a annoncé ce mercredi avoir abaisser sa prévision 2011de résultat opérationnel courant de la division auto, attendu désormais proche de l'équilibre et non plus nettement positif. Le constructeur a également revu en baisse sa prévision de free cash flow 2011, prévu désormais négatif et non plus à l'équilibre.

Au troisième trimestre, le premier constructeur français a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 3,5% à 13,45 milliards d'euros grâce à la performance de l'équipementier Faurecia , dont PSA est le principal actionnaire, ou de Banque PSA Finance. En revanche, le chiffre d'affaires de la seule division auto a baissé de 1,6%, affecté par les problèmes d'approvisionnement en vis que le groupe a rencontrés en septembre et par la concurrence plus vive en Europe depuis la rentrée.

"Cette situation (la baisse des volumes), et la poursuite probable sur le dernier trimestre de la pression accrue sur les prix, nous amène à réviser notre guidance sur le résultat opérationnel courant de la division automobile pour l'ensemble de l'année", a souligné Frédéric Saint-Geours, directeur financier de PSA, au cours d'une téléconférence. "Il devrait être proche de l'équilibre alors qu'auparavant, nous l'estimions nettement positif."

"Compte tenu de ce contexte, nous avons mis en place un plan d'action de 800 millions d'euros de réductions de coûts pour 2012", a poursuivi Frédéric Saint-Geours. Ces nouvelles mesures, réparties à parts égales entre les achats et les frais fixes, seront présentées au Comité de groupe européen réuni mercredi matin en session extraordinaire.

5.000 postes pourraient être supprimés en Europe

Prié de dire si elles auront des retombées en matière d'emploi, Frédéric Saint-Geours a répondu : "Etant donné la part des dépenses de personnel dans les coûts fixes (...) il est tout à fait probable qu'il y a des impacts sur les effectifs."

Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën, a déclaré ce mercredi que les nouvelles économies que le groupe entend réaliser en 2012 représenteront probablement une baisse de 10% des effectifs. 5.000 postes pourraient être supprimés en Europe selon un porte-parole. PSA emploie environ 167.000 salariés dans le Vieux Continent. En France, la suppression de huit cents postes d'intérimaires en France d'ici fin 2011, a  été annoncée lors du comité de ce matin selon une source syndicale rapporte l'AFP.

Les syndicats ont déjà réagi. Bruno Lemerle, délégué CGT au comité de groupe européen de PSA Peugeot Citroën,a déjà déclaré à l'AFP :  "l'annonce de ce plan est quelque chose de scandaleux, alors que la situation financière de l'entreprise est bonne. Il n'y a pas de raison d'aller vers des suppressions d'emploi". Selon lui, le groupe devrait "se développer".

 

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Commentaires
a écrit le 26/10/2011 à 16:53 :
Si les Français produisaient des véhicules qui s'arrachent vu leur rapport qualiuté/prix,, et si accessoirement ils les achetaient, peut-être que PSA, et d'autres, ne délocaliseraient pas ou ne licencieraient pas!
Réponse de le 16/11/2011 à 12:02 :
Pour acheter des voitures il faut des moyens,si tout le monde se retrouve au chomage on roulera en vélo,fabriqué par des chinois,ça va de soit!!!
a écrit le 26/10/2011 à 10:23 :
enfin une bonne nouvelle dans ce mondede la mondialisation
a écrit le 26/10/2011 à 10:18 :
Et le 1er janvier 2012, abolition totale des taxes douanières avec le Maroc, de fait l'UE s'étend au Maroc ... Avec une nouvelle vague de délocalisations à la clef, merci l'UE !!

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