Toyota à la rescousse de l'usine Sevelnord de PSA

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Sauf imprévu de dernière minute, PSA Peugeot-Citroën et Toyota vont signer un accord en tout début de semaine prochaine. Objectif, l'achat par le constructeur japonais de véhicules utilitaires produits par l'usine PSA de Sevelnord. Les premières livraisons sont prévues fin 2013.

"PSA Peugeot-Citroën et Toyota devraient signer en tout début de semaine prochaine un accord" sur l'achat par le constructeur japonais de véhicules utilitaires produits par l'usine de Sevelnord, dans le nord de la France, selon une source industrielle française. Une bouée de sauvetage pour le site de PSA en difficulté. "Les livraisons devraient démarrer fin 2013", selon nos informations. Pour "des volumes de 5.000 à 10.000 véhicules par an". Toyota va mettre son logo et commercialiser des fourgons produits en commun par PSA et Fiat sur une plate-forme d'origine PSA.

Surcapacités chroniques

Co-entreprise à 50-50 entre le français et l'italien, Sevelnord, qui emploie 2.700 personnes, fabrique les Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Fiat Scudo. Les actuels utilitaires ont été lancés fin 2006-début 2007, selon les marques. L'an dernier, Sevelnord a fabriqué 75.000 véhicules pour PSA, sur un total de moins de 100.000 unités. Les véhicules assemblés pour Fiat représentent 20 % du volume de l'usine alors que ceux de Toyota devraient être nettement inférieurs. Le site est en sous-charge chronique. Les achats de Toyota vont donc représenter une bouffée d'oxygène, mais ils ne résoudront pas à eux seuls les problèmes structurels de Sevelnord, dont PSA a annoncé le 11 juillet qu'il reprendrait les parts de Fiat. A priori, la firme nippone n'a pas l'intention d'aller plus loin. Le PDG de Toyota Motor Europe, Didier Leroy, nous avait affirmé début avril : "nous n'avons aucune intention d'acheter l'usine PSA de Sevelnord, ni de prendre une quelconque participation. Ce n'est pas du tout dans nos plans".

Une première pour Toyota

L'achat de véhicules PSA est une bonne affaire pour Toyota. Le groupe automobile japonais doit en effet actuellement importer en Europe ses fourgons du... Japon. Vu le taux de change du yen, l'opération n 'est guère rentable. Acheter des véhicules "Made in France", provenant d'un site situé à quelques kilomètres à peine de l'usine Toyota de Valenciennes (petits modèles), est donc pour la firme nippone une opération pertinente. L'opération est en tous cas une première. Le constructeur japonais ne commercialise traditionnellement sous son nom que des véhicules qu'il a conçu - lui ou ses filiales - et dont il maîtrise la chaîne de production...

Liens anciens entre PSA et Fiat...

Sevelnord doit son existence aux liens très anciens tissés entre PSA et Fiat en... 1978, date de signature des accords créant la Sevel, une co-entreprise avec une usine dans le sud de l'Italie, à Val di Sangro. Celle-ci produit depuis 1981 les gros utilitaires des deux groupes. En 1988, PSA et Fiat avaient signé un deuxième accord créant alors Sevelnord en France, destinée aux utilitaires de catégorie moyenne et aux monospaces. Si Fiat se retire aujourd'hui de Sevelnord, les coopérations franco-italiennes continuent à Val di Sangro et en Turquie (petites fourgonnettes).

... mais aussi entre PSA et Toyota

PSA et Toyota se connaissent également depuis longtemps. Ils avaient créé en 2002 une société commune, TPCA, pour fabriquer en République tchèque les petites Peugeot 107, Citroën C1 et Toyota Aygo d'entrée de gamme. Opérationnel depuis février 2005, le site de Kolin, qui a annoncé mardi dernier le départ de 345 de ses 2.800 salariés, est doté d'une capacité de 300.000 véhicules annuels.

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a écrit le 19/07/2012 à 20:30 :
OUF .... reste plus qu'à attendre la confirmation .... signé un salarié de l'usine !
a écrit le 19/07/2012 à 17:54 :
L'usine Toyota d'Onnaing est régulièrement présentée comme l'une des plus performantes du Groupe. Toyota loue par ailleurs la qualité de ses employés français, et s'enorgueillit d'avoir l'implanté aussi judicieusement son usine au carrefour de l'Europe (France, Benelux, Allemagne, UK à portée de main).
Les barrières douanières, la remontée du Yen, les soucis logistiques (...) sont autant de facteurs favorables à un renforcement de l'implantation de Toyota en Europe.
Pendant ce temps, PSA licencie 10 000 personnes et justifie sa décision par le coût prétendu élevé du travail en France...(en revanche, 250 M? de dividendes distribués, ... c'est bon marché !)
Après Sevelnord, Toyota pourrait peut être produire une partie de sa gamme à Aulnay... voire même quelques Lexus (histoire d'avoir enfin un vrai haut de gamme... français) ?
Réponse de le 19/07/2012 à 18:22 :
les employes toyota pensent et vivent pour TOYOTA
ce n'est pas le cas des employes pour nos groupes francais
Réponse de le 19/07/2012 à 21:39 :
Oui mais surtout Toyota n'applique pas les mêmes règles sociales qu'à PSA : à Toyota si vous avez le moindre problème physique vous êtes licencié pour inaptitude ... même à 35 ans ...
Réponse de le 19/07/2012 à 21:41 :
Aulnay n'est pas compétitif du tout ... rien a voir avec Sevelnord qui est d'ailleurs en train de signer un accord de performance
Réponse de le 20/07/2012 à 12:00 :
@probleme : Votre affirmation est l'évidence même : les employés de nos groupes français ne pensent ni vivent pour Toyota... Pourquoi le feraient-ils ?! Demanderait-on aux employés de groupes allemands de penser et vivre pour Coca-Cola ?

@different : de quelles règles sociales parlez-vous ? 10 000 licenciements ... C'est très généreux en effet.

@ Sevel : Ok, Aulnay n'est pas compétitif. Mais c'est précisément la stratégie de Toyota en Amérique du Nord que de s'installer en lieu et place des vieilles industries automobiles US.
Réponse de le 25/08/2012 à 17:04 :
@probleme : N'importe quoi...! Toyota est mondialement connu comme une société qui ne licencie pas ses salariés.
Réponse de le 25/08/2012 à 17:10 :
@probleme : ma réponse aurait dû adresser à @Différent. Veuillez m'excuser.
a écrit le 19/07/2012 à 17:15 :
Cela ne me surprendrait pas que nous revenions à instaurer des barrières douanières dans les années à venir comme le fond déjà certains pays et comme cela existait à l'époque où Toyota s'est implanté à Valencienne afin de favoriser la production locale .Dans cette hypothèse Toyota aurait donc l'avantage de produire sur place .
a écrit le 19/07/2012 à 16:50 :
Toyota fait des efforts pour se maintenir en Europe. Il tente de vendre de la recherche et de la technologie à bon prix, il en a fourni par exemple une partie pour Manitou le constructeur de pelles et engins de chantier, il a passé des accords pour s'établir en France et construire des petites voitures en commun, le voilà qui achète directement des utilitaires PSA pour dégager quelques marges. Elles lui permettront de restructurer la filière japonaise qui en a bien besoin en vue d'un accord de libre échange avec l'Europe qui se profile. car les japonais aussi devront subir le choc de la voiture électrique et composite. PSA comme Renault Alliance poussent doucement leurs pions, les champions en place envisagent un déclin programmé.

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