Comment Toyota peut sauver l'usine PSA de Sevelnord

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Le constructeur japonais devrait acheter des fourgons fabriqués par le site PSA de Sevelnord, dans le nord de France, selon nos informations. Des volumes bienvenus pour une usine de 2.700 personnes, dont l'avenir est menacé.

"Toyota devrait acheter des véhicules utilitaires produits par PSA Peugeot Citroën dans son usine de Sevelnord", selon des sources industrielles officieuses. Cet accord sauverait du coup, au moins provisoirement, le site d'utilitaires du constructeur français dans le nord de la France, menacé. Le groupe automobile japonais doit aujourd'hui importer ses fourgons du Japon. Vu le taux de change du yen, l'opération n 'est guère rentable. Acheter des véhicules "made in France", provenant d'un site situé à quelques kilomètres à peine de l'usine Toyota de Valenciennes spécialisée dans les petits modèles, serait donc pour la firme nippone une opération pertinente.

75.000 véhicules produits pour PSA en 2011

Sevelnord, qui emploie 2.700 personnes, doit coûte que coûte trouver des débouchés pour ses produits, depuis l'annonce par Fiat qu'il se retirerait de cette usine détenue à 50-50. Le site produit actuellement les fourgons Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Fiat Scudo sur une plate-forme d'origine PSA  ainsi que des monospaces, les Peugeot 807 et Citroën C8. Les actuels utilitaires ont été lancés fin 2006-début 2007, selon les marques. L'an dernier, Sevelnord a fabriqué 75.000 véhicules pour PSA (dont 12.100 monospaces), sur un total de moins de 100.000 unités. Les véhicules assemblés pour Fiat représentent 20% du volume de l'usine. Les monospaces devraient être arrêtés fin 2013-début 2014, selon ce que la direction du site a indiqué aux syndicats. Le site est en sous-charge. Il doit d'ailleurs suspendre sa production, pour ne pas alourdir ses stocks, du 14 au 18 mai prochains, et de nouveau durant une semaine en juin, selon la CGT.

Acheter, sans participer

"Sevelnord s'en sortira. J'en ai encore parlé  avec le président (de PSA) Varin. A ma connaissance il y a un accord en discussion avec Toyota pour des véhicules utilitaires", avait déclaré le président de la République Nicolas Sarkozy à la mi-mai, dans une interview publiée par la Voix du Nord. Le Chef de l'Etat venait de rencontrer Philippe Varin à l'Elysée, pour évoquer le cas du site  d'Aulnay en région parisienne. Mais la question de Sevelnord avait aussi été abordée.

Interrogé par latribune.fr, Didier Leroy, PDG de Toyota Motor Europe, avait de son côté affirmé début avil: "nous n'avons aucune intention d'acheter l'usine PSA de Sevelnord, ni de prendre une quelconque participation. Ce n'est pas du tout dans nos plans. Pas plus que de reprendre n'importe quelle autre usine". Il démentait ainsi les rumeurs sur d'éventuelles entrées au capital de Sevelnord.  Mais, n'avoir aucune intention d'acquérir Sevelnord ou d'y prendre la moindre participation n'empêche  pas... de lui acheter des véhicules tout faits et d'y apposer son logo. Serait-ce le premier pas vers une coopération ultérieure plus profonde dans les utilitaires? La question reste posée. A priori, les utilitaires ne rentrent pas dans le cadre de l'alliance nouée fin février entre PSA et.. GM, lequel collabore depuis longtemps dans ce domaines avec Renault!

Une co-entreprise en république tchèque

PSA et Toyota se connaissent de longue date. Ils disposent d'une société commune, TPCA, créée en mars 2002. TPCA fabrique, dans l' usine de Kolin en République tchèque,  les petites Peugeot 107,  Citroën C1 et Toyota Aygo d'entrée de gamme. Il vient de franchir la barre des 2 millions d?unités produites. Opérationnel depuis février 2005, ce site est doté d'une capacité de 300.000 véhicules annulels. La coopération à Kolin, jugée fructueuse par les deux parties, a été reconduite. Et de nouveaux modèles devraient y voir prochainement le jour.

Ancienne coopération

La coopération entre PSA et Fiat dans les utilitaires est, elle, bien plus ancienne. Fiat a été le premier partenaire étranger de PSA. Cette collaboration remonte à 1978, date de signature des accords créant la Sevel, une co-entreprise dont l'usine de Val di Sangro (Italie) produit depuis 1981 les gros utilitaires des deux groupes. En 1988, PSA et Fiat avaient signé un deuxième accord créant la Sevelnord en France, destinée, elle, aux utilitaires de catégorie moyenne et aux monospaces. PSA et Fiat se sont aussi associés, depuis, en Turquie, pour y assembler des petites fourgonnettes.

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a écrit le 06/05/2012 à 14:08 :
A quand un rapprochement Renault Nissan - PSA ?

Si les dirigeants d'entreprises, les actionnaires majoritaires et les politiques français étaient intelligents et convergeaient vers une politique industrielle automobile forte et ambitieuse, ils rapprocheraient les deux groupes français car ils sont et seront complémentaires en Europe et surtout à l'international et dégageraient des synergies remarquables. Au lieu de cela, nous jouons divisés quand allemands, chinois et coréens jouent unis. Qui plus est, nos construsteurs doivent positionner des marques françaises dans le haut de gamme comme nous savons le faire dans le luxe. Des marques disparues doivent renaitre comme Bugatti avec VW. Tentons aussi des politiques nouvelles ciblées de baisse des charges dans les secteurs ultra concurrencés pour une durée limitée de 10 ans renouvelables avec obligation de produire en France du haut de gamme, du luxe moins concurrencés et plus rémunérateurs.
Cette politique industrielle pour constituer de nouveaux champions nationaux quitte à rapprocher des poids lourds concurrents de manière dirigiste dans un premier temps devrait s'étendre à d'autres secteurs : Edf-Legrand ( pour créer un GE français ), Alstom-Dassault ( pour contrer Bombardier et Embraer ), Total-Suez ( créer le géant des énergies ), Danone-L'Oréal... et l'on pourrait continuer...
Jouons unis et anticipons sur les rapprochements futurs entre acteurs des pays émergents...
a écrit le 05/05/2012 à 15:13 :
la cgt devrait vite organiser une manif de protestation, pour que les japonais aillent voir ailleurs...
Réponse de le 05/05/2012 à 18:07 :
ET à la place des jap , on met qui ?
Réponse de le 05/05/2012 à 19:07 :
ben..... personne ! le but c'est d'expliquer quon se 'fait exploiter sur notre dos', pas d'etre intelligent(s)......... je suggere donc l'appui des ' contis', pour que les japonais comprennent que pour commencer ils doivent provisionner 150 000 euros par ouvrier, des fois qu'ils changent d'avis ! --- he, la france va dans le mur, ft accelerer un peu, elle en a les moyens!!-
Réponse de le 05/05/2012 à 19:10 :
oui bon, sinon, si vous voulez juste bosser et faire votre vie, ca doit etre usant de se demander si ' grace a certains', tt le monde hesite a venir, car les gens ont les competences et l'envie de bosser ( ca arrive encore pfs en france, meme si ca devient tres rare..), qque soit la boite --- les allemands commencent a se mefier serieusement de votre pays--
a écrit le 04/05/2012 à 22:42 :
Pourvu que ce soit vrai ... Ca fait des années que l'usine se vide , on a le moral à zéro ! Ras le bol des rumeurs et des faux espoirs , ça use à la longue !!

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