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Entreprises & FinanceAutomobile

Les petites voitures ne réussissent pas à Aston Martin

Photo de Alain-Gabriel Verdevoye

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 15 octobre 2013 à 15:41 - Mis à jour le 15 octobre 2013 à 16:46

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Le célèbre constructeur anglais de voitures de luxe à hautes performances arrête la vente de sa Cygnet. Cette mini-voiture produite par Toyota au Japon était vendue à un tarif prohibitif (près de 40.000 euros, hors options). La marque se recentre sur ses gros bolides.

Le célèbre constructeur automobile de luxe britannique Aston Martin arrête sa «  mini » Cygnet, dont les ventes sont dérisoires. La Cygnet n'est autre qu'une Toyota iQ, produite à Takaoka au Japon et livrée complète à la firme anglaise, qui se bornait à la parer de luxueux aménagements intérieurs avec une large offre de teintes extérieures et intérieures sans oublier la calandre habituelle de la marque.

Mais le petit moteur Toyota de 98 chevaux ne faisait pas le poids face aux V8 et V12 habituels de la marque. Pas suffisant pour que cette concurrente de la Smart (3 mètres de long à peine) justifie les 38.000 euros (hors options) demandés !

Situation médiocre

Aston Martin, qui vient de fêter ses 100 ans, en a écoulé 800 environ seulement depuis 2011, sur une production totale de 136.000 Toyota iQ (entre 2008 et 2012). Lors du lancement en 2011, Aston Martin affirmait qu'il visait les 4.000 ventes par an ! La marque affirme passer 8,5 millions de livres de charges exceptionnelles (10 millions d'euros) pour mettre fin prématurément à la carrière ratée de la Cygnet.

En comparaison du succès de ses compatriotes Bentley (Volkswagen), Rolls Royce (BMW) et Jaguar Land Rover (Tata), mais aussi Lamborghini et Porsche (Volkswagen), Ferrari et Maserati (Fiat), Aston Martin souffre. Le petit constructeur spécialiste des coupés et cabriolets (ainsi qu'une berline, la Rapide) à très hautes performances a vendu en tout 3.800 véhicules à peine l'an dernier, surtout des superbes Vantage, Vanquish, DB9 (4.200 l'année précédente). Il affirme d'ailleurs avoir perdu 25 millions de livres (avant impôts) en 2012 (30 millions d'euros).

Un actionnariat complexe

La firme « so British »  est contrôlée par le fonds d'investissement koweïti Investment Dar et, désormais, également par le fonds italien Investindustrial. Mais la firme de Gaydon est en panne d'investissements. Elle peine à remplacer ses modèles et pâtit d'une gamme assez étroite. Même si ses modèles sont magnifiques (à partir de 110.000 euros pour une Vantage). Aston Martin ne peut pas s'appuyer pour sa technologie.sur un grand groupe comme le font ses rivaux.

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Mais cela devrait changer. L'allemand Daimler (Mercedes) a annoncé fin juillet dernier qu'il prendrait 5% de la prestigieuse firme britannique. Cette prise de participation doit s'accompagner d'une foule d'accords de coopérations inclus dans la lettre d'intention. Mercedes fournira des moteurs et des composants électriques et électroniques pour les futurs véhicules d'Aston Martin. Les accords définitifs devraient être paraphés au second semestre.

La DB5 de James Bond

Cette vieille marque a été créée en 1913 par  Lionel Martin. Son nom provient de celui de son créateur combiné à celui de la course de côte d'Aston Clinton, que remporta en 1913 Lionel Martin. En 1947, la firme fait face à des difficultés financières et est rachetée par David Brown qui la fusionne avec sa marque Lagonda. Il installe l'usine à Newport Pagnell. En 1959 sortent les DBR, ces voitures de course qui feront la renommée de l'entreprise. Elle gagneront au Nürburgring, au Mans...

La somptueuse DB5 des années 60 sera la voiture de James Bond. La marque passe sous le contrôle d'investisseurs américains au début des années 70, puis d'armateurs grecs la décennie suivante. En 1987, c'est l'américain Ford qui reprend la majorité des actions. Mais le groupe de Detroit la revendra en 2007.

Carlos Tavares aux commandes?

Carlos Tavares, le numéro deux de Renault évincé le 29 août dernier pour avoir déclaré à l'agence Bloomberg qu'il se voyait bien prendre la tête d'un groupe concurrent, serait en lice pour diriger Aston Martin, selon un article publié, en septembre, par le Wall Street Journal

À lire également

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  • Le célèbre constructeur auto anglais Aston Martin fête ses cent ans et change d'actionnaires
  • Des investisseurs indien et italien lorgnent sur Aston Martin

Selon le quotidien économique, qui a recueilli les confidences d'un proche du groupe, Carlos Tavares figurerait sur la "short-list" rédigée par le constructeur britannique de voitures de sport. Le journal américain ne cite pas d'autres noms de personnalités éventuellement envisagées pour prendre le poste. L'actuel PDG d'Aston Martin, l'Allemand Ulrich Bez, qui dirige la marque depuis 2000, conserverait, à 69 ans, la présidence de son conseil d'administration.

Alain-Gabriel Verdevoye

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