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Entreprises & FinanceAutomobile

Ford relance sa mythique Mustang "made in USA"

Photo de Alain-Gabriel Verdevoye

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 05 décembre 2013 à 08:28 - Mis à jour le 05 décembre 2013 à 18:31

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Ford présente ce jeudi sa nouvelle Mustang, dont les origines remontent à 1964. Produite toujours aux Etats-Unis, cette sportive emblématique ne recevra pas seulement le gros V8 traditionnel, mais également un "petit" moteur pour moins consommer.

Dans un monde automobile de modèles anonymes, ternes et interchangeables entre eux, quelques véhicules mythiques font encore rêver. Et seule une poignée d'entre eux se perpétue au fil des générations. C'est le cas de la... Ford Mustang, fabriquée par Ford depuis 1964. Or, voilà que le constructeur automobile de Dearborn dévoile une toute nouvelle mouture, ce jeudi.

Bill Ford, président non exécutif et descendant de la famille fondatrice éponyme, doit lever le voile sur la nouvelle sportive "yankee", complètement revisitée, devant 2.500 journalistes, concessionnaires et salariés de la firme, lors d'un événement  organisé à Barcelone (Espagne), l'une des six villes  sur quatre continents où la Mustang sera lancée simultanément. Le nouveau modèle fêtera d'ailleurs pile, lors de sa commercialisation fin 2014 en Amérique du nord (et 2015 en Europe), son cinquantième anniversaire. Plus de neuf millions d'exemplaires ont été vendus au total. Ford estime qu'il pourra vendre plus de 100.000 nouvelles Mustang en année pleine, dont 10% au maximum hors d'Amérique du nord.

L'intérieur de la nouvelle Mustang

"Petit" moteur au programme

Proposée en coupé et en cabriolet, la nouvelle Mustang reste fidèle au style général qui a construit sa légende. Elle se veut toujours sportive, voire brutale, peu avare de sensations. En espérant que la firme  du Michigan aura corrigé ses défauts traditionnels : consommation démesurée, intérieur spartiate et grossièrement fini, tenue de route à l'américaine, c'est-à-dire sans finesse voire dangereuse sur route mouillée, confort ferme...

Signe des temps: Ford annonce d'ailleurs des suspensions un peu plus sophistiquées (roues arrières indépendantes) et, parallèlement au gros V8 de 426 chevaux, une "petite" motorisation turbo de 2,3  litres de cylindrée moins évocatrice mais (un peu) moins émettrice de CO2. Il  y aura quand même plus de 300 chevaux en sous le capot. Évidemment, cette Mustang, qui sera commercialisée en Europe, continuera d'être produite aux États-Unis, dans l'usine de Flat Rock, dans le Michigan.

Une forte notoriété

La première Mustang, destinée aux jeunes américains issus du "baby boom" et blasés des grosses voitures lourdes et massives, avait été imaginée par Lee Iacocca, alors Directeur général de Ford. Créée au départ comme un coupé dans la pure tradition européenne, avec un très long capot, la Mustang de 1964 a dû sa fulgurante popularité à sa ligne inimitable, ses moteurs assez puissants, mais aussi à ses prix compétitifs.

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Pour économiser sur les coûts de développement, la Mustang était directement dérivée de la berline Falcon familiale. D'où une plate-forme archi-simpliste, voire rustique, pas chère mais aux qualités routières hautement aléatoires. GM copiera la recette avec la Chevrolet Camaro, mais pas avec le même succès.

En France, la Mustang se taillera une belle notoriété, même si les ventes resteront très faibles. Elle sera un temps la voiture américaine la plus connue du grand public. Une popularité à laquelle ont contribué l'engagement au Rallye de Monte Carlo  et son apparition dans de nombreux films, comme Un homme et une femme de Claude Lelouch avec l'acteur Jean-Louis Trintignant au volant.

La première Ford Mustang

25 nouveaux modèles

Seul constructeur américain a avoir surmonté la crise de 2009 sans recours aux pouvoirs publics fédéraux, Ford annonce 25 nouveaux modèles en Europe au cours des cinq prochaines années. Les prochains lancements seront le petit "SUV" Ecosport "made in India" au printemps prochain, puis une nouvelle gamme moyenne supérieure Mondeo à la rentrée 2014, fabriquée en Espagne. La Mondeo américaine, baptisée Fusion, est déjà commercialisée outre-Atlantique. Ford poursuit par ailleurs le renouvellement complet de sa gamme d'utilitaires.

S'il poursuit son offensive aux Etats-Unis, avec des ventes en croissance de 7% le mois dernier à 190.449 véhicules, en Europe, c'est la Bérézina. Ford a vu ses immatriculations de voitures neuves chuter de 19,4% en France (sur onze mois 2013). Dans l'Union européenne, elles ont reculé de 4,8% (sur dix mois). Malgré un rapport prix-équipements-prestations attractif, les Ford subissent la concurrence des marques "premium" allemandes mais aussi du coréen Hyundai-Kia. Le style un peu tarabiscoté et m'as-tu-vu ne plaît pas toujours, comme sur la petite Fiesta.

Déficit en Europe

Ford a affiché un profit net global de 5,7 milliards de dollars (4,4 milliards d'euros) au titre de 2012. La marge globale dans l'automobile de Ford était honorable, ressortant à  5,3%, comparable à celle de 2011. Ses profits cartonnent en Amérique du nord, où son résultat avant impôts a atteint l'an passé 8,34 milliards (6,4 milliards d'euros). Mais, en Europe, c'est la chute.

Le groupe y a affiché une perte avant impôts de 1,75 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros) en 2012. Et il pronostique un déficit  de 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) de ce côté de l'Atlantique pour 2013! Avec, à la clé, la fermeture de trois usines, dont le site belge historique de Genk.

Production prévue en forte hausse

Ford prévoit toutefois d'augmenter d'un tiers sa production de véhicules à travers le monde d'ici à 2017, en faisant tourner la plupart de ses sites 24 heures sur 24, a-t-il annoncé début octobre. La firme à l'ovale bleu compte fabriquer environ huit millions de véhicules à terme, contre six en 2013. "

Nous sommes en mesure d'utiliser pleinement nos capacités à travers le monde et d'en tirer le maximum", a ainsi affirmé John Fleming, directeur des fabrications du groupe à l'occasion du centième anniversaire de l'installation de la première chaîne automobile "taylorisée" du monde pour la Ford T. C'était le début de ce l'on appellera le fordisme.

Réduction du nombre de plates-formes

D'ici à 2017, le constructeur américain prévoit de fabriquer quasiment l'intégralité de ses voitures et utilitaires à partir de neuf plates-formes, contre quinze actuellement. Et ce, dans le cadre du plan "One Ford", cher au PDG Alan Mulally et destiné à produire les mêmes véhicules des deux côtés de l'Atlantique.

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A cette même date, il escompte que 90% de ses usines à travers le monde fonctionneront en trois équipes, ce qui augmentera la production de 30%. Aujourd'hui, seules 65% de ses usines fonctionnent en trois-huit. Deuxième constructeur américain, Ford assure qu'il aura construit, de 2011 à 2017, 14 nouvelles usines dans le monde.

Alain-Gabriel Verdevoye

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