Renault vise une forte croissance en Asie-Pacifique

Alain-Gabriel Verdevoye, à New Delhi
Pas de chance. Renault aurait dû afficher une forte croissance l'an dernier en Asie-Pacifique. Mais las. Le quasi-retrait de la firme tricolore d'Iran, pour se conformer aux exigences de boycott international en milieu d'année dernière, lui a fait perdre l'équivalent de 64.000 voitures. Du coup, Renault a réduit ses ventes sur l'ensemble de la zone Asie-Pacifique en 2013 à 238.450 véhicules.
Gilles Normand se refuse à citer le pays. Il assure toutefois, à un autre moment de notre discussion :
S'il abandonne, du moins, publiquement, ses objectifs chiffrés de doubler ses ventes à terme dans la région, comme il l'affirmait il y a quelques mois, le responsable veut toutefois « multiplier par deux la part de marché en Inde à 5% à moyen terme (2,6% l'an passé) ».
Le constructeur français a déjà affiché un formidable bond de ses ventes de 83% l'an dernier dans le pays à 64.368 unités. Et ce, grâce au succès du 4x4 Duster. La firme au losange est devenue la première marque européenne sur le marché, devant Volkswagen, à travers un réseau de 125 points de vente, qui sera porté à 175 en fin d'année.
Avec la présentation le 5 février de son concept destiné à occuper le terrain en attendant son futur véhicule à très bas coûts qui sera industrialisé sur place en 2015, Renault est d'ailleurs l'un des constructeurs phare du douzième salon de l'auto de New Delhi.
La gamme Renault démarre aujourd'hui sur place « autour de 5.000 euros avec la Pulse (ndlr : une petite Nissan Micra restylée) », explique Gilles Normand.
Ce véhicule révolutionnaire sera produit sur le site de l'Alliance Renault-Nissan à Chennai, dans le sud de l'Inde, dont les capacités de production sont de 400.000 unités annuelles. Un projet de « mini-Logan » qui pourra évidemment servir aussi sur d'autres marchés.
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En Indonésie, Renault vient par ailleurs de débuter l'assemblage du 4x4 Duster avec des composants venus d'Inde. Une vraie industrialisation devrait commencer en 2015.
Viendra ensuite le gros projet chinois, après un tardif feu vert du gouvernement de Pékin enfin accordé fin 2013. Une usine à Wuhan, dans le centre de l'ex-Empire du milieu, sera opérationnelle en 2016, « avec des produits spécifiques. Il s'agira d'une gamme de « SUV » (4x4) », en co-entreprise avec le groupe chinois Dongfeng, déjà partenaire de Nissan et… PSA.
Enfin, même sur le délicat marché iranien, Renault entrevoit une embellie. Le groupe y fabrique depuis quelques années sa Logan (baptisée Tondar), dont il a écoulé 100.000 unités en 2012.
Il reste toutefois à s'assurer que « la levée des sanctions sera durable et permettra de fluidifier la disponibilité en devises (ndlr : pour acheter des pièces à Renault afin de produire sur place) ». La firme au losange affirme avoir 350.000 véhicules qui roulent en Iran. Un beau parc, même s'il est très inférieur à celui des Peugeot.
Indiscutablement, Renault est très en retard dans cette région Asie-Pacifique, où son allié japonais Nissan règne en maître. En Chine, il sera même le dernier entrant parmi les constructeurs mondiaux ! Mais l'exemple de sa percée en Iran, avant les sanctions, et en Inde, démontre qu'il a, avec sa fameuse gamme "Entry" (Logan, Sandero, Duster…), les produits susceptibles d'intéresser les clients dans la zone. Le futur modèle à très bas coûts devrait encore renforcer singulièrement son potentiel de séduction.
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Pour la Chine, un marché sur lequel les étrangers ne se battent pas avec des véhicules à bas coûts mais au contraire des modèles très occidentaux, Renault peut compter sur ses "SUV" développés en collaboration avec le spécialiste Nissan. L'alliance avec le japonais est d'ailleurs la clé de voûte d'une percée de Renault dans cette zone.
Alain-Gabriel Verdevoye, à New Delhi
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