Le groupe tourangeau de plasturgie supprimera plus de 30 postes à son siège entre fin 2024 et début 2025. La conséquence du coup de frein de la production automobile en Europe, qui représente plus de 80% de son chiffre d’affaires.La direction de Plastivaloire, l'un des leaders européens du plastique injecté pour le secteur automobile, à qui il fournit notamment des cockpits, des tableaux de bord, des pare-chocs et des supports d'éclairage, a discrètement ouvert des négociations le 7 novembre avec les organisations syndicales de l'entreprise. Objectif, la mise en œuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) pour 33 salariés au siège de l'ETI, situé à Langeais à une trentaine de kilomètres de Tours. Ces suppressions de postes concernent exclusivement le département R&D de Pastivaloire, qui comporte au total environ 550 collaborateurs.
« L'année 2024 a été marquée par plusieurs gros projets comme le lancement des nouveaux modèles de 3008 et de 5008 chez Stellantis ainsi que du Master Renault en France, et la sortie d'une nouvelle Audi aux États-Unis, justifie Antoine Doutriaux, directeur général de Pastivaloire. Les projets seront à la fois moins nombreux et moins importants en volume l'année prochaine. Nous adaptons donc nos effectifs dans la R&D, qui avaient largement crû ces trois dernières années, en fonction de cette perspective de ralentissement ».
Effet domino du recul de l'automobile
Si la réduction attendue de la voilure de Plastivaloire reste aujourd'hui limitée à la partie ingénierie et ne touche donc pas le secteur production, elle atteste de l'effet domino engendré par le recul des immatriculations en Europe vis-à-vis des sous-traitants. Y compris chez ceux de rang 1 comme l'ETI tourangelle qui compte 8.000 salariés dans le monde dont 2.000 en France.
Avec 15,6 millions de véhicules en 2024 contre 16,7 millions en 2023, la production automobile a baissé cette année d'environ 5%. Présent chez tous les constructeurs français et allemands, qui représentent 83% de son volume d'affaires, Plastivaloire est clairement impacté par l'attrition du secteur. Côté sur Euronext Paris, le groupe a ainsi annoncé le 15 novembre dernier au marché boursier un chiffre d'affaires en baisse de 6,8% en 2024. Alors que son budget prévisionnel tablait sur des recettes de 800 millions d'euros, elles ont dû être revues à la baisse cette année, à 777 millions d'euros.