CO2 : les constructeurs veulent des normes plus strictes, Trump enrage

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(Crédits : MAL Langsdon)
Des constructeurs automobiles se sont alliés afin d'adopter de très stricts objectifs de réduction d'émissions polluantes, alors que Donald Trump a décidé d'annuler la réglementation de son prédécesseur à la Maison-Blanche. Le président américain a traité les constructeurs "d'insensés" et fustige désormais la Californie, à l'origine d'une réglementation héritée du mandat de Barack Obama.

Pas assez dures les normes CO2? Alors qu'en Europe, les constructeurs automobiles sont vent debout contre les objectifs imposés par Bruxelles, aux États-Unis, c'est le monde à l'envers. Les constructeurs automobiles se sont alliés afin d'adopter comme un standard au niveau national la réglementation très restrictive en vigueur en Californie, et ce, alors que le président américain est en passe d'annuler toutes les dispositions engagées sous le mandat d'Obama en matière de réductions d'émissions polluantes.

Une alliance qui s'élargit

D'après le New York Times, Mercedes Benz et un autre grand constructeur (General Motors si l'on en croit les sous-entendus twittés par le président) seraient sur le point de rejoindre Ford, Honda, BMW et Volkswagen qui ont signé fin juillet, un accord avec l'État de Californie qui a élaboré la réglementation la plus sévère des 50 États américains.

En juin déjà, 17 constructeurs avaient demandé au président Trump de ne pas revenir sur toute une série de normes. Ils estiment que d'autres États s'apprêtent à faire cause commune avec l'État de Californie, notamment celui de New York, la Pennsylvanie ou encore le Massachusetts. Impossible dès lors de proposer deux typologies d'automobiles sans impacter les chaines industrielles, autant s'aligner sur le plus-disant en matière de normes.

« Nous sommes tous d'accord sur le fait qu'un cadre garantissant une solution nationale est la meilleure voie d'avenir », ont déclaré, en juillet, les quatre constructeurs à l'origine de cette initiative dans un communiqué.

Quelques aménagements à la loi Obama

L'accord prévu avec l'État de Californie reprend les objectifs du plan climatique de Barack Obama et qui prévoit un objectif de consommation équivalant à 4,7 litres par 100 kilomètres à horizon 2025. En réalité, l'accord passé avec le Golden State a permis d'alléger quelques contraintes. Ainsi, les constructeurs gagnent une année, et surtout, ils obtiennent une flexibilité dans les objectifs annuels puisque, désormais, ils devront réduire leurs émissions de CO2 de 3,7% par an, contre 4,7% dans le texte adopté sous la précédente administration fédérale.

Donald Trump de son côté enrage! Il a mis tout son poids dans la balance pour en finir avec la réglementation Obama. Et il tente désormais d'interdire à la Californie le droit d'avoir sa propre norme. Mercredi soir, il a ressorti son arme favorite, Twitter, pour critiquer les constructeurs automobiles.

« Henry Ford serait très déçu s'il voyait ses descendants vouloir construire une voiture beaucoup plus chère, beaucoup moins sûre et moins efficace, parce que leurs dirigeants ne veulent pas se battre contre les régulateurs californiens », a-t-il écrit.

Il estime que la fin de ces normes baisserait le coût par voiture d'environ 3.000 dollars, tout en améliorant, selon lui, leur sécurité. Il a également jugé que ses mesures auraient "très peu d'impact sur l'environnement", avant de traiter les constructeurs "d'insensés".

Un enjeu international

De son côté Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie, a interpellé tous les protagonistes:

« J'appelle le reste de l'industrie automobile à nous rejoindre, et l'administration Trump à adopter ce compromis pragmatique au lieu de leur projet régressif de changement de réglementation. »

En réalité, l'enjeu des constructeurs automobiles américains dépassent largement les frontières californiennes, voire américaines puisque, partout dans le monde, ils sont soumis à des objectifs CO2 extrêmement contraignants. Que ce soit en Europe, ou en Chine, partout les marchés ont largement sévi. Au point que le marché américain risque de prendre du retard et ainsi perdre un avantage compétitif sur un sujet aussi majeur que l'environnement, et dont le resserrement réglementaire à terme semble absolument inéluctable...

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Commentaires
a écrit le 24/08/2019 à 13:08 :
Le vrai problème, ce n'est pas la consommation des voitures mais qu'il y a beaucoup de voitures un seul passager.

En Europe, selon l'Agence Européenne de l’Environnement, il y a de 1,1 à 1,2 personne par voiture pour les déplacements journaliers entre domicile et lieu de travail.

Tant qu'il n'y aura pas en Europe un grand programme pour développer le covoiturage, réduire la consommation des voitures sera peu efficace. En revanche, arriver, avec le covoiturage, à avoir au moins 2 personnes par voiture pour les déplacements journaliers sera déjà un bon point.

Il suffit de regarder la taille des énormes parkings autour de l'usine Eurocopter à Marignane avec 5000 places pour voir le potentiel du covoiturage.
a écrit le 23/08/2019 à 14:39 :
L'effet boomerang des normes à la Trump, ça sera que les véhicules US ne seront pas vendables hors son pays, on sera obligés de les refuser, trop polluants, voire même pas électriques à un certain horizon, il est ringard, Trump. Les choses avancent sans lui, il veut libérer les contraintes, mais c'est pas comme ça qu'on progresse, par la facilité (ça obligé à être créatif, d'avoir des contraintes). "US à la traine !" Nouveau slogan pour la campagne du 2nd mandat :-) . Moins consommer de carburant, ça séduit tout automobiliste (le CO2 est issu du carburant, s'il l'ignore :-) ), mes 3,99L me vont bien, j'essaie de ne pas passer à 4L (les 3L/100 Peugeot sont une illusion).
a écrit le 23/08/2019 à 10:03 :
Trump a raison, on ne peut pas accepter que des entreprises fassent des bénéfices et ne fassent aucun effort pour polluer davantage alors qu'elles en ont les moyens d'autant plus que l'impôt sur les sociétés a été baissé, c'est dommage qu'elles ne jouent pas le jeu. Si rien n'est fait, d'autres pays vont rattraper leur retard sur les USA au niveau de la pollution.
a écrit le 23/08/2019 à 9:16 :
Accroitre les normes avec des bagnoles toujours plus puissantes, l'idéologie ne fait pas bon ménage avec la réalité..
a écrit le 22/08/2019 à 21:15 :
Donald Trump est plein de bon sens. Des normes trop strictes sont contre-productives.
Réponse de le 22/08/2019 à 23:08 :
Le peuple est toujours plein de bon sens disent les populistes. C'est pour cela qu'il se choisit des leaders comme Trump, Boris Johnson, Salvini, Poutine et tant d'autres grands humanistes.Bon sang! Du bon sens, rien que du bon sens,toujours du bon sens.
Réponse de le 23/08/2019 à 19:30 :
il a déjà payé plus de 30 milliards USD aux USA parce que les normes y sont trop strictes et contre-productives.
a écrit le 22/08/2019 à 17:40 :
Trump s'en moque! C'est les constructeurs qui veulent faire des efforts! Pourquoi nous faire un titre qui ne correspond en rien a la réalité?
Réponse de le 23/08/2019 à 2:05 :
Avez-vous lu l’article dans son intégralité ? J’en doute car sinon vous auriez constaté qu’il a répondu à l’initiative des constructeurs sur Twitter en attaquant les dirigeants de ces entreprises... Pourquoi commenter un article que vous n’avez pas lu ?
Réponse de le 24/08/2019 à 9:09 :
Il parlait du titre, pas de l'article.
a écrit le 22/08/2019 à 16:10 :
Les constructeurs américains sont réalistes et peut être même que certains sont reconnaissants à Obama d'avoir sauvé l'industrie US de la voiture (avec l'argent du contribuable, mais au moins les jobs sont restés).

La plupart de leur production US est invendable en Europe et sur les marchés des pays développés à cause de leur technologie.
Il n'y a guère que Ford qui produise des véhicules adaptés pour toute la planète.

A terme, il vaut mieux avoir l'image d'un constructeur de véhicules "propres" et pouvoir vendre là où les gens peuvent les acheter, plutôt que de s'enferrer dans des productions de dinosaures qui ne pourront même plus circuler dans la plupart des états de la confédération américaine.
a écrit le 22/08/2019 à 15:33 :
Décidément, Trump n'a pas de chance dans la mise en place de sa politique intérieure anti Obama et tt particulièrement sur la transition énergétique.
Dernièrement encore, sa politique pro charbon (au charbon "propre " tt de même !!) a été contestée en justice par 22 états.
Maintenant, c'est le secteur automobile qui fait des siennes... Qd on sait à quel point, les vehicules sont polluant aux US.
Si on compte en + que les fermes solaires et éoliennes poussent comme des champignons là bas, que va t il dire à ses électeurs pour sa réélection si les US ne respectent pas le non respect des accords de Paris, comme il s'y était engagé ?? Embêtant.
a écrit le 22/08/2019 à 15:20 :
On dirait qu'ils sont sur la bonne voie… Réduire la consommation de carburant comme seul moyen de réduire les émissions de CO2, c'est le meilleur moyen de lutter efficacement contre le réchauffement climatique dû aux voitures. Ils vont peut-être même redécouvrir les vertus du diesel…
On comprends que Trump torde le nez : en pesant sur les consommations, ça peut compromettre la rentabilité de l'exploitation des schistes. Voire réduire la capacité financière de ses potes les émirs-pompistes…
Maintenant, reste à espérer…
1) que les constructeur ne vont pas "truander" leurs résultats façon Volskwagen
2) que les fonctionnaires écologistes locaux ne vont pas justifier leur existence avec une foultitude de règlements qui, en pratique, vont à l'encontre de l'enjeu prioritaire et planétaire (le réchauffement climatique)
3) et que la surproduction pétrolière que l'ont peut en espérer ne va pas être compensée par une surconsommation des autres consommateurs (bateaux, trains, chauffage - et pas les avions, car, outre le prix, c'est le poids du carburant qui est un facteur de rentabilité). C'est le défaut de la "petite épicerie" telle que la pratique les écolocrates : on cloue un "coupable" au pilori sur des critères médiatiques, oubliant qu'il s'agit d'un cas particulier, parfois sans réelle importance…

Message : il faut taxer le carbone fossile (précision : le CARBONE ; symbole chimique C, peu importe dans quel combustible il se trouve) quand il sort du pétrolier, du tuyau ou du train (de charbon, de lignite, etc.). Et compter sur la technique et l'économie, ainsi motivées, pour faire le reste. Et éliminer tout le "micromanagement" actuel (et son empreinte carbone).

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