Et si l'allié d'Elon Musk pour sortir Tesla de la Bourse allait voir un concurrent ?

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Des sources proches du dossier avaient déjà semé le doute sur la faisabilité du projet d'Elon Musk, en affirmant que le fonds souverain saoudien n'était aucunement impliqué dans un processus de financement pour la privatisation de Tesla.
Des sources proches du dossier avaient déjà semé le doute sur la faisabilité du projet d'Elon Musk, en affirmant que le fonds souverain saoudien n'était aucunement impliqué dans un processus de financement pour la privatisation de Tesla. (Crédits : Mike Blake)
Selon des sources citées par Reuters, PIF (Public Investment Fund), le fonds souverain d’Arabie saoudite évoqué par Elon Musk pour financer le retrait de la cote de Tesla, se montrerait très intéressé pour investir Lucid Motors, un concurrent en devenir du fabricant de voitures high-tech.

C'est à n'y rien comprendre. Le fonds souverain saoudien, PIF (Public Investment Fund), dont Elon Musk, le Pdg Tesla, affirme qu'il pourrait garantir à lui seul la totalité du financement de la sortie éventuelle de la cote du fabricant de voitures électriques, serait en fait en négociation pour prendre le contrôle de Lucid Motors, un concurrent potentiel de Tesla dans la construction de voitures électriques.

En effet, selon des sources proches du dossier citées par Reuters, le fonds saoudien lancé en 1971 ne serait en fait pas intéressé par la proposition du milliardaire américain de retirer Tesla de la Bourse à 420 dollars par action, mais préférerait investir dans le capital de la société non cotée Lucid Motors, il pourrait investir jusqu'à un milliard de dollars, en deux temps. Un montant qui correspond mieux à ses ressources. Malgré les 250 milliards de dollars d'actifs sous gestion de fonds, le fonds souverain saoudien a, en effet, déjà investi des dizaines de milliards de dollars dans d'autres sociétés et des investissements technologiques. Au cours des cinq dernières années, il a par exemple investi 45 milliards de dollars dans le fonds technologique du conglomérat japonais SoftBank Group (Vision Fund).

Basé à Newark en Californie, Lucid Motors a été fondé en 2007 sous le nom de « Atieva » par Bernard Tse, ancien vice-président et membre du conseil de Tesla, et Sam Weng, ancien dirigeant d'Oracle Corp et de Redback Networks. Même si son activité est encore embryonnaire, Lucid Motors a tout pour se positionner comme un concurrent direct de Tesla. La production de son premier modèle électrique, la « Lucid Air », qui serait commercialisée autour des 100.000 dollars environ, devrait débuter l'an prochain dans l'Arizona aux Etats-Unis. La date effective de commercialisation de la « Lucid Air » n'a pas encore été communiquée, mais elle est déjà annoncée comme étant la future rivale de la Tesla Model S.

Nouveau coup dur pour Elon Musk

Les révélations sur ces négociations entre le fond saoudien et Lucid Motors ravive le scepticisme sur la capacité d'Elon Musk à financer un retrait de la Bourse de Tesla, comme il l'a évoqué dans un tweet controversé le 7 août. Pour rappel, le milliardaire sud-africain avait déclaré sur les réseaux sociaux que le financement de cette opération était « assuré ». Le PDG de Tesla avait ensuite publié un post de blog d'entreprise la semaine dernière, dans lequel il précisait ses propos en affirmant qu'il menait des discussions avec PIF, qui avait déjà pris une participation au capital de Tesla d'environ 5%. Il prétendait même que le fonds souverain saoudien s'était positionné pour un retrait de la cote de l'entreprise depuis presque deux ans.

« J'ai quitté la réunion du 31 juillet sans aucun doute qu'un accord avec le fonds souverain saoudien allait se conclure et que ce n'était qu'une question de procédure. C'est pourquoi j'ai parlé de "financement assuré" dans mon annonce du 7 août [...] Bien évidemment, le fonds souverain saoudien a plus que les fonds nécessaires pour effectuer une telle transaction », avait écrit Elon Musk sur le blog du site de Tesla.

A la suite de ces déclarations, des sources proches du dossier avaient déjà semé le doute en affirmant que le fonds saoudien n'était pas intéressé par un tel projet et qu'il n'était aucunement impliqué dans cette opération. Le Pdg du constructeur automobile américain assurait également sur Twitter travailler avec Goldman Sachs et Silver Lake Partners. Mais selon les informations de Bloomberg, la société de capital-investissement aurait démenti avoir eu des discussions avec Tesla, décrédibilisant de nouveau la faisabilité du projet d'Elon Musk.

Plongeon en Bourse

Le titre Tesla s'est effondré vendredi soir, en perdant pratiquement  9% à 305,50 dollars, suite à l'interview d'Elon Musk dans les colonnes du New York Times, dans laquelle il racontait son état d'épuisement et de stress après une année difficile. Ce lundi 20 août, il cédait encore 2,6% à 297,55 dollars vers 14h00 GMT, après une note d'analyste qui a encore une fois rendu les investisseurs dubitatifs sur la capacité d'Elon Musk à mener à bien le retrait de la cote de Tesla.

Lire aussi : Sortie de Bourse de Tesla : Elon Musk donne des précisions pour dissiper les doutes

Les sources de Reuters ont tenu tout de même à préciser que les discussions entre PIF et Lucid Motors pourraient ne pas aboutir. Le fonds saoudien et le constructeur automobile californien n'ont d'ailleurs pas encore commenté ces informations.

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