Sortie de Bourse de Tesla : Elon Musk donne des précisions pour dissiper les doutes

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Le patron du constructeur automobile américain a affirmé travailler avec Silver Lake Partners pour faire sortir Tesla de la Bourse, mais la société de capital-investissement a démenti cette information, selon Bloomberg.
Le patron du constructeur automobile américain a affirmé travailler avec Silver Lake Partners pour faire sortir Tesla de la Bourse, mais la société de capital-investissement a démenti cette information, selon Bloomberg. (Crédits : Reuters)
Le patron de Tesla a annoncé sur les réseaux sociaux le 13 août qu’il travaillait avec Silver Lake Patners et Goldman Sachs dans le cadre de son projet de sortir l'entreprise de la Bourse, après avoir également déclaré être soutenu par le fonds saoudien.

Elon Musk a encore tweeté. Le Pdg et premier actionnaire de Tesla a, en effet, tenu à apporter quelques précisions sur son projet controversé de rendre privé le constructeur américain de voitures électriques. Le milliardaire sud-africain a affirmé le 13 août sur Twitter qu'il recevait des conseils de la banque d'investissement Goldman Sachs et de la société de capital-investissement Silver Lake Partners.

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 « Je suis ravi de travailler avec Silver Lake et Goldman Sachs comme conseillers financiers, avec Wachtell, Lipton, Rosen & Katz and Munger, Tolles & Olson comme conseillers juridiques sur la proposition de retirer Tesla de la cote », a-t-il écrit sur Twitter.

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Alors que l'éventuelle sortie de Tesla suscite des doutes quant à sa faisabilité, Elon Musk cherche avec cette annonce à crédibiliser cette opération qui se ferait au prix de 420 dollars par titre (soit une valorisation de plus de 71 milliards de dollars, contre 61 milliards environ actuellement). Mais pour l'heure, Goldman Sachs a refusé de commenter ces affirmations et d'après Bloomberg, Silver Lake Partners a démenti avoir eu des discussions avec Tesla.

De son côté, le Conseil d'administration de Tesla a confirmé, ce mardi 14 août, avoir formé un comité spécial pour évaluer les plans de sortie de la cote. Il sera composé de Brad Buss, Robyn Denholm et Linda Johnson Rice. Elon Musk en avait d'ailleurs déjà fait mention dans le blog de l'entreprise.

« Si le processus du conseil aboutit à un plan approuvé, toutes les approbations réglementaires requises devront être obtenues et le plan sera présenté aux actionnaires de Tesla pour un vote », a-t-il expliqué dans son post.

Discussions avec le fonds saoudien

Pour dissiper les doutes sur sa capacité à financer un retrait de la Bourse, Elon Musk avait également révélé plus tôt dans la journée de lundi qu'il menait des discussions avec le fonds souverain saoudien. Sur le blog de l'entreprise, il affirme que l'Arabie saoudite était intéressée depuis longtemps par le retrait de Tesla de la cote. Ce serait même le fonds public saoudien (PIF) qui lui aurait suggéré il y a « presque deux ans » de sortir le constructeur automobile de la Bourse. Le Pdg raconte avoir eu une série de rencontres avec des dirigeants de PIF, dont la première remonte à début 2017.

« J'ai quitté la réunion du 31 juillet sans aucun doute qu'un accord avec le fonds souverain saoudien allait se conclure et que ce n'était qu'une question de procédure. C'est pourquoi j'ai parlé de "financement sécurisé" dans mon annonce du 7 août [...] Bien évidemment, le fonds souverain saoudien a plus que les fonds nécessaires pour effectuer une telle transaction », écrit Elon Musk sur le blog du site de Tesla.

Il ajoute que le fonds saoudien a acquis récemment une participation au capital de Tesla, qui s'élève à environ 5%. Le patron du fabricant de voitures électriques confirme ainsi son souhait de ne pas endetter totalement l'entreprise pour financer son retrait de la cote, alors que ce type d'opération s'effectue la plupart du temps avec de l'argent emprunté massivement auprès des banques. À la suite de l'annonce du 7 août, l'hypothèse d'un LBO (leveraged buy-out) avait d'ailleurs été évoquée pour déterminer la manière dont Elon Musk allait s'y prendre pour mener à bien son projet.

« La plupart des capitaux requis pour le retrait de la cote viendra des prises de participations plutôt que de la dette [...] Je ne pense pas que ce serait sage d'alourdir le fardeau de Tesla en augmentant de façon importante sa dette », explique le dirigeant dans un post de blog.

Une enquête et deux plaintes

Ces précisions apportées par Elon Musk interviennent alors que le patron de Tesla est visé par une enquête de la SEC (Securities and Exchange Commission), gendarme américain de la Bourse. L'annonce inopinée faite le 7 août sur les réseaux sociaux avait semé le trouble sur les marchés, qui remettaient en question la faisabilité de l'opération. Dans l'hypothèse où Elon Musk conserverait sa participation de 20%, environ 50 milliards seraient nécessaires pour finaliser la transaction, selon les calculs des banquiers. Face aux spéculations et au scepticisme des investisseurs qui attendaient des preuves, la SEC avait alors demandé à l'entreprise si l'affirmation d'Elon Musk, la semaine dernière, était « réelle ». La Bourse s'interroge sur une possible manipulation des cours, d'ailleurs Tesla avait gagné près de 11% le 7 août.

Deux financiers ayant spéculé sur la chute boursière de Tesla ont, de leur côté, déposé des plaintes. L'annonce d'Elon Musk, qui avait fait flambé l'action, leur a alors fait perdre plusieurs millions de dollars. L'un des deux spéculateurs, Kalman Isaacs, affirme que les tweets du Pdg sud-africain avaient pour objectif de « détruire les investisseurs ayant vendu à découvert » le titre. La vente à découvert consiste à emprunter un titre contre le versement d'un intérêt, le vendre puis attendre la baisse effective pour le racheter et le rendre à son prêteur, en espérant avoir réalisé un profit. Pour limiter ses pertes au plus vite, Kalman Isaacs avait acheté environ 3.000 actions Tesla suite aux annonces du 7 août faites sur les réseaux sociaux. William Chamberlain, l'autre spéculateur qui attaque en justice Elon Musk et Tesla, évoque un gonflement artificiel du cours de l'action.

« Ils ont artificiellement fait gagner 45,47 dollars à l'action Tesla le 7 août comparé à son cours de clôture du 6 août », accuse William Chamberlain cité par l'AFP.

Le titre Tesla a encore progressé de 0,2% à 356,40 dollars à 5h23, heure de New York, avant l'ouverture des marchés américains.

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a écrit le 17/08/2018 à 8:29 :
C'est tjrs jubilatoire de voir des boursicoteurs se faire blouzer par plus profiteurs qu'eux.
a écrit le 15/08/2018 à 14:47 :
Il faut lui rendre cette justice : Mr Musk est un bienfaiteur des investisseurs "long only" : a) il plante adroitement les vendeurs à découvert, qui font leur argent sur le dos des épargnants avec l'aide amicale des grands dépositaires, b) il sort Tesla de la bourse avant que la société ne fasse faillite, alors qu'une faillite de cet acabit pourrait faire désordre, et miner un peu plus le faible appétit pour le risque de tout un chacun.
Réponse de le 16/08/2018 à 19:12 :
Et je ne pense pas que Tesla motor fasse faillite sur un problème technique ou commercial, mais seulement sur un (mauvais) coup financier dans les 2 ans qui viennent et c'est ce dont Musk veut se prémunir, en sortant de bourse pour éliminer les fonds spéculatifs qui parient sur la débacle de Tesla

Après il sera beaucoup plus solide dès que la boite sortira les bénéfices qui permettront de commencer à rembourser la dette et la stabiliser.

Ils ont un bon produit, technologiquement au point, sur un créneau porteur, proposé à un tarif correct, fabriqué sur les chaines les plus robotisées au monde et ne dépendent de personne pour leur ingénierie.

Que pourrait t'il arriver maintenant que la production de la 3 est lancée et atteint 300 000 exemplaires/an ?

Tesla a plus de 500 000 bons de commandes en stock pour le model 3..
a écrit le 14/08/2018 à 22:02 :
Vous ne croyez pas qu'il est plus simple d'économiser de l'eau (d'éviter de la gaspiller) que de construire des usines pour desaler l'eau de mer (usines très gourmande en énergie...).
Réponse de le 15/08/2018 à 19:39 :
En effet, faire des menhirs ça consomme beaucoup d'eau, et ça ne sert à rien
(alors que si on les fait pas on n'en consomme beaucoup moins.)
Résultat éblouissant de 2000 ans de progrès de la pensée.
Réponse de le 16/08/2018 à 11:48 :
Pas tant que ca.
Il y a aux Emirat Arabes Unis des installations de dessalement d'eau de mer qui fonctionnent à l'énergie solaire et ne sont pas des gouffres énergétiques.

Ensuite, la pluviométrie en Arabie saoudite c'est entre 70 mm et 220 mm de précipitations annuelles cumulées réparties sur moins de deux mois. La plupart de l'eau qui tombe repart immédiatement en évaporation. Même en étant très économe on ne va pas très loin.
a écrit le 14/08/2018 à 19:00 :
La Californie a besoin d'être irriguée, l'une des solutions seraient de construire des usines de dessalement d'eau de mer, mais non , ces grands visionnaires préfèrent financer des voyages sur Mars ou de la pseudo intelligence artificielle. Mais ils crèveront de soif.
Réponse de le 15/08/2018 à 18:32 :
L'intelligence (artificielle) sera nécéssaire pardi ! pour concevoir et piloter ce vaisseau qui transportera la Californie au Quebec
( où comme chacun sait, il y a beaucoup d'eau).
Tout ceci coule de source.
Mouarf
a écrit le 14/08/2018 à 15:16 :
"Si vous avez un découvert à la banque de 100 dollars c'est votre problème mais si vous avez un découvert de 100 millions de dollars c'est le problème de la banque."

Musk grâce à sa tchatche a réussi à convaincre les investisseurs, peu visionnaires ont est bien d'accord et du coup comme ils sont incapables de penser par eux-mêmes ils sont impressionnés par ceux qui font semblant de penser mais qui ont par contre une grande gueule.

Le problème est qu'à un moment la tchatche ne suffit plus mais maintenant qu'il y a des dizaine de milliers d'employés et pour des milliards d'outils de production appartenant donc aux financiers, ceux qui possèdent le monde, TESLA ne coulera jamais mais Musk va perdre une grande partie de son leadership sur son entreprise, ce qui ne sera peut-être pas un mal.

Regardez BAYER endetté de 65 milliards d'euros que les financiers européens tiennent à n'importe quel prix même à celui de la vie de millions de gens. Nos milliardaires ne perdent jamais, c'est fait pour ça le néolibéralisme.

Goldman Sachs devrait encore faire une bonne affaire dans l'histoire.

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