Renault-Nissan : qui sont les trois fossoyeurs ou sauveurs de l'Alliance

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Les qualités diplomatiques de Thierry Bolloré pourraient ne pas suffire face aux difficiles négociations promises par Nissan, et son patron, Hiroto Saikawa (ci-dessous en photo, lundi 19 novembre lors de sa conférence de presse).
Les qualités diplomatiques de Thierry Bolloré pourraient ne pas suffire face aux difficiles négociations promises par Nissan, et son patron, Hiroto Saikawa (ci-dessous en photo, lundi 19 novembre lors de sa conférence de presse). (Crédits : Reuters)
Thierry Bolloré reprend en main Renault tandis que l'État français ne veut pas lâcher Carlos Ghosn, dernier pilier d'une Alliance industrielle mondiale essentielle pour le groupe automobile. De son côté, Hiroto Saikawa semble avoir désormais toutes les cartes en main. Portraits de trois alliés aux intérêts divergents.

"Ghosn, c'est fini!" Cette sentence prêtée à l'Élysée par la presse nationale française ne semble pas se confirmer dans les faits. Officiellement, ni le gouvernement ni le conseil d'administration de Renault n'ont enterré le patron déchu de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, au lendemain de sa spectaculaire arrestation à sa descente d'avion sur le tarmac de l'aéroport de Tokyo.

Au contraire de Nissan et Mitsubishi qui s'apprêtent à le démettre de ses fonctions de président de leurs conseils de surveillance respectifs, Renault, lui, s'est contenté de nommer une direction collégiale provisoire: Carlos Ghosn reste PDG du constructeur automobile français.

Thierry Bolloré, le contraire de Ghosn

Conformément à ce qui était prévu, c'est Thierry Bolloré qui assurera la direction exécutive du groupe "disposant ainsi des mêmes pouvoirs que M. Ghosn". Arrivé en 2012 chez Renault, ce Breton avait été désigné au printemps dernier COO (un anglicisme qui signifie numéro deux après le CEO, soit respectivement directeur général délégué et PDG). Sa nomination n'était pas une surprise, mais Carlos Ghosn avait été poussé par le gouvernement français qui souhaitait une meilleure visibilité sur la succession du tout-puissant patron.

Thierry Bolloré est décrit comme affable et doté d'un appréciable et subtil sens de la repartie, maniant les tournures sémantiques avec brio et élégance. Un brin « vieille France » ? Pas vraiment... Ce Quimpérois de 54 ans fait de sa pondération son principal atout de séduction. Son élocution, son sourire et sa prestance passent partout : avec les syndicats, pour les accords de compétitivité, en Iran, pour de nouveaux accords avec le partenaire local, même avec les journalistes, parfois lassés d'un Carlos Ghosn froid et inaccessible.

Lire aussi : Arrestation de Carlos Ghosn : l'avenir de Renault en pointillé

Thierry Bolloré, c'est aussi un homme de dossiers au parcours brillant, totalement converti au métissage des cultures industrielles dont l'Alliance Renault-Nissan se voulait à la pointe. Il est le mieux placé pour poursuivre le déploiement de la stratégie de Carlos Ghosn, "Drive the Future", et ne pas provoquer de rupture opérationnelle depuis la mise sur la touche de ce dernier. Mais la diplomatie de Thierry Bolloré pourrait ne pas suffire face aux difficiles négociations promises par Nissan, et son patron, Hiroto Saikawa.

Hiroto Saikawa, alias "Brutus"

Celui que la presse française appelle désormais Brutus est, en quelques heures, sorti de l'ombre de l'Imperator pour se placer au centre du jeu. Intronisé Pdg de Nissan par Carlos Ghosn en 2017, l'homme de 65 ans s'est livré lundi à un implacable réquisitoire à l'endroit de Carlos Ghosn, de quelques mois seulement son cadet. Après avoir énuméré les griefs issus d'investigations internes, Hiroto Saikawa a dénoncé le "côté obscur de l'ère de Carlos Ghosn". Il s'est dit "extrêmement choqué" et veut en tirer les conséquences pour l'avenir:

"C'est un problème que tant d'autorité ait été accordée à une seule personne (...) A l'avenir, nous devons nous assurer de ne pas nous appuyer sur un individu en particulier."

Hiroto Saikawa a décapité Carlos Ghosn en direct, sans autre forme de procès.

Jusqu'ici, pourtant, l'homme était perçu comme un pur partisan de la culture de l'Alliance. Arrivé en 1977 chez Nissan, il participe pleinement à sa mise en place lorsque, en 1999, Louis Schweitzer fait entrer Renault dans le capital de Nissan et envoie Carlos Ghosn à la tête d'un commando pour redresser l'entreprise. Hiroto Saikawa s'occupera notamment de la direction des achats, un point saillant des synergies entre les deux groupes automobiles. En 2003, il entre à la direction de Nissan en tant que vice-président. Il gravit ensuite chaque échelon avant de devenir le COO de Carlos Ghosn en 2014, l'antichambre de la direction exécutive.

Lire aussi : Affaire Ghosn: Nissan veut-il racheter Renault ?

Sa nomination en tant que patron du groupe automobile japonais s'est faite dans un contexte de fragilisation de l'Alliance. En mai 2015, lorsque l'État français décide de monter dans le capital de Renault, Nissan réagit épidermiquement et exige un rééquilibrage de l'Alliance. Un an plus tard, Hiroto Saikawa prend la place de PDG de Nissan comme si Carlos Ghosn était contraint de rendre à César ce qui appartenait à César en "rejaponisant" le management de Nissan, désormais à cran sur son identité. N'en déplaise à l'État français.

L'État français, meilleur ennemi de Ghosn

Ce dernier est le dernier protagoniste de cette déflagration mondiale. Il pourrait même avoir été le meilleur ennemi de Carlos Ghosn. Le franco-brésilien-libanais n'a jamais caché sa méfiance et parfois même son agacement quant à la puissance publique, pourtant premier actionnaire de Renault (15% du capital). Selon lui, les considérations politiques des différents gouvernements freinaient ses projets de rationalisation industrielle, et il ne voulait plus être comptable à l'État de promesses d'embauches. Au fil des gouvernements, Carlos Ghosn bataillait sans cesse pour répondre à l'éternelle et très politicienne question : "Pourquoi Renault ne rachète pas définitivement Nissan ?". Les politiciens étaient obsédés par une fusion qu'ils auraient mis au crédit d'une politique industrielle française triomphante, elle n'a fait que saboter les efforts de Carlos Ghosn de ménager la susceptibilité nationaliste japonaise.

Pour Hiroto Saikawa, les velléités de l'État français étaient inacceptables, tandis que Paris estime que le meilleur gage de pérennité de l'Alliance passe par une fusion. De cette méfiance réciproque est née un malentendu qui s'est autonourri... Au-delà des affaires courantes, la tâche de Thierry Bolloré pourrait être de désamorcer cette bombe avant explosion. Gageons que sa diplomatie, là où l'autorité de Carlos Ghosn n'avait suffi, soit le meilleur espoir pour l'Alliance, et plus encore, pour Renault...

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a écrit le 24/11/2018 à 6:26 :
et si les trois fossoyeurs été le pdg lui meme
l'etat Français et les ministre des finances qui ont ferme les yeux.

et accorde des passe droits

ainsi que les syndicats qui ont avale les subsides
a écrit le 23/11/2018 à 15:01 :
Soyons pragmatique , vu la séquence des evenements , ce ne peut pas etre une simple affaire fiscale de plus , c’est de fait une attaque stratégique frontale , preparée et organisée contre l’alliance dans sa configuration actuelle et ses perpectives , contre l’actionaire Renault .
Acte 1 : les accusations virulantes contre Ghosn et les intolerables commentaires du PDG de Nissan sur les 43 % du capital detenus par Renault ...
Acte 2 : le CA de Nissan entérinant unilateralement et immédiatement la destitution de Ghosn patron de l’alliance...
Acte 3 : ?
Renault saura t’elle sauvegarder ses droits ?
a écrit le 23/11/2018 à 15:00 :
Soyons pragmatique , vu la séquence des evenements , ce ne peut pas etre une simple affaire fiscale de plus , c’est de fait une attaque stratégique frontale , preparée et organisée contre l’alliance dans sa configuration actuelle et ses perpectives , contre l’actionaire Renault .
Acte 1 : les accusations virulantes contre Ghosn et les intolerables commentaires du PDG de Nissan sur les 43 % du capital detenus par Renault ...
Acte 2 : le CA de Nissan entérinant unilateralement et immédiatement la destitution de Ghosn patron de l’alliance...
Acte 3 : ?
Renault saura t’elle sauvegarder ses droits ?
a écrit le 22/11/2018 à 21:08 :
Il sera intéressant de savoir précisément ce qui est reproché à Ghosn. Les conditions de son arrestation à grand spectacle et de sa mise à l'ombre semblent largement dépasser le cadre de l'éventuel abus de biens sociaux ou de la fraude fiscale.
a écrit le 22/11/2018 à 21:04 :
Il est bon de rappeler la manip capitalistique de l'état sur Renault quand Jupiter était ministre de l'économie, et qui a sans doute poussé Nissan à chercher un prétexte pour se débarrasser de la tutelle de Renault.
Réponse de le 23/11/2018 à 11:50 :
Au risque de me répéter l'Etat c'était 44% du capital de Renault à la création de l'Alliance en 99.

Macron c'était 25%....

"Nissan à cherché un prétexte" Mais c'était qui Nissan a cette époque ? C'était Carlos Ghosn PDG de Nissan. Et le PDG de Renault alors aussi Carlos Ghosn a accepté que son groupe perde le contrôle sur Nissan en votant un pacte de stabilité où il renonce a ses droits de vote sans AUCUNE contrepartie pour Renault.

Si nous avions eu deux hommes différents à la tête de Renault et de Nissan, jamais le PDG de Renault n'aurait accepté de se défaire de ce pouvoir sans contrepartie.
Or a moins d'être schizophréne C.Ghosn ne pouvait rentrer en conflit avec lui en défendant Renault vs Nissan. Il a fait ce qu'il voulait, et il a offert a Nissan a ce moment là le moyen de se défaire de son carcan.
a écrit le 22/11/2018 à 18:49 :
Si l'état français s'en mêle, ce sera une réussite, comme d'habitude !
Réponse de le 23/11/2018 à 9:20 :
A ce stade la présence de l'état au capital de Renault est peut être la seule chose qui évite que Nissan ne rachète 10% sur les marchés pour casser les droits de Renault.

Nissan a nourri un dossier sur son président et le PDG de Renault, organisé une conférence de presse a charge, le tout sans jamais communiquer avec ses homologues Français alors même qu'ils privaient le losange de son chef opérationnel et obligeant Reanult a passer par la voie diplomatique officielle pour obtenir des détails....

Stratégiquement Renault a été bousculé et généralement c'est pendant ce laps de temps qu'on avance ses pions.

Privé de son PDG sans préavis, privé de son vote chez Nissan, que reste t-il à Renault pour ce protéger ? L'Etat actionnaire.
a écrit le 22/11/2018 à 15:45 :
Vous avez devant vous le vrai visage de la mondialisation, alors ne pleurez ni sur le sort des uns ni des autres... On est parfois content de trouver l'Etat, mais les entreprises ne le rendent pas souvent (Etat = les citoyens/puissance publique). Ce n'est que la vie normale des entreprises. Celles qui subissent des OPA aussi ne sont pas forcément contentes...
a écrit le 22/11/2018 à 14:58 :
C'est un problème qui date de 3 ans.
A l'origine Macron et sa participation 25 % avec double vote.
On ne méprise pas comme ça les japonais qui ne pouvaient s'exprimer et ont pris peur.

MACRON FOSSOYEUR DES GRANDES ENTREPRISES FRANCAISES
en faisant de plus travailler son ancien employeur. Il compte bien en retirer quelque chose APRES ....
Réponse de le 22/11/2018 à 16:37 :
Pour mémoire en 1999 l'état Français possédait 44% de Renault !!
Apparemment ça ne posait de probléme à personne au Japon à l'époque...

Soyons lucide les 25% de macron ne sont qu'un prétexte. Et l'abandon des droits de vote de Renault à ce moment un moyen comme un autre pour C.Ghosn de ,ne pas mettre tous ses oeufs dans un meme panier.

Son erreur à été de surfer sur une réelle volonté d'indepence chez Nissan.
Renaut était le propriétaire de pres de la moitié du Japonais et pouvait tout faire. Aujourd'hui c'est le spectateur silencieux d'une piéce qui se déroule sans lui.

PS : A ceux qui font jouer la taille de Nissan aujourd'hui comme un droit à l'émancipation, je rappelle qu'il existe beaucoup de sociétés détenus par des firme plus petites qu'elles. Si Renault à su faire prospérer son investissement de 1999 et en touche les dividendes tant mieux
Réponse de le 22/11/2018 à 17:22 :
Avec le pacte de 2016, si l état privatise Renault, le pacte tombe t il et Renault recupee t il ses droits de vote chez Nissan ?
a écrit le 22/11/2018 à 14:08 :
Cote Japon on est peut etre pas tres clair mais cote Francais non plus ,,,,nous ne saurons jamais la verite .Le tres peu democratique verrou de Bercy doit fontionner à fond ,,,,??? par contre il est clair que le salaire ENORME de mr GOSHN est finance avec l'exoneration de charges sur les bas salaire ce qui pose QUESTION
a écrit le 22/11/2018 à 12:06 :
C'est simple.Si Nissan et Mitsubishi n'avaient pas un plus grand Chiffre d'affaires que Renault et ne vendaient pas plus de voiture que Renault das le monde,jamais ils n'auraient essayé de débarquer C;Ghosn et de détruire l'alliance car ils étaient bien contents de cette alliance et de Carlos Ghosn"le samourai" quand ils étaient au bord de la faillite.
Dans ce bras de fer diplomatique,il faut que Brno Le Maire et E.Macron le leur rappelle.
Réponse de le 22/11/2018 à 12:44 :
Encore une fois c'est Carlos Ghosn lui même qui à semé les fruits qu'il récolte aujourd'hui.

Mitsubishi à été racheté par Nissan sans que Renault qui possède quand même plus de 40% de ce dernier ne soit consulté ou associé à ce rachat...

C'est ubuesque : Une filiale qui prend une décision stratégique si importante qu'elle pourrait entraîner sa société mère avec elle en cas d'échec, sans que cette dernière n'avalise la chose ?

C.Ghosn à laissé faire car cela l’arrangeait d'avoir Nissan comme contre pouvoir à Renault et à l'état Français. lui au milieu pouvait mener le groupe la ou il le souhaitait.

Si l'apport de Renault à partir de 99 à permis à Nissan de prospérer et finalement dépasser ce dernier par la suite c'est la preuve que Renault à su offrir les moyens nécessaires au Japonais pour ce développer. mais certainement pas une justification pour remettre en cause le rapport de force qui découle de la prise de participation de 44%. on pourrait dire différement si le résultat avait été catastrophique mais c'est justement loin d'être le cas

Bref Sous Carlos Ghson Nissan à eu le droit à une large autonomie de gestion, a eu le droit de grossir en procédant au rachat de Mitsubishi, et maintenant ayant goûté à tout cela on assiste à une réelle volonté d'indépendance.

La vérité est que le groupe Renault n'a aucun moyen de se défendre puisqu'il lui est maintenant interdit d'aller à l'encontre du conseil d'administration de Nissan (Pacte de stabilité 2016, Merci Carlos) Sans quoi Nissan se voit autorisé de monter au capital de Renault...

La seule véritable "arme" dont dispose Renault est du type "arme de destruction massive" et ne sera vraisemblablement pas utilisée. Cela consisterait à racheter sur les marchés les 7% qu'il manque à Renault pour devenir actionnaire majoritaire et obtenir le lead définitif.

Au lieu de cela je vois plutôt le groupe Renault devoir vendre à Nissan en auto contrôle les 29% sur les 44 qu'il détient pour redescendre à 15% chacun. Nissan ne reverserait plus ses énormes bénéfices à Renault et redeviendrait pleinement indépendant, tout en continuant à être acteur au sein de l’alliance.

Bien joué
Réponse de le 22/11/2018 à 14:54 :
@antoine92.....

Qui a foutu le bordel...
Après le coup de force de l'Etat français, les langues se sont déliées....

Si jusqu'ici, les Japonais ont su ronger leur frein, l'affaire de la montée de l'Etat dans la capital de Renault a délié les langues. Au printemps 2015, le gouvernement français décide de monter dans le capital de Renault afin de contraindre celui-ci d'adopter les droits de vote double (loi Florange). Ce coup de force lui arroge 5% du capital de l'ex-régie pour culminer à 21%. Pour Nissan, cette décision était tout à fait inacceptable et le constructeur a jugé que l'Etat français avait enfreint les règles qui régissaient le pacte d'actionnariat croisé, au moins dans l'esprit. C'est là que le conseil d'administration de Nissan (dirigé par Carlos Ghosn) va commencer à s'interroger sur l'opportunité de renégocier les termes de l'Alliance. "Nissan n'a pas de problèmes avec Renault, mais avec son actionnaire de référence", lâche un haut cadre du groupe japonais. En d'autres termes, si Nissan quitte l'alliance à cause de l'Etat français, c'est Renault qui en sera la victime collatérale.

Car si Nissan a eu besoin de Renault, aujourd'hui, c'est bien l'inverse. D'abord, les 44% détenus chez Nissan renforce le bilan du groupe français. Lors de la crise, cet actif valait autant que la valorisation boursière de Renault. Ensuite, Nissan contribue largement aux bénéfices de la marque au losange avec ses généreux dividendes. Enfin, la marque japonaise a été un véritable facilitateur d'implantation en Chine pour Renault qui a construit et mis en service son usine en un an seulement. Le premier lui ayant apporté son tissu de fournisseurs et d'intégration locale. Idem côté technologies, les ingénieurs de Renault se sentent "nissanisés", selon le néologisme de l'un d'entre eux.
Deux groupes, deux zones géographiques respectives

Les volumes de vente, l'ingénierie... Nissan a l'avantage, c'est certain. Et en 2016, deux événements vont encore faire évoluer cet équilibre. D'abord, le rachat de Mitsubishi par Nissan. Pas par l'Alliance, par Nissan ! Ce dernier ajoute ainsi un million de voitures à sa puissance de feu commerciale, se consolide en Asie du Sud-Est et trouve une marque très forte dans les SUV mais également dans l'électrique, et qui s'est largement restructuré ces dernières années affichant une marge supérieur à 6%. De son côté, Renault, lui, finance l'augmentation de capital d'Avtovaz qu'il consolide désormais dans ses comptes. Il intègre un groupe qu'il a péniblement restructuré, en prise avec un marché très compliqué et volatil, et qui est également sous l'œil du très puissant Vladimir Poutine, le président russe. Nissan voit sa participation diluée dans le fabricant russe de Lada. Ainsi, les deux groupes alliés se renforcent dans leur zone géographique respective d'une manière assez exclusive. On est loin de la fusion avec un siège mondial en France dont rêve l'Etat français.

Carlos Ghosn ne cesse de marteler qu'il est à la tête d'une structure proche des dix millions de voiture. En réalité, l'Alliance est tout sauf un groupe intégré. Elle a certes mis en place des synergies très poussées sur le partage de plateformes industrielles, dans la direction des achats... Le montant des synergies culminera à 5,8 milliards d'euros par an en 2018. Mais Nissan est plus fort que jamais et Renault est encore aux balbutiements en Chine, absent des Etats-Unis et du Japon. Carlos Ghosn reste la pierre angulaire d'un édifice qui, certes, ne menace pas de s'effondrer, mais qui appellera un jour à un rééquilibrage des forces. Et pour l'instant, Renault est loin de pouvoir réellement peser. Impossible de ne pas voir dans le départ de Carlos Ghosn de l'exécutif de Nissan, le premier acte d'une redistribution des cartes. Elle blessera probablement la fierté nationale, mais elle sera surtout salutaire pour l'Alliance.






Réponse de le 22/11/2018 à 15:24 :
C'est un fait M. Goshn a remis Nissan debout et il a été très grassement payé pour cela. C'est du passé, maintenant il est accusé de faits graves dont il devra répondre devant la justice s'ils sont avérés. Un ministre, un responsable politique ou un dirigeant d'entreprise seraiet immédiatement sous le feu des médias et des français qui appelleraient à sa démission. Cette affaire montre qu'il y a clairement deux poids deux mesures. Pas touche à Renault quelques soient les faits reprochés à son PDG. Il est vrai que sans Nissan Renault ne pèse plus grand chose très très loin derrière derrière Toyota, VW, Ford, Honda...
a écrit le 22/11/2018 à 11:53 :
Comment avec 44% du capital de Nissan, Renault ne peut plus aujourd'hui influer sur les décisions de sa filiale ?

La vérité est que le le pacte de stabilité voté il y a deux ans en AG par Renault interdit à ce dernier d'user de ses droits de vote pour aller à l'encontre du reste du conseil d'administration...

En conclusion de quoi Renault n'a plus AUCUN contrôle sur son investissement, sa propriété...

Sans Carlos qui a toujours utilisé l'un contre l'autre pour obtenir ce qu'il voulait, tout en se portant comme le garant d'une certaine stabilité, Nissan à depuis 2 ans les coudées franches pour regagner son indépendance face à un actionnaire sans pouvoir.

La conclusion de ce pacte de stabilité a été d'une naïveté sans nom. Il portait l'ADN de ce qui se passe aujourd'hui. La fraude fiscale n'est qu'un prétexte pour mettre dehors le "organe de pouvoir Renault" encore présent au sein de Nissan.

Maintenant ou s'arrêtera la volonté d'indépendance de Nissan ? Ils ont déjà récupéré tous les leviers de leur côté mais ils peuvent vouloir plus. Quitte à devenir la filiale qui lance sa société mère.

Si la France dispose d'un service de veille industrielle stratégique c'est le moment d'agir avec tact. Tirons les leçon d'Alstom qui nous a fait sortir du marché de la production électrique "marché au combien stratégique" même si conjoncturellement en crise actuellement.
a écrit le 22/11/2018 à 11:04 :
Il est bien difficile pour le simple citoyen de démêler les fils de cette affaire faute de connaître la consistance de tous les éléments dont elle est tissée. Cela semble toutefois être une attaque en règle contre un groupe ont la prise de contrôle est le véritable enjeu, quels que soient les abus présumés que monsieur Ghosn ait pu commettre. Si les négociateurs français sont du même calibre que ceux qui ont réglé le dossier Asltom, Renault a probablement du souci à se faire car il ne s'agit pas d'une affaire qui peut être gérée par des amateurs.
a écrit le 22/11/2018 à 8:31 :
Je suis frappé par la méthode agressive japonaise ! C'est un copié collé de l'agression US sur Alstom ! Collusion entre justice, services de renseignement, industriels peu scrupuleux (Nissan), médias, avec arrestation (véritable enlèvement) des dirigeants d'Alstom (pareil pour Renault Nissan). Ainsi General Electric et Siemens ont dépecé Alstom. Nul doute que ce sera pareil pour Nissan ET Renault.
Que font nos dirigeants pour contrer cette agression ? Rien. Lemaire, qui disait devoir protéger les entreprises stratégiques, accuse Carlos Ghosn, allant dans le sens des agresseurs ... Macron était ministre de l'économie quand l'épisode Alstom s'est produit.
Les énarques au pouvoir, des atlantistes forcenés, sont incapables de diriger ce pays ou de défendre ses intérêts stratégiques vitaux ! Il faut absolument supprimer l'ENA, les remplacer par de vrais dirigeants issus de la société civile car cela tourne à la farce. Ces pseudos dirigeants sont incapables de la moindre stratégie depuis 50 ans, ils sont responsables de la destruction du tissu industriel, base d'une économie développée ! Pas étonnant que les japonais se permettent cette agression. Quant au droit à la défense du dirigeant de Renault, on oublie ...
Réponse de le 22/11/2018 à 9:34 :
Ce sont les méthodes américains ce qui atteste qu' en amont l' initiative est américaine .. Quand les politiques Young Leaders qui nous gouvernent seront effacés au profit de personnages défendant réellement les intérêts français, la France pourra regagner sa place dans le monde et non plus se voir effacée de l' intérieur..
Eric DENNECE directeur de l' école de guerre, "nous sommes passés à côté des enjeux invisibles"..
https://fr.sputniknews.com/radio/201811211038995269-guerre-economique-enjeux-invisibles/
Hervé Juvuin quant à lui charge encore davantage ce dossier nommant hier ouvertement les américains..
https://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/arrestation-de-carlos-ghosn-l-avis-79367?fbclid=IwAR1JdYt50E81bkiL97FcqqtovER0xaG4a_LPntOHV3QF48jZczODaSAg1sI
a écrit le 22/11/2018 à 8:30 :
M.Saikawa, le Brutus, le désingueur de son patron, représenterait le futur de Nissan et de l'Alliance? Qui peut croire cela. Qui peut envisager un seul instant que la communication entre le management de Renault et Nissan puisse passer par un tel personnage? Se pose évidemment la question de la transition, mais lui aussi doit sortir (Ghosn à tord ou à raison ne reviendra pas).
a écrit le 22/11/2018 à 7:57 :
65 ans, c'est un âge déjà trop élevé pour devenir PDG de Nissan. Et il faudrait que l'actionnaire Renault se réveille rapidement maintenant, sauf s'il veut tout perdre...
a écrit le 22/11/2018 à 7:44 :
Bien vu de rappeler le rôle délétère de l’État français... Si la fusion n'avait pas été au centre des préoccupation de quelques politiciens déconnectés des réalités (sociales et industrielles), cela ne serait peut être jamais arrivé. Comme je l'ai dit auparavant, une alliance, c'est un pacte. Le premier qui l'enfreint déclare la guerre et c'est malheureusement ce qu'a fait l’État français, au travers de ses soit-disant représentants. Et l'affaire va être complexe car cela va mener à une bataille écono-diplomatique entre 2 puissances. En revanche, Renault part avec un handicap certain (rapport aux politiciens déconnectés). L’État stratège n'existe malheureusement plus, les nombreuses faillites d'entreprises au management publique, ou qui ont des déficits indécents, sont nombreuses. Et il est certain qu'on peut se poser des questions quant à la cohérence de la politique publique : je ne veux plus de voiture dans les centres ville (et par la même faire augmenter le chômage) mais je veux un groupe mondial... bah autant laisser couler Renault en vendant l'entreprise, les nouveaux actionnaires et dirigeants se débattront avec cette équation à la complexité toute administrativement française...
Réponse de le 22/11/2018 à 17:23 :
Je partage votre avis sur nos politicards et maintenant cela va se régler par la diplomatie entre état et les japonnais ne voudront pas perdre la face !
Quant à Carlos ghosn, il a servi de fusible devant une situation explosive face à Nissan. Situation prévisible depuis le coup de force de l'état français....
a écrit le 22/11/2018 à 6:50 :
Renault détenant 43% de Nissan, il doit pouvoir débarquer Saikawa.
Réponse de le 22/11/2018 à 10:17 :
Il paraîtrait que Renault a abandonné la possibilité de se servir de ses droits de vote correspondant aux actions de Nissan détenus .le roi est nu…
Réponse de le 22/11/2018 à 21:02 :
Certes mais là les hostilités ont été (r)ouvertes par le côté japonais. Le pacte de bonne conduite est donc caduc.

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