Hausse des loyers : Montchalin recevra finalement les associations de locataires

INFO LA TRIBUNE. Malgré son échec aux élections législatives, la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Amélie de Montchalin, vient de reprendre rendez-vous avec les cinq associations représentatives de locataires.
César Armand
(Crédits : Charles Platiau)

Face à la hausse des loyers, le gouvernement a tranché. Il propose de plafonner la hausse des loyers à 3,5% maximum, et de revaloriser les aides personnalisées au logement (APL) de 3,5%, selon des sources concordantes. Ces hausses figureront dans le projet de loi de finances rectificative.

«Le gouvernement privilégie les intérêts des propriétaires à ceux des locataires. Nous allons écrire à tous les députés et à tous les sénateurs pour leur proposer de remplacer le plafonnement par le gel des loyers»avertit déjà, auprès de La Tribune, David Rousset, président de l'Association force ouvrière consommateurs.

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Ce lundi après-midi 27 juin, après une réunion du Conseil national de l'habitat (instance de consultation et de dialogue composé de hauts-fonctionnaires, de parlementaires, d'élus locaux et de porte-paroles des professionnels et des usagers censés informer et améliorer la politique du logement), les cinq associations représentatives de locataires doivent être reçues, demain mardi à 18h30, par la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Une première réunion prévue puis annulée le 22 juin

Le rendez-vous était initialement prévu le 22 juin à 14h30 mais il avait été annulé à la suite de la défaite d'Amélie de Montchalin dans la 6ème circonscription de l'Essonne aux élections législatives des 12 et 19 juin dernier.

«Concertation - convocation - injonction, ce n'est pas comme ça que ça marche !», s'agace, auprès de La Tribune, Eddie Jacquemart, président de la Confédération national du Logement.

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Dans une lettre ouverte, ce dernier s'était plaint de ne pas avoir été invité à la réunion des professionnels de l'immobilier le 1er juin dernier -, tout comme la Confédération syndicale des familles (CSF), la Confédération générale du logement, l'association Consommation Logement Cadre de vie (CLCV) et l'association Force ouvrière consommateurs (AFOC).

Au lendemain de l'investiture du président Macron pour un nouveau mandat, trois d'entre elles - l'AFOC, CLCV et la CNL - avaient déjà été reçues avec d'autres associations de consommateurs à Bercy le 11 mai par le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, et de son ministre délégué chargé des PME, Jean-Baptiste Lemoyne.

Le gel des loyers ? «Une fausse bonne idée» (Borne)

Neuf jours avant la nomination d'Elisabeth Borne à Matignon (le 20 mai), il était alors question de la lutte contre l'inflation. Mais, très vite, la question des loyers s'est invitée autour de la table. Un sujet qui a été de nouveau à l'ordre du jour d'une réunion, le 1er juin dernier, cette fois avec les agents immobiliers, les administrateurs et gestionnaires de biens, les bailleurs sociaux, les promoteurs et les propriétaires immobiliers.

Actuellement, le gouvernement prépare le projet de loi sur le pouvoir d'achat ainsi que le projet de loi de finances rectificative. Ces deux textes devraient être présentés par Elisabeth Borne en Conseil des ministres le 29 juin prochain. En attendant, les publics concernés s'opposent sur la meilleure manière de contenir la hausse des prix dans le logement. D'un côté, les locataires demandent le gel des loyers - «une fausse bonne idée», selon Elisabeth Borne.

L'Unis rappelle qu'elle avait proposé de partager l'effort

De l'autre, les professionnels de l'immobilier refusent cette option - mais, dans cette catégorie, l'unanimité n'est pas non plus au rendez-vous. Les bailleurs sociaux et les propriétaires privés, comme la Fondation Abbé Pierre, demandent une augmentation des aides personnalisées au logement (APL), mais cette piste est considérée comme «inflationniste» par Bercy. Les administrateurs et gestionnaires de biens militent, eux, en faveur d'une révision de l'indice de référence des loyers (IRL). Ce dernier sert de base pour réviser les loyers des logements vides ou meublés et fixe les plafonds des augmentations annuelles des loyers que peuvent exiger les propriétaires.

Aussi la décision gouvernementale de plafonner l'IRL et de revaloriser les APL fait dire à l'Union des syndicats de l'immobilier (Unis) qu'elle est «contre toute mesure de gel strict des loyers». L'Unis «avait toutefois proposé, dans la lutte contre l'inflation, de partager l'effort entre les bailleurs, les locataires et l'Etat», rappelle-t-elle. Et ce en stabilisant pour 12 mois le niveau de l'IRL au niveau du 2ème trimestre 2022 et en compensant, pour les ménages éligibles, le montant des allocations logement.

César Armand

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Commentaires 2
à écrit le 27/06/2022 à 14:54
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Montchalin après son échec aux élections, n'est pas encore à la retraite ? Ou s'imagine-t-elle faire partie du prochain gouvernement ?

à écrit le 27/06/2022 à 14:45
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Ce gouvernement veut protéger les rentiers, pas les locataires. Normal, puisque c'est la droite conservatrice qui a pris possession de l'esprit de Macron. Il a passé l'âge des choix audacieux et de sa fameuse révolution.

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